Folk Archives - Page 47 sur 47 - Le Canal Auditif

Wilco – The Whole Love

Pas de bavardages inutiles et de verbiages superflus… Wilco et son The Whole Love sort en magasin mardi. Pis? C’est bon? Départ ultra canon avec Art Of Almost qui représente à mon modeste avis la chanson la plus inventive et créative que Wilco a composé dans leur carrière. Un pur délice. Ligne de basse omniprésente à la The National Anthem de Radiohead, utilisation appropriée de boucles électroniques et conclusion dans une apothéose punk-rock mettant en vedette le jeu déluré de Nels Cline à la guitare. Quel guitariste!!!

Par la suite, c’est le retour des confortables pantoufles avec I Might et Sunloathe. Titres qui auraient pu paraître sur Yankee Hotel Foxtrot. Ensuite, l’album progresse vers des territoires déjà explorés par Wilco : de la touchante Black Moon à la pop The Whole Love, le groupe de Chicago revisite habilement et de manière plus convaincante ce folk-rock bruitiste, un peu champ gauche et joué tout en finesse, qu’il avait crée sur ses deux albums précédents. Fin de la traversée avec One Sunday Morning (Song For Jane’s Smiley Boyfriend); une épopée folk attendrissante de douze minutes, incluant de petits moments instrumentaux de toute beauté. Une autre grande chanson!

The Whole Love est le meilleur disque de Wilco depuis A Ghost Is Born. Le groupe est toujours aussi soudé, Tweedy écrit toujours de magnifiques chansons provoquant les frissons, toujours cette voix douce sur le point de casser. Bref, Wilco est toujours significatif et ce, après huit albums! Exploit! Un très bon disque… encore une fois! Rien de vraiment nouveau sous le soleil de Wilco; mais il y a le soleil!

Ma note : 3,5/5

Wilco
The Whole Love
dBpm Records
56 minutes

wilcoworld.net

Bon Iver – Bon Iver

Justin Vernon n’est pas Bon Iver. Il insiste, Bon Iver est un groupe, et non pas le projet d’un seul homme. Voilà qui est clarifié. Après l’acclamé For Emma, Forever Ago et le EP Blood Bank, Vernon et Bon Iver reviennent avec un disque tout simplement intitulé Bon Iver. Sorti au mois de juin dernier, j’ai eu tout le temps de me forger une solide opinion concernant la véritable valeur de cet opus.

D’entrée de jeu, la chanson Perth nous amène vers un emplacement particulier comparativement au premier effort; mais on reconnaît quand même la démarche caractéristique de Bon Iver . Voix de têtes superposées, percussions omniprésentes, arrangements aériens, et surtout une réalisation plus léchée et étoffée que le disque précédent. La folk lo-fi s’efface, mais sans jamais disparaître totalement, au profit d’arrangements somptueux. C’est bel et bien Bon Iver mais dans un splendide enrobage. L’écriture des chansons conserve la même charge émotive. La désarmante Holocene en est le parfait exemple. La valse Michicant, l’épuré Wash. ou encore l’accrocheuse Calgary, tous des chansons d’une beauté absolue.

Le branché Pitchfork lui a octroyé la note de 9,5/10. Sans être un album relevant du divin, Bon Iver constitue une véritable réussite passant l’épreuve du second album haut la main. Un ratage à noter : Beth/Rest; … comme si Bon Iver rencontrait Bruce Hornsby & The Range! Malgré cet impair, Justin Vernon et Bon Iver prouvent hors de tout doute qu’ils sont là pour rester; pour le plus grand bien de nos cœurs et de nos oreilles. À vous procurer!

Ma note : 8,5/10

Bon Iver
Bon Iver
Jagjaguwar Records
40 minutes

boniver.org

Cass McCombs – Wit’s End

Il arrive parfois qu’un ami vous propose de prêter l’oreille à un artiste; mais vous remettez toujours l’audition du disque aux calendes grecques. Ayant lu quelques bonnes critiques sur le dernier opus du ténébreux troubadour Cass McCombs, le bien nommé Wit’s End, je me suis procuré l’œuvre en question. McCombs est un auteur-compositeur-interprète né en 1977. Il est originaire de la Californie et possède cinq disques à son actif.

Le voyage débute par la sensuelle ballade County Line, qui n’indique pas tout à fait le chemin que prendra le reste du disque. À partir de The Lonely Doll et ce, jusqu’à la fin du périple, McCombs nous plonge dans un univers magnifiquement déprimant empreint d’une introspection touchante. Le ton est loin d’être pleurnichard; il est plutôt celui de la confession, comme s’il nous chuchotait ses secrets à l’oreille.

Musicalement, c’est totalement minimaliste et dépouillé. Quelques instruments à vents ici et là, une caisse claire fouettée et mixée à l’avant-plan sur Hermit’s Cave, orgues, guitares acoustiques, le tout arrangé avec grand soin. Un très bon disque écrit par un excellent song-writer.

Si vous aimez Elliott Smith, Lou Reed (voire le troisième disque du Velvet Underground), Bonnie « Prince » Billie et Talk Talk (période Laughing Stock et The Spirit Of Eden), vous adorerez ce disque. Un des bons disques parus cette année. Merci cher ami!

Ma note : 3,5/5

Cass McCombs
Wit’s End
Domino Records
43 minutes

myspace.com/cassmccombs