Folk Archives - Page 46 sur 46 - Le Canal Auditif

Bon Iver – Bon Iver

Justin Vernon n’est pas Bon Iver. Il insiste, Bon Iver est un groupe, et non pas le projet d’un seul homme. Voilà qui est clarifié. Après l’acclamé For Emma, Forever Ago et le EP Blood Bank, Vernon et Bon Iver reviennent avec un disque tout simplement intitulé Bon Iver. Sorti au mois de juin dernier, j’ai eu tout le temps de me forger une solide opinion concernant la véritable valeur de cet opus.

D’entrée de jeu, la chanson Perth nous amène vers un emplacement particulier comparativement au premier effort; mais on reconnaît quand même la démarche caractéristique de Bon Iver . Voix de têtes superposées, percussions omniprésentes, arrangements aériens, et surtout une réalisation plus léchée et étoffée que le disque précédent. La folk lo-fi s’efface, mais sans jamais disparaître totalement, au profit d’arrangements somptueux. C’est bel et bien Bon Iver mais dans un splendide enrobage. L’écriture des chansons conserve la même charge émotive. La désarmante Holocene en est le parfait exemple. La valse Michicant, l’épuré Wash. ou encore l’accrocheuse Calgary, tous des chansons d’une beauté absolue.

Le branché Pitchfork lui a octroyé la note de 9,5/10. Sans être un album relevant du divin, Bon Iver constitue une véritable réussite passant l’épreuve du second album haut la main. Un ratage à noter : Beth/Rest; … comme si Bon Iver rencontrait Bruce Hornsby & The Range! Malgré cet impair, Justin Vernon et Bon Iver prouvent hors de tout doute qu’ils sont là pour rester; pour le plus grand bien de nos cœurs et de nos oreilles. À vous procurer!

Ma note : 8,5/10

Bon Iver
Bon Iver
Jagjaguwar Records
40 minutes

boniver.org

Cass McCombs – Wit’s End

Il arrive parfois qu’un ami vous propose de prêter l’oreille à un artiste; mais vous remettez toujours l’audition du disque aux calendes grecques. Ayant lu quelques bonnes critiques sur le dernier opus du ténébreux troubadour Cass McCombs, le bien nommé Wit’s End, je me suis procuré l’œuvre en question. McCombs est un auteur-compositeur-interprète né en 1977. Il est originaire de la Californie et possède cinq disques à son actif.

Le voyage débute par la sensuelle ballade County Line, qui n’indique pas tout à fait le chemin que prendra le reste du disque. À partir de The Lonely Doll et ce, jusqu’à la fin du périple, McCombs nous plonge dans un univers magnifiquement déprimant empreint d’une introspection touchante. Le ton est loin d’être pleurnichard; il est plutôt celui de la confession, comme s’il nous chuchotait ses secrets à l’oreille.

Musicalement, c’est totalement minimaliste et dépouillé. Quelques instruments à vents ici et là, une caisse claire fouettée et mixée à l’avant-plan sur Hermit’s Cave, orgues, guitares acoustiques, le tout arrangé avec grand soin. Un très bon disque écrit par un excellent song-writer.

Si vous aimez Elliott Smith, Lou Reed (voire le troisième disque du Velvet Underground), Bonnie « Prince » Billie et Talk Talk (période Laughing Stock et The Spirit Of Eden), vous adorerez ce disque. Un des bons disques parus cette année. Merci cher ami!

Ma note : 3,5/5

Cass McCombs
Wit’s End
Domino Records
43 minutes

myspace.com/cassmccombs