Évènements spéciaux Archives - Page 79 sur 79 - Le Canal Auditif

Merci Lou Reed!

lou-reedDimanche dernier, l’imposant et légendaire Lou Reed est décédé probablement des suites de complications liées à une greffe du foie subie récemment. Il était âgé de 71 ans. Ce court hommage est une initiative toute personnelle de ma part. Lou Reed était la principale trame sonore qui a animé la plupart des moments clés de mon existence.

Des fabuleux moments abrasifs et discordants du Velvet Underground, en passant par la grandiloquente mélancolie de Berlin, le glam-rock de Transformer, la plénitude de Coney Island Baby, les déflagrations décapantes sur The Blue Mask, le sarcasme corrosif/humoristique de l’album New York ainsi que la douleur de la perte évoquée sur Magic And Loss, Lou Reed aura été pour une moi une inspiration et un exemple de courage artistique dont très peu créateurs peuvent se vanter.

L’annonce de sa mort m’a fait tout simplement réaliser à quel point sa musique a eu une importance capitale dans ma vie; le genre de créateur que votre humble et dévoué critique affectionne particulièrement. Authentique, provocateur, dissonant, refusant le consensus et l’unanimité, revendiquant le droit de tracer sa propre voie, il était unique… envers et contre tous! Je termine ce court hommage avec les mots de Lou Reed.

«Life’s like a mayonnaise soda
And life’s like space without room

And life’s like bacon and ice cream

That’s what life’s like without you
Life’s like forever becoming

But life’s forever dealing in hurt

Now life’s like death without living

That’s what life’s like without you.»

What’s Good, Magic And Loss, 1992

Merci!

Le Festival de Musique Émergente en Abitibi-Témiscamingue

Mister Vallaire 29aout2013 00129La fin de semaine de la Fête du Travail rime depuis un bon bout de temps avec le Festival de Musique Émergente présenté dans la sympathique ville de Rouyn-Noranda. C’est un moment privilégié dans l’année musicale où professionnels de la musique, groupes émergents et émergés se rencontrent. Une réelle effervescence prend la ville pour quatre journées de musique qui en offre pour tous les goûts. Que vous soyez du type métal, hip-hop ou pop, vous y trouverez votre compte. J’ai eu la chance d’aller me rincer les oreilles à Rouyn la fin de semaine dernière. Chronique d’une fête folle.

Dès mon arrivée, après une longue traversée du Parc de La Vérenderye, je me suis empressé de courir au spectacle d’ouverture du festival. Arrivé tout juste après le groupe Mauves qui était sur place pour présenter les créations qui peupleront leur prochain opus dû en novembre, Karim Ouellet était sur scène et offrit une prestation honnête. Ce fut ensuite au tour de Misteur Valaire de présenter les créations de leur nouvel album: Bellevue. Fidèles à leur habitude, les garçons ont cassé la baraque affichant une forme exceptionnelle. La foule a dansé amplement, mes hanches y comprises, sur les nouveaux tubes livrés avec une assurance impressionnante. En prime, nous avons eu droit à une fin déjantée d’Ave Mucho et une apparition d’Eman qui est venu faire un bout de Ton cou, ton dos d’Alaclair Ensemble.

Groenland31aout2013_-94Parmi les groupes qu’il m’a été de donné de voir, certains ont livré de solides performances. Groenland y est allé d’une prestation envoûtante qui a su conquérir le cœur de tous dans la salle. Plusieurs fois, Jean-Vivier Lévesque y est allé de pitreries qui ont fait rire toute la galerie. Les suivants, la formation Suuns a présenté un monstre de concert qui s’est entonné sur une lente progression de dix à quinze minutes débutant avec un chant dans ce qui semblait être en arabe. Ils ont ensuite livré les pièces d’Images Du Futur sans jamais laisser le silence se pointer le bout du nez. Solids, de son côté, nous a offert une solide performance qui rend l’attente de la sortie de leur premier disque, prévu pour le 8 octobre prochain, encore plus pénible.

De son côté, le groupe ontarien Indian Handcrafts y est allé d’une performance survoltée où les pièces de Civil Disobedience For Losers étaient à l’honneur. Ils nous ont envoyé aussi des reprises de Negative Creep de Nirvana, Ace Of Spades de Mötorhead et Detroit Rock City de Kiss. Dans un autre registre, Le Couleur y est allé d’une excellente prestation énergique à souhait qui avait tout pour charmer les oreilles. Et parmi les spectacles qui n’étaient pas à manquer au festival, la bande de Dead Obies a complètement survolté la Scène Paramount avec une prestation à couper le souffle. Ils ont par le fait même annoncé qu’ils avaient signé avec la maison de disque Bonsound et que leur premier album sortirait d’ici la fin de l’année. Ce sera un titre à ne pas manquer.

Dead Obies31aout2013_-47On a eu droit aussi à des lancements d’albums: Alex Nevsky avec son Himalaya mon amour, El Motor et son Monstre et l’hilarante Klô Pelgag qui faisait paraître une édition vinyle de son opus qui est à paraître le 24 septembre. Celle-ci a offert sa poésie absurde et noire avec toute la joie que l’on y connaît. Elle nous a présenté les pièces de son prochain album jumelé à un spectacle de magie hilarante de la part du contrebassiste, en plus d’une performance de «lightsaber» durant Rayon-X, ainsi qu’une présentation des musiciens absolument loufoque.

En contrepartie, un spectacle fut légèrement décevant: la prestation correcte, sans plus, des vétérans Blonde Redhead. Ceux-ci ont commencé avec une énergie de feu, entamant avec Falling Man suivit de deux autres pièces à la guitare pour ensuite tomber dans une suite laconique de chansons légèrement trop introspectives. Un résultat qui manquait de variété et d’entrain. L’autre déception est la soirée métal. Bien que la présence de Voivod était géniale (ceux-ci étant un groupe québécois qui a su s’établir sur la scène mondiale et qui a donné un spectacle lourd, bruyant et inspiré). Origin et Dying Fetus sont des groupes eux aussi établis. Il me semble qu’il ne manque pas de groupes métal de la relève. On peut facilement penser à The Ocean, Eight Bells, Pallbearer, All Else Fails, Sanktuary et bien d’autres!

Suuns30aout2013_-99Le spectacle de clôture a donné droit aussi à de beaux moments. Fire/Works, qui s’est vu décerner une ovation monstre, a ouvert le bal. La formation était dans une forme splendide et a su conquérir le cœur de tous ceux qui étaient présents. Le groupe a offert en prime deux nouvelles pièces qui n’étaient pas piquées des vers. C’est Yann Perreau qui a fermé la marche du FME avec les pièces de son dernier album, À genoux dans le désir, accompagné de deux musiciens. Il était inspiré et a annoncé dès le début qu’il ne savait qu’une chose… Il voulait terminer rapidement, avant Voivod, afin d’avoir la chance de les voir en direct pour une première fois. Le trio s’est donc mis en route pour un spectacle d’un peu plus de deux heures qui s’est terminé comme toujours avec les shows de Perreau, dans l’amour. Tous sont sortis, un grand sourire aux lèvres, signe d’un festival réussi.

Et si vous croyez que le festival se limite à ça, vous vous trompez. C’est aussi des concerts de danse impromptue dans la rue, des performances de reprises de vieux punk, le groupe français Fordamage qui présente son rock devant Chez Morasse (l’équivalent de la Banquise montréalaise, mais à Rouyn… que j’ai à peine fréquenté pendant la fin de semaine à trois heures du mat… pfff), les Abdigradationnistes qui nous offrent leur poésie surréaliste dans une ruelle, les fêtes qui se terminent au petites heures, les improvisations au piano en public, la nuit électro avec Boundary (Dj Poirier), Rich Aucoin et Kenlo Craqnuques qui ne se termine jamais, un spectacle intime et acoustique de Random Recipe et bien plus.

Yann Perreault 01sept.2013 00117C’est aussi une rencontre, une fête qui clôt la saison des festivals en région. C’est aussi un privilège de voir ces artistes dans un endroit plus intime que les grandes scènes normales de la plupart des festivals. Il se crée une telle proximité entre le public et les artistes, qu’une complicité unique s’installe. Il ne faudrait pas oublier non plus, l’accueil chaleureux des gens de l’Abitibi qui reçoivent les artistes à bras ouvert… et les journalistes aussi. Merci Rouyn-Noranda, t’as été bonne pour moi, on se revoit l’an prochain!

Festival de la chanson de Tadoussac 2013

fete-festival-evenement-festival-de-la-chanson-de-tadoussac-269034907La route était calme et belle entre Montréal et Tadoussac. Après l’attente du traversier, j’ai pu mettre pied à terre sur l’autre rive de la rivière Saguenay vers minuit trente vendredi soir dernier. Ma surprise fut énorme quand je me rendis compte que le village de 800 habitants était soudainement noir de monde. Après avoir trouvé une place de stationnement, je me rendis à mon premier spectacle : Bernard Adamus et Canailles à une heure du matin.

Aux portes de la Scène Sirius, située au sous-sol de l’église, une masse de mélomanes s’entassaient en attendant que les portes s’ouvrent devant eux. L’ambiance dans la salle était électrisante; cent cinquante personnes y étaient venus pour voir Adamus partir le bal. Peut-être l’heure tardive a eu son effet sur le grand polonais qui semblait un peu fatigué au début du concert, mais plus la nuit avançait plus on sentait qu’il prenait ses aises et que l’énergie revenait. On a eu droit à des versions foudroyantes de Cimetière et de Rue Ontario. Puis, vers 3h, ce fut au tour de Canailles de prendre possession de la scène, ce qu’ils firent avec aplomb et entrain. La foule dansait sur les rythmes endiablés de la bande, qui en plus d’offrir les chansons de Manger du bois, nous a présenté deux nouvelles compositions, au plus grand plaisir des admirateurs qui se déhanchaient devant eux.

471816-groupe-canailles-produisait-salle-louisJe suis sorti de l’église vers 4h30 pour me rendre compte que tout n’était pas terminé; certains s’étaient massés aux dunes pour voir le lever du soleil en compagnie de Caiman Fu. D’autres se rendirent au lac faire un feu et continuer à gratter la guitare jusqu’au matin. L’énergie était palpable dans la petite municipalité où les artistes et festivaliers se mélangeaient afin de célébrer ensemble. C’est ainsi qu’en chemin vers le lac, j’ai rencontré des artistes (dont je tairai le nom) qui n’étaient toujours pas au lit…

Après un repos bien mérité, j’attaquai ma deuxième journée de spectacles (j’ai malheureusement manqué les journées de jeudi et vendredi) avec les Hay Babies, gagnantes des dernières Francouvertes. Les trois Acadiennes ne déçoivent pas et respirent le bonheur sur scène. En plus de leurs compositions qui sont entraînantes, les trois demoiselles s’amusent comme des poissons dans l’eau et agrémentent leurs chansons d’anecdotes autour de la création chansonnière. Le public fut séduit rapidement et applaudissait chaudement après chaque pièce. La chanson Neguac And Back fut l’un des beaux moments du spectacle. Mon prochain arrêt? Marie-Pierre Arthur qui, en plein après-midi ensoleillé, offrait son rock dans le sous-sol de l’église. Celle-ci assurait de manière triomphante sur scène avec puissance et énergie. Il faut noter le jeu de lumière qui nous invitait dans un univers clair-obscur d’une beauté glauque infinie.

Puis, en soirée, Olivier Bélisle appelé en renfort après le désistement de Madame Moustache, offrait son folk rock sur la Scène Belle Gueule. Avec ses talentueux musiciens, celui-ci nous offrit un spectacle franchement intéressant qui valait véritablement le détour. On sentait encore une fois le plaisir que la bande avait à jouer pour le public, qui lui, était tout sourire et qui découvrait le Montréalais pour la première fois.

LouisJean+Cormier+sitemgr_photo_1063Ensuite, ce fut le tour de Louis-Jean Cormier d’offrir une prestation mémorable sous le chapiteau. Rares sont les artistes qui habitent aussi bien la scène. On le sentait en plein contrôle se permettant même plusieurs boutades pendant l’heure et demie de spectacle qu’il a présenté. Parmi les moments qui laissent bouche bée : Complots d’enfant de Félix Leclerc qu’il a repris et qui constitue une réussite. Cormier, plutôt que de prodiguer une reprise trop collée à l’originale et édulcorée comme tant d’autres l’on fait auparavant, a osé en faire une adaptation scotcher à son univers et cela donne un résultat magique. Le cœur en teflon donna un moment de symbiose entre le natif de Sept-Îles et le public, alors que tous chantaient en chœur.

Puis, ce fut au tour de Lisa Leblanc de prendre la scène. L’Acadienne entama avec une J’pas un cowboy fulgurante, avec une énergie quasi grunge. Il faut dire que la jeune femme était tout sourire et on sentait son plaisir de se produire au festival. Elle nous présenta également une nouvelle composition, en anglais de surcroît : You Look Like Trouble But I Guess I Do Too. Après avoir commencé Kraft Dinner, elle fut interrompue par… Louis-Jean Cormier qui était censé interpréter la chanson en sa compagnie et qui avait terminé son spectacle plus tard que prévu. Le duo s’est vu dans l’obligation de recommencer et a donné une prestation de toute beauté… et comme si tout cela n’était pas suffisant, elle termina le concert avec une reprise de Ace Of Spades de Motorhead! Oui, oui, vous avez bien lu… du Motorhead et c’était tout simplement magique.

6879817390_3d91cf3e5c_zBref, pour sa trentième édition, le Festival de la Chanson de Tadoussac a vu grand et a visé dans le mille, offrant une programmation riche et variée. En plus des artistes que j’ai mentionnés précédemment, les deux frères formant Ponctuation ont fait vibrer la foule et c’est sans compter les Damien Robitaille, Violett Pi, Marcie, Keith Kouna, Karim Ouellet, Yann Perreau, Nomadic Massive, MeLL et plusieurs autres qui ont fait chanter ceux qui avaient accouru de partout au Québec pour l’événement. La proximité entre les artistes et les festivaliers, les fêtes incessantes, les jams partout en ville et le paysage d’une beauté émouvante font du Festival de la Chanson de Tadoussac l’un des joyaux de l’été québécois. L’année prochaine, mettez cela à votre agenda, vous ne serez pas déçu!

www.chansontadoussac.com