Évènements spéciaux Archives - Page 64 sur 79 - Le Canal Auditif

Osheaga 2015: 5 artistes méconnus à voir

QSeiDgqlC’est sûr qu’Osheaga amène son lot de gros noms à Montréal chaque année. Tout le monde à hâte de voir Kendrick Lamar ou encore The War On Drugs, mais dans les artistes qui sont plus «petits», certains font de la musique pas mal intéressante et tu ne les connais peut-être pas. On a décidé d’augmenter ton niveau d’impatience grâce à cette liste de cinq artistes méconnus que tu auras envie de voir en août prochain.
 
 

THE OBGMS

Le quatuor de Toronto est tout simplement épatant. Non seulement leur album homonyme est excellent, mais en plus ils donnent une performance qui fait des flammèches. C’est le genre de groupe qui est encore plus énergique en concert que sur disque. Leur mélange efficace de punk, de rock avec une petite touche hip-hop est tout simplement génial.

Notre critique: http://lecanalauditif.ca/obgms-obgms/


 

SYLVAN ESSO

Le duo indie pop Sylvan Esso est originaire de la Caroline du Nord. La voix mélodieuse d’Amelia Meath (Mountain Men) et les trames intelligentes de Nick Sanborn (Megafaun) se mêlent à merveille. Ceux qui aiment l’électro minimaliste vont adorer puisque tout est fait en subtilité chez ces Américains. Sanborn sait utiliser des sonorités diverses pour créer des chansons riches et texturées. Leur album homonyme est paru en mai dernier et depuis, le duo se promène un peu partout en Amérique du Nord.


 

YOUNG FATHERS

Les chances que vous connaissez déjà le trio de hip-hop écossais sont bonnes, mais nous voulions en être sûrs. Young Fathers est un groupe fascinant qui rappe autrement. Les lauréats du prix Mercury en 2014 ont fait paraître White Men Are Black Men Too au début avril. Ce n’est qu’une raison de plus de les attendre de pied ferme.

Notre critique: http://lecanalauditif.ca/young-fathers-white-men-are-black-men-too/


 

CRI

Cri est d’abord et avant tout le projet du producteur montréalais Christophe Dubé qui fait de l’électro qui penche vers la pop. Il y a un an, il faisait paraître un premier maxi: Oda. Aidé en concert par Ourielle Auvé (Ouri) qui, elle aussi est sur le point de faire paraître un maxi, c’est une prestation que vous allez avoir envie de voir. Tantôt plus électro, tantôt plus mélodique, les compositions sont bien rythmées et devraient vous faire taper du pied… au minimum.

 

YUNG LEAN & SAD BOYS

Yung Lean est un petit maudit. À 18 ans, le rappeur suédois fait preuve d’une grande maturité musicale en plus de créer des trames addictives. Imaginez! En Ontario, il n’a même pas le droit de s’acheter une bière et pourtant, il est capable de vous envoyer des pièces de hip-hop de qualité supérieure. Un des enfants de la génération YouTube, c’est un rappeur à ne pas manquer.


 

Pour tout le reste de la programmation, visitez le: http://www.osheaga.com/fr/

Les Francouvertes 2015: la grande finale

dylan-perron-elixir-de-gumbo-2Hier soir, vos deux scribouilleurs favoris, LP Labrèche et Stéphane Deslauriers, étaient présents au Club Soda pour la grande finale des Francouvertes. Après plusieurs semaines de préliminaires et trois jours consécutifs de demi-finales, on arrivait enfin au dénouement de cet important concours qui met en vedette la relève musicale québécoise. Au fil d’arrivée, se croisaient Émile Bilodeau, Charles-Antoine Gosselin ainsi que Dylan Perron et Élixir de Gumbo. Qui de ces trois artistes allaient remporter la palme?

En premier lieu, la soirée a pris son envol avec le combo Keith Kouna/Fanny Bloom (les deux porte-parole des Francouvertes), qui y est allé de quelques chansons… assez pour se rendre compte que Fanny Bloom est une interprète de grand talent et que Keith Kouna est probablement le meilleur parolier entendu depuis Richard Desjardins, rien de moins. Un grand en devenir ce Kouna! Belle performance des deux artistes!

Par la suite, le premier finaliste, Émile Bilodeau, accompagné de ses deux musiciens habituels, a pris d’assaut la scène. On l’aime aime bien Émile. Sympathique, verbomoteur et énergique… mais on croit que l’immense ressemblance avec l’univers de Bernard Adamus est quelque peu dérangeante. De plus, le jeune homme, malgré tout le talent qui l’habite, a encore du chemin à faire avant de jouer dans les grandes ligues de la chanson québécoise. On dénote un sérieux problème d’interprétation chez Bilodeau; le chansonnier tombant souvent dans le cabotinage dans des moments inopportuns. Prestation correcte.

C’était au tour de Charles-Antoine Gosselin de venir présenter son univers sonore à fleur de peau, évoquant autant Fleet Foxes, Bon Iver que Nick Drake. Techniquement, on n’a rien à redire, particulièrement en ce qui concerne les compétences du frangin de Gosselin qui fait un travail colossal autant au niveau de son jeu de guitare inspiré que des magnifiques harmonies vocales. Même si ce folk duveteux a été mille fois entendu au cours des dix dernières années, la performance était animée d’une authenticité indéniable. Du bon travail.

Et cette soirée se terminait avec le bluegrass de Dylan Perron et Élixir de Gumbo et encore une fois, la meute ne nous a pas déçus. Aussi drôle qu’énergique, Perron ne souffre pas, pour sa part, d’un problème au niveau de l’interprétation. Le bonhomme est autant capable d’émouvoir que de mettre le feu aux poudres et son Élixir de Gumbo est une formation d’une fiabilité à toute épreuve. Après les avoir vus trois fois, on peut aisément vous le confirmer. Ça paraît que ce groupe a écumé les salles de spectacles de la Belle Province.

Et tout ça se termine de quelle manière? Eh! Bien! Avec la qualité des chansons offertes, combinée à une exécution irréprochable, on souhaitait tout bas la victoire de Dylan Perron et Élixir de Gumbo… et on ne s’est pas trompé. Clairement, il y avait un artiste qui se démarquait et c’est la joyeuse bande qui est la grande gagnante de la 19e édition des Francouvertes. Entièrement mérité!

Pour être honnête, le choix de deux des trois finalistes nous a laissés passablement de marbre. On n’a absolument rien contre les talentueux Émile Bilodeau et Charles-Antoine Gosselin, mais on croit que d’autres artistes auraient pu tout aussi bien être à leur place en finale. Puisque que LCA s’assume en tant que petit média champ gauche, on aimerait vous présenter nos coups de chapeau bien personnels de ces Francouvertes.

On a adoré le charisme du chanteur de Yokofeu, le funk délirant et les chorégraphies (à prendre au deuxième degré s.v.p!) des Guerres d’l’Amour, la touchante et éthérée Rosie Valland, le « personnage » Anatole, le folk trad singulier de Chandail de loup ainsi que la force de frappe abrasive de PONI. Ici, on apprécie fortement ces créateurs qui cherchent à sortir des sentiers battus et pour nous c’est le seul critère qui compte!

Ça a été un plaisir de couvrir cette édition des Francouvertes et malgré les petites réserves qu’on peut émettre, sachez qu’on aime vraiment ce concours. On se revoit l’année prochaine pour la 20e édition!

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Une entrevue avec Patrick Watson

Patrick WatsonC’est dans le local de pratique du groupe situé sur la rue St-Laurent que Patrick Watson, Joe Grass, Robbie Kuster et Mishka Stein m’ont accueilli pour parler de Love Songs For Robots, le nouvel opus de la formation. Le soleil plombait et les quatre jeunes hommes étaient tout sourire même si j’étais le soixantième à leur poser des questions… journée de promo oblige.
 
 
 

LP: Comment s’est passé l’enregistrement de cet album et en quoi était-ce différent des précédents?

PW: Ça a été un de mes préférés à enregistrer. On a fait la majorité du travail avant d’arriver en studio, ce qui a fait qu’on savait exactement où on s’en allait. On n’a pas fait trop d’explorations ou de recherche sonore. C’était comme enregistrer dans le temps. On était là et on jouait tous en même temps. En plus de faire tout ça à Capitol Studios (Los Angeles) qui est tellement inspirant! C’est là que Nat King Cole et Frank Sinatra ont fait certains de leurs plus importants enregistrements.

LP: Est-ce que le processus créatif a été long?

PW: Oui, on a pris un bon six mois avant de rentrer en studio où on a fait beaucoup d’explorations, où on changeait des parties de chansons. On voulait être sûr d’avoir ce qu’il nous fallait en commençant l’enregistrement.

JG: Il y a quand même des choses que tu trouves à la dernière minute. Si ton démo est mieux fait que ton album et que tu travailles trop les détails, tu n’arriveras jamais à reproduire ça en studio et tu te mets dans une position où ta création est figée. L’idée, c’est d’arriver en sachant suffisamment ce que tu veux pour apprécier les surprises.

PW: La version originale de Grace que j’ai enregistré ici était tellement magnifique que j’ai finalement utilisé un peu du démo pour la chanson finale. C’est la seule sur laquelle j’ai triché… j’avais le droit de tricher une fois, non?

JG: T’as comme trois versions dedans?

PW: Oui.

MS: Dans le fond tu as utilisé d’autres musiciens que nous, c’est ça?

PW: (Rires) Mais même eux ne le savaient pas que j’avais utilisé des enregistrements d’ici. En fait, personne n’est censé le savoir. Ce n’est pas très intéressant…

LP: Le nouvel album sonne un peu plus rock, plus gros.

JG: C’est en outre parce qu’avec moins d’instruments, la basse et la batterie se retrouvent plus à l’avant. Il y a beaucoup de groove sur cet album. Quand t’utilises des cordes, même si c’est grandiose, ça reste que le résultat est plus délicat.

PW: Moins y a de choses qui se passent en même temps, plus gros ça sonne.

RK: C’est pour ça que l’enregistreuse maison est aussi importante. Si ça ne se passe pas quand tu «tapes» avec ça, c’est qu’il y a un problème. Mais si déjà ça sonne bien, ça devient extraordinaire en studio. Et avec moins de strates musicales, ce qui est là est vraiment mis de l’avant.

PW: Et puis la batterie fait plus du «kick & snare», un peu comme dans le hip-hop, ce qui donne beaucoup de place à la voix.

LP: Il me semble que l’album est un peu plus sombre que les précédents. Est-ce que c’est parce que tu te sens nostalgique des relations humaines dites «pré-technologie»?

PW: Plus sombre, ah oui? Non pas du tout. Au contraire, je suis très «geek». Je ne crois pas au retour en arrière et à la nostalgie. Et je trouve que ça fait poser de nouvelles questions qui te permettent de mieux te connaître en tant qu’individu. Le plus près qu’on s’approche de l’intelligence artificielle et le fait d’imprimer des organes en 3D, le plus près on s’approche du questionnement existentiel: «Qui suis-je?». Je trouve ça très excitant. C’est une meilleure question que celle que l’Église pose. On est rendu qu’on peut changer les organes. Ils ont même créé et transplanté le système reproducteur complet à une femme. Ce qui est intéressant, c’est de se demander: «Quelle est la seule partie que je ne peux pas remplacer de mon corps?». Et c’est nos enfants qui vont devoir répondre à la question. Le titre est en relation avec ça. Si quelqu’un trouve quelqu’un dans un bar ou sur Facebook, je ne sais pas lequel est mieux ou moins romantique. Les deux sont beaux, mais c’est différent. La technologie change la donne. Avant l’imprimerie, les compositeurs étaient pris dans leur ville et composaient pour les gens qui y habitaient, mais tout a changé parce que les mots pouvaient soudainement voyager. Aujourd’hui, je ne crois pas que quelqu’un serait en faveur de retourner à cette époque. Du même souffle, on a perdu beaucoup de la tradition orale à ce moment. Il y aura toujours de la magie qui sera perdue, mais il y a aussi du bon dans tout.

JG: Je pense que ce qui est un peu vertigineux est la rapidité à laquelle les changements s’orchestrent. Ça demande à tous de s’adapter rapidement. C’est difficile pour nous de garder le rythme, mais il faut suivre et choisir le positif dans tout ça.

LP: J’ai vu Strangers que tu as conçu avec l’Oculus Rift en janvier dernier aux Quartiers d’hiver du FMEAT.

PW: Oui et maintenant toute la planète va le voir, c’est le démo! J’imagine déjà Martin Scorsese qui se demande: «C’est qui lui?». Imagine, Scorsese qui se dit que mon appartement n’est vraiment pas propre! C’est un peu fou ça aussi. Je l’ai fait essayer à mon fils et tu peux aller sur Mars. Il l’a fait et après cinq minutes il me demandait déjà: «OK, je veux essayer une autre planète». On s’en va vers ça. Et c’est le fun parce que ça te fait vivre l’empathie de manière différente. Ça change ton rapport à la réalité virtuelle et surtout ça te confronte à la réalité.

LP: Merci les gars.

*À ne pas manquer demain matin la critique de l’album Love Songs For Robots de Patrick Watson sur LCA.

http://patrickwatson.net

Spécial finale des Francouvertes: Dylan Perron

dylan-perron-elixir-de-gumbo-2Voici venu le dernier de mes entretiens avec les finalistes des Francouvertes. C’était au tour du coloré Dylan Perron de se faire interroger dans un Van Houtte de la rue sur St-Catherine Portrait d’un musicien qui tourne inlassablement et qui sait ce que ça prend pour vivre de musique.
 
 
 
 

LP: Salut Dylan!

Dylan: Salut.

LP: Comment tu trouves l’expérience Francouvertes jusqu’à maintenant?

Dylan: C’est bien. C’est sûr que ça reste un concours. Quand l’album est sorti, on en fait plusieurs et ça ne me tentait plus. Mais une amie (Corine pour ne pas la nommer) qui m’aide avec la gérance m’a dit: «Ferme là pis inscris-toi!». C’est chouette d’être rendu en finale vu qu’on est arrivé là sans attente. C’est étonnant, on n’a pas de fan-club, surtout pas à Montréal. On ne fait pas descendre un autobus de l’Abitibi. C’est vraiment le monde qui venait à la soirée qui a voté pour nous. C’est un peu inespéré. On reçoit beaucoup plus d’attention médiatique, ce qui est le fun, mais c’est sûr aussi que les prix qu’on gagne (NDLR: Des performances rémunérées dans des festivals) nous donnent de la visibilité. On est moins payé que l’année passée pour le même show, mais on a plus de couvertures…

LP: Parce que vous étiez déjà passé avec Élixir de Gumbo?

Dylan: Ouais, on est déjà rendu à 200 et quelques shows. Mais on est un cas atypique. On joue beaucoup, mais on est totalement inconnu. Ce qui me va, par contre. J’ai la paix et j’en vis bien. Ce qui est bien, c’est que ça fait un an et demi qu’on étire l’album et le concours va me forcer à en écrire un deuxième. On pourrait retourner en Europe, même si on y a été cet automne parce qu’on est encore de purs inconnus et le monde ne connaît pas nos chansons, mais ici, va falloir se renouveler.

LP: C’est bizarre quand même que vous ayez voyagé en Europe, fait des vitrines et que les médias ici (et on s’inclut là-dedans) vous ignorent un peu.

Dylan: Tu vois au Coup de coeur francophone, on a joué avec Pepe et sa guitare et je pense qu’il y avait 20 personnes dans la salle. Pourtant, on a fait les Francofolies. Mais en même temps c’est moi qui fais tout, tout seul; la réponse est un peu là aussi. Mettons que les Francouvertes, ça nous permet d’avoir des entrevues, ça tape la «trail» pour le prochain album.

LP: En plus avec le genre de musique que vous faites. Ce n’est pas ce qui pogne le plus à la radio.

Dylan: C’est sûr que des bands de vrai bluegrass, y en pas beaucoup… c’est assez pointu comme genre. Même avec le Québec Redneck Bluegrass Project, ce n’est pas ça qu’on fait. Sinon le monde dit souvent Canailles, mais ce n’est pas non plus exactement du bluegrass parce qu’il y a une batterie. Y a peut-être plus de gaz dans ce qu’on fait, mais on s’en tient à du réel bluegrass.

LP: Et pour le prochain?

Dylan: Ça risque d’être plus chanson parce que j’y prends goût. Sur le premier, une toune sur deux, tu peux te torcher avec les paroles. J’ai fait un band qui allait plaire aux musiciens, qui allaient leur donner le goût de jouer avec moi. Et qui serait viable économiquement. Je fais environ 160 shows par année, pas tous avec Élixir, je fais de tout, je joue avec QRBP, parfois j’accompagne une chanteuse ou encore une finale de Cégep en spectacle, mais c’est suffisant pour être mon seul travail.

LP: Dans les autres artistes des Francouvertes, as-tu des préférés?

Dylan: Je te dirais que C-Antoine Gosselin m’a bien plu. Je me suis bercé sur ses pièces, je mettrais ça chez nous après Pellerin. Il n’avait rien à prouver, y était dans ses deux «shoe/claques», à sa place. Et Yokofeu, ça groovait en sacrament! Il me faisait penser à Jim Morrisson.

LP: Merci Dylan!

Dylan: Merci à toi. À lundi.

Y a une toune de Nicolas Ciccone qui joue derrière nous.

Dylan: J’ai assez hâte d’ouvrir pour lui.

Rires bien gras.

http://francouvertes.com/artistes/dylan-perron-et-elixir-de-gumbo/

Spécial finale des Francouvertes: C-Antoine Gosselin

c-antoine-gosselinJ’ai rencontré C-Antoine Gosselin pour jaser de sa participation à la finale des Francouvertes qui aura lieu le lundi 11 mai prochain au Club Soda. Sur une table de pique-nique en bois au marché St-Jacques, rencontre avec un artiste qui s’est lancé dans le vide sans attentes.
 

LP: Excité?

CAG: Mets-en! J’y crois comme pas, j’ai fini huitième en quart de finale et à la dernière demi-finale les noms n’arrêtaient pas de sortir et le mien non. C’est à la toute dernière minute que j’ai su que je gagnais le prix de la Socan et la deuxième place, c’est comme si mon univers avait changé d’un coup.

LP: Comment trouves-tu ton expérience aux Francouvertes jusqu’à maintenant?

CAG: À date, je trouve ça super bien organisé et je suis surpris de la visibilité. Il y a beaucoup de monde du milieu qui est là et les médias suivent ça aussi. Le lendemain du résultat pour la finale, je recevais des courriels des gens de l’industrie qui me félicitaient. J’étais un peu surpris. Je reçois des demandes d’entrevues pis des réunions de toutes sortes d’affaires… je trouve ça vraiment cool.

LP: Tu parles un peu dans ton spectacle de la façon dont est né le projet, mais qu’est-ce qui a constitué le déclic pour le lancer? Est-ce que c’est parce que vous tombiez dans une pause avec Harvest Breed?

CAG: J’ai toujours voulu faire un projet solo en français, mais j’avais toujours une bonne raison pour ne pas le faire. Avec Harvest Breed, on a quand même fait quatre albums en 6 ans. Mais là, comme on a pris un break, je me suis retrouvé devant rien. Je me suis remis en question et ça m’a permis de me «reploguer» sur les raisons pour lesquelles je fais de la musique. Quand quelque chose comme Harvest Breed arrête, ce qu’il te reste, ce sont les expériences humaines vécues.

LP: T’as quand même gardé ton frère avec toi à travers tout ça.

CAG: Oui et ce n’est pas tellement parce que c’est mon frère, mais plus parce qu’on a une bonne complicité musicale.

LP: Les cuivres, c’est arrivé de quelle façon?

CAG: J’avais joué dans un groupe avec le frère de Jérôme (Dupuis-Cloutier) dans le temps à Sherbrooke. Après, on a collaboré ensemble sur des albums, je jouais sur les siens, il jouait sur les miens. Mais c’est Patrick Legault (le directeur de tournée de Bernard Adamus) qui a eu le flash de faire participer Jérôme et Renaud. Il y a une belle complicité qui s’est développée entre nous autres.

LP: Donc, t’as cassé tes chansons aux Francouvertes?

CAG: Mets-en! J’ai fait une soirée à la Taverne Jarry une semaine avant, mais vraiment ça reste que c’était tôt dans le processus. Quand je me suis inscrit, j’avais juste quatre chansons d’écrites.

LP: As-tu vu un peu les autres artistes aux Francouvertes?

CAG: Comme j’habite dans les Laurentides, pas vraiment! Ça fait pas mal de route à faire. Pis je ne voulais pas trop traîner sur place pis voir les autres, je pense que ça m’aurait intimidé.

LP: Ça fait longtemps que tu vis là?

CAG: Non, j’ai habité à Montréal pendant longtemps, mais ça m’a fait du bien de changer de rythme de vie. Mais en même temps, je te dirais que c’était une bonne affaire que les Francouvertes arrivent parce que je ne sortais plus assez de mon cocon.

LP: Et puis, tes artistes fétiches?

CAG: Neil Young, c’est sûr et Crosby, Stills & Nash. Un moment donné, j’ai écouté quasiment juste ça pendant un an. C’est tellement riche et varié. Sinon Nick Drake, Van Morrisson et Tom Waits.

LP: Et de ce temps-ci qu’est-ce que t’écoutes?

CAG: Pas grand-chose, mais je te dirais que le dernier c’est Sixto Rodriguez. L’histoire de Searching For Sugar Man m’a vraiment marqué. Le dernier de Beck aussi, je l’ai trouvé pas mal bon.

LP: Et les autres participants aux Francouvertes?

CAG: Comme je te dis, je n’ai pas tellement vu les autres, mais ce que Rosie Valland fait, je trouve ça intéressant. Je trouve qu’elle a un son riche et c’est un peu planant, j’aime bien ça.

http://francouvertes.com/artistes/c-antoine-gosselin/