Folk Archives - Page 48 sur 48 - Le Canal Auditif

Bonnie Prince Billy – Wolfroy Goes To Town

Bonnie « Prince » Billy, Palace Brothers, Palace Music, bref, le prolifique auteur compositeur interprète né à Louisville dans le Kentucky nous pond un album intitulé Wolfroy Goes To Town. Il ne sert à rien de faire la nomenclature de toutes les parutions du personnage, je n’aurais pas assez d’une page complète. Bonnie « Prince » Billy, c’est une mixture de folk et de country; des structures simples mais des progressions d’accords inusitées dont lui seul a le secret et surtout, des textes torturés mais bien foutus, qui font référence à l’éternel combat entre le bien et le mal.

Sur Wolfroy Goes To Town, l’homme retourne au dépouillement du sublime I See A Darkness paru en 1999. Une guitare acoustique ici, une électrique là, de superbes harmonies vocales mettant en vedette l’omniprésente Angel Olsen et sa magnifique voix. Ici, tout est simple et épuré. L’utilisation judicieuse des silences force l’auditeur à tendre l’oreille attentivement, et Dieu sait que ça n’arrive pas souvent. Nous avons affaire à un album de recueillement et de réflexion.

New Tibet, Black Captain, Cows, le simple Quail And Dumplings, le chef-d’œuvre de sobriété qu’est We Are Unhappy bref, Wolfroy Goes To Town déborde de chansons émouvantes. C’est un disque qui devrait faire sa marque dans la longue discographie de Bonnie « Prince » Billy; de son véritable nom Will Oldham. Qu’on apprécie ou pas sa musique, il faut admettre que le bonhomme possède une signature musicale unique en son genre. Une musique qui s’écoute très bien sur la galerie d’un chalet en région éloigné, un verre à la main, perdu dans ses pensées… Obligatoire pour les amateurs de folk et de « alt-country »!

Ma note : 3,5/5

Bonnie Prince Billy
Wolfroy Goes To Town
Domino Records
52 minutes

myspace.com/princebonniebilly

Ryan Adams – Ashes & Fire

« Last time I was here, it was rainin’
Doesn’t rain here anymore »

Voilà les premières paroles de Ryan Adams entendues sur la pièce d’ouverture Dirty Rain de son nouveau disque solo, Ashes & Fire, qui sera disponible le mardi 11 octobre prochain. Il est vrai qu’il y a eu quelques grosses tempêtes dans la vie du turbulent chanteur country folk américain. L’enfer de la drogue, monsieur connaît, lui qui a été dépendant de l’héroïne et de la cocaïne durant de nombreuses années.

Or, cela ne l’a pas empêché de nous offrir de nombreux disques et projets au cours de cette turbulente période. Entre la sortie de dix albums et la publication de deux livres (Infinity Blues et Hello Sunshine) Ryan Adams a trouvé le temps de fonder une compagnie de disques (PAX-AM) et de collaborer aux albums de Jesse Malin, Fionn Regan et Willie Nelson. Ah oui! Il s’est également marié avec l’actrice de série B Mandy Moore au début de 2009. Ouf! Tout ce préambule pour en arriver à cette incontournable question : sans substances illicites dans le corps, est-ce que Ryan Adams peut enregistrer quand même un bon disque ?

La réponse est un gros OUI! Guitares acoustiques et quelques autres électriques, notes de piano, simples battements brossés de batterie, chœurs discrets et quelques changements de tempo qui accompagnent la voix aigue et cassée du chanteur. On a aussi droit à une reprise toute en douceur d’une chanson d’Iron Maiden, Lucky Now et à la présence de Norah Jones sur certaines pièces. Côté texte, ça parle beaucoup de rédemption, de renaissance et d’amour… Non, il ne pleut plus dans la vie de Ryan Adams… Et ça s’entend!

Ma note : 3,5/5

Ryan Adams
Ashes & Fire
PAX-AM/Capitol
43 minutes

paxamrecords.com

http://www.youtube.com/watch?v=l4VGlkcBtfw

Wilco – The Whole Love

Pas de bavardages inutiles et de verbiages superflus… Wilco et son The Whole Love sort en magasin mardi. Pis? C’est bon? Départ ultra canon avec Art Of Almost qui représente à mon modeste avis la chanson la plus inventive et créative que Wilco a composé dans leur carrière. Un pur délice. Ligne de basse omniprésente à la The National Anthem de Radiohead, utilisation appropriée de boucles électroniques et conclusion dans une apothéose punk-rock mettant en vedette le jeu déluré de Nels Cline à la guitare. Quel guitariste!!!

Par la suite, c’est le retour des confortables pantoufles avec I Might et Sunloathe. Titres qui auraient pu paraître sur Yankee Hotel Foxtrot. Ensuite, l’album progresse vers des territoires déjà explorés par Wilco : de la touchante Black Moon à la pop The Whole Love, le groupe de Chicago revisite habilement et de manière plus convaincante ce folk-rock bruitiste, un peu champ gauche et joué tout en finesse, qu’il avait crée sur ses deux albums précédents. Fin de la traversée avec One Sunday Morning (Song For Jane’s Smiley Boyfriend); une épopée folk attendrissante de douze minutes, incluant de petits moments instrumentaux de toute beauté. Une autre grande chanson!

The Whole Love est le meilleur disque de Wilco depuis A Ghost Is Born. Le groupe est toujours aussi soudé, Tweedy écrit toujours de magnifiques chansons provoquant les frissons, toujours cette voix douce sur le point de casser. Bref, Wilco est toujours significatif et ce, après huit albums! Exploit! Un très bon disque… encore une fois! Rien de vraiment nouveau sous le soleil de Wilco; mais il y a le soleil!

Ma note : 3,5/5

Wilco
The Whole Love
dBpm Records
56 minutes

wilcoworld.net

Bon Iver – Bon Iver

Justin Vernon n’est pas Bon Iver. Il insiste, Bon Iver est un groupe, et non pas le projet d’un seul homme. Voilà qui est clarifié. Après l’acclamé For Emma, Forever Ago et le EP Blood Bank, Vernon et Bon Iver reviennent avec un disque tout simplement intitulé Bon Iver. Sorti au mois de juin dernier, j’ai eu tout le temps de me forger une solide opinion concernant la véritable valeur de cet opus.

D’entrée de jeu, la chanson Perth nous amène vers un emplacement particulier comparativement au premier effort; mais on reconnaît quand même la démarche caractéristique de Bon Iver . Voix de têtes superposées, percussions omniprésentes, arrangements aériens, et surtout une réalisation plus léchée et étoffée que le disque précédent. La folk lo-fi s’efface, mais sans jamais disparaître totalement, au profit d’arrangements somptueux. C’est bel et bien Bon Iver mais dans un splendide enrobage. L’écriture des chansons conserve la même charge émotive. La désarmante Holocene en est le parfait exemple. La valse Michicant, l’épuré Wash. ou encore l’accrocheuse Calgary, tous des chansons d’une beauté absolue.

Le branché Pitchfork lui a octroyé la note de 9,5/10. Sans être un album relevant du divin, Bon Iver constitue une véritable réussite passant l’épreuve du second album haut la main. Un ratage à noter : Beth/Rest; … comme si Bon Iver rencontrait Bruce Hornsby & The Range! Malgré cet impair, Justin Vernon et Bon Iver prouvent hors de tout doute qu’ils sont là pour rester; pour le plus grand bien de nos cœurs et de nos oreilles. À vous procurer!

Ma note : 8,5/10

Bon Iver
Bon Iver
Jagjaguwar Records
40 minutes

boniver.org

Cass McCombs – Wit’s End

Il arrive parfois qu’un ami vous propose de prêter l’oreille à un artiste; mais vous remettez toujours l’audition du disque aux calendes grecques. Ayant lu quelques bonnes critiques sur le dernier opus du ténébreux troubadour Cass McCombs, le bien nommé Wit’s End, je me suis procuré l’œuvre en question. McCombs est un auteur-compositeur-interprète né en 1977. Il est originaire de la Californie et possède cinq disques à son actif.

Le voyage débute par la sensuelle ballade County Line, qui n’indique pas tout à fait le chemin que prendra le reste du disque. À partir de The Lonely Doll et ce, jusqu’à la fin du périple, McCombs nous plonge dans un univers magnifiquement déprimant empreint d’une introspection touchante. Le ton est loin d’être pleurnichard; il est plutôt celui de la confession, comme s’il nous chuchotait ses secrets à l’oreille.

Musicalement, c’est totalement minimaliste et dépouillé. Quelques instruments à vents ici et là, une caisse claire fouettée et mixée à l’avant-plan sur Hermit’s Cave, orgues, guitares acoustiques, le tout arrangé avec grand soin. Un très bon disque écrit par un excellent song-writer.

Si vous aimez Elliott Smith, Lou Reed (voire le troisième disque du Velvet Underground), Bonnie « Prince » Billie et Talk Talk (période Laughing Stock et The Spirit Of Eden), vous adorerez ce disque. Un des bons disques parus cette année. Merci cher ami!

Ma note : 3,5/5

Cass McCombs
Wit’s End
Domino Records
43 minutes

myspace.com/cassmccombs