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Festival de l’Outaouais émergent 2014 (FOÉ)

fete-festival-evenement-festival-de-l-outaouais-emergent-foe-369780033Si t’es dans le coin de Gatineau/Hull/Ottawa en fin de semaine ou si l’envie soudaine d’aller faire un «roadtrip» dans l’ouest du Québec te prend, le Festival de l’Outaouais émergent (FOÉ pour les intimes) devrait être ta destination. La nouvelle direction a revampé la programmation et a injecté pas mal de fraîcheur à ce festival de quatre jours. En plus, il fait une bonne place aux artistes locaux.

Si tu déplaces ton beau petit postérieur, tu pourras voir dès ce soir Kandle, Caféïne et Cargo Culte. Tandis que vendredi, ce sera Antoine Gratton, Philippe B et Corps à Corps, mais surtout, t’auras droit à tout un trio avec Gabriella Hook, Alexandre Désilets et Half Moon Run. Samedi, le duo Milk & Bone y ajoutera son grain de sel alors que t’auras également droit à un spectacle de Klô Pelgag et Les Trois Accords. Pis comme si ce n’était pas assez, en fin de soirée tu pourras choisir entre Deux Pouilles en Cavale ou les minces d’Alaclair Ensemble qui joueront en compagnie de Dead Obies. Finalement, dimanche, Eldorado, We Are Wolves et Illscarlett prendont la scène d’assaut.

Bon festival l’ami!

festfoe.ca/2014/

FMEAT 2014

_DSC1042Cette année, et ce pour la douzième édition, se tenait le Festival de musique émergente de l’Abitibi-Témiscamingue lors du long week-end de la fête du Travail. Je me suis donc sacrifié (ce n’est pas facile la vie) et j’ai traversé le Parc de La Vérenderye pour me rendre à Rouyn-Noranda.

Dès jeudi soir, les festivités étaient bien entamées. Après le 5 à 7 d’ouverture animé par DJ Michaël Bardier, je me suis retrouvé devant un Jimmy Hunt bien en forme qui a livré les pièces de Maladie d’amour avec une fougue délicieuse. Parmi les moments savoureux, on retient Marie-Marthe avec une fin de feu et les derniers moments du spectacle alors que Hunt et ses musiciens se sont lancés dans une improvisation musicale qui a fait dandiner bien des bassins. Puis, c’est Rich Aucoin qui a pris la scène principale pour livrer les pièces de son album Ephemeral qui paraîtra le 9 septembre prochain. Rapidement l’homme a conquis la foule. Aucoin est un showman doué qui crée une communion avec les gens présents. Accompagné d’un batteur, il est descendu maintes fois dans la foule, a chanté sur le toit d’une remorque et a littéralement «crowdsurfer». J’entends par là qu’il a embarqué sur une planche de surf qui a été portée par la foule. Un moment haut en émotion et en énergie.

Puis, sur une presqu’île offrant en spectacle une Rouyn-Noranda illuminée en pleine nuit, Dear Criminals a donné un concert devant une foule emmitouflée dans des couvertures. Un bonbon pour les yeux alors qu’ils nous servaient leur électro-pop intimiste. Enfin, au Cabaret de la dernière chance, Dany Placard venait présenter les pièces de Santa Maria à paraître sous peu. Sa première partie était officiée par les jeunes fous de Deux Pouilles en Cavale qui ont conquis rapidement la foule nombreuse avec leur rock déjanté. Puis Placard, après deux pièces, a enfilé le nouvel album dans son entièreté. Rapidement les gens chantaient en compagnie du sympathique barde barbu.

Vendredi, c’était au tour d’Antoine Corriveau de venir faire son tour au festival. Les cent premières personnes arrivées avaient même droit à un vinyle gratuit des Ombres Longues. Celui-ci d’ailleurs a fait plusieurs boutades sur la chose. Il a livré Le Nouveau Vocabulaire en duo guitare/violoncelle; un moment d’une grande beauté. Un concert authentique, chaleureux et généreux. Puis, Bernhari venait présenter les pièces de son premier album paru la semaine dernière. Plus rock qu’en version CD, la formation a donné une solide performance.

Les rockeurs des Indiens ont ensuite pris la scène le temps de nous envoyer un Tomahawk Chopper; leur reprise de Kashtin intitulée la Chanson du diable, une reprise passablement lourde de Repas Repus de Ponctuation et une nouvelle pièce. Les Belges de The Feather ont quant à eux conquis la foule présente à l’Agora des arts. Ils ont présenté les pièces de l’album Invisible qui, dans le décor de cette église désacralisée, prenait une ampleur majestueuse. Ils ont terminé sur la chanson-titre de l’album et ses «living forever» lancés avec une douce puissance. La formation était suivie de Fontarabie qui venait livrer la pop orchestrale de Julien Mineau. La soirée s’est clôturée sur Thee Silver Mount Zion qui a pris la scène Paramount. Le combo a été généreux en terme de temps, malgré que le tout sonnait un peu plus relâché qu’à l’habitude.

Samedi, l’après-midi commençait avec un concert de Mozart’s Sister déplacé à l’intérieur pour cause de pluie. En version duo, Caila Thompson-Hannant a livré son électro-pop avec intensité. Si la voix de la jeune femme était puissante, la trame musicale elle, n’arrivait pas à égaler celle de l’album. On sentait que certains éléments étaient parfois mis trop à l’avant. Ceci dit, elle s’est reprise avec une superbe prestation de Lone Wolf. Ensuite, c’est le groupe Propofol qui a pris la scène. Ceux-ci ont donné une performance enlevante qui a su conquérir bien des coeurs. La basse-piano (oui, oui, t’as bien lu l’ami) de Marie-Anne Arsenault était énergique alors que Jonathan Gagné joue de la batterie de manière inspirée.

Enfin, pendant l’apéro, Clément Jacques est venu livrer les pièces d’Indien, paru un peu plus tôt cette année. Plus lourde en version concert, le groupe a eu de bons moments, entre autres avec Manège. Pendant ce temps, au bar Le Groove, Ben Paradis Trio livrait son jazz funky à une foule nombreuse. Se faufiler à l’intérieur était toute une épreuve et je remerciais le ciel le jogging fait dans les derniers mois. Je me suis glissé à l’intérieur juste à temps pour Camping et La patate. Fidèle à son habitude, Paradis a charmé la foule et celle-ci s’est mise de la partie pour battre la mesure.

Samedi était aussi synonyme de soirée hip-hop. Ayant eu la chance de tendre l’oreille à l’album collaboratif d’Eman x Vlooper, j’attendais ce moment avec impatience. Serait-il capable de recréer sur scène le rythme qu’il tient sur l’album? Et bien la réponse est: «Un gros oui!». Eman a offert une prestation mémorable. Inspiré, rapide, concis et nuancé le rappeur de Québec nous a fait vivre un très bon moment. Par la suite, c’est Dramatik (ex-Muzion) qui est venu montrer ce qui ne s’acquiert qu’avec l’expérience. Celui-ci est rapidement devenu maître de la salle et d’une foule qui était pendue à ses lèvres. Puis enfin, c’est les nouveaux venus The Posterz qui ont fermé la marche avec leur rap inspiré de ce qui se fait chez nos voisins du sud. Si leur spectacle pouvait profiter d’un peu plus de rodage, les jeunes hommes tiennent des pièces intéressantes entre les mains. Un groupe qui sera à surveiller.

J’ai ensuite traîné ma carcasse à Pypy, en passant par Louis-Philippe Gingras, qui jouait à l’extérieur. Je connaissais la réputation d’Annie-Claude Deschênes sans jamais avoir la chance d’assister à un concert de la formation… et les rumeurs qui la précèdent étaient fondées. La jeune demoiselle est une bête de scène impressionnante. Pypy a donné un spectacle de grande qualité comme en témoignait le «mosh pit». Enfin, le tout se termina à la nuit électro où Millimetrik, accompagné d’un VJ et d’Alex Beaulieu (Les Indiens) sur trois pièces, a fait danser la foule. The Hacker et Surfing Leons ont pris la relève et ont fait danser les guerriers jusqu’aux premières lueurs de l’aurore.

Je peux vous dire qu’après trois jours de FMEAT, la levée du corps n’est pas chose aisée. Heureusement, les organisateurs ont pensé faire commencer la dernière journée en fin d’après-midi. Une attention que tous ont appréciée. La Salle de la légion accueillait le lancement de Mentana et la horde de mondes qui venait avec. Dans une salle comble, le groupe est venu présenter les pièces de Western Soil qui paraîtra cette semaine. Le charisme de Robin-Joël Cool est indéniable et la bande a livré les pièces entrecoupées d’histoire de petits cactus, de char abandonné au Texas et autres récits comiques. Ceux-ci ont eu droit à de chauds applaudissements et une ovation debout.

Puis, devant Chez Morasse (institution de la poutine abitibienne) Laetitia Shériff a donné un concert impromptu. La Française a rapidement attiré l’attention alors qu’elle livrait les pièces d’un album à paraître en octobre prochain. Celle-ci mélange les influences rock, punk et pop de manière habile et nous a offert toute une performance. Elle sera en spectacle au Divan Orange ce soir même et demain au Cercle à Québec, et je vous le recommande chaudement.

Alors que je croyais avoir eu le droit à ma part de moments musicaux marquants, Owen Pallett est venu tout chambouler. D’abord seul sur scène, puis rejoint par un guitariste et un batteur, le jeune homme a fait vivre un moment féerique aux mélomanes présents. Un moment d’une extrême beauté et d’une puissance magnifique. Pour vous donner une idée, celui-ci se faisait ovationner après chaque chanson. Sans exception. Un spectacle mémorable où il a attaqué autant des pièces d’In Conflict, paru plus tôt cette année, que le reste de son répertoire. Que dire du batteur Robbie Gordon (gros merci à Marie-Ève Muller et Émilie Rioux de CHYZ FM) qui n’est rien de moins qu’une machine derrière son instrument. Puis, c’est Daniel Bélanger qui est venu terminer la tournée Chic de ville de belle manière. En plus, d’envoyer les pièces de son dernier album, il a gratifié la foule de quelques classiques remixés dont une version rockabilly de Cruel (Il fait froid, on gèle) et Le Parapluie chanté à parts égales par Bélanger et la foule. Celui-ci était définitivement de bonne humeur et s’amusait ferme avec son humour absurde entre les pièces.

Enfin, c’était Ought qui fermait la marche au Cabaret de la dernière chance. Les jeunes punks étaient excellents, même si le son n’était pas très puissant. Ceci dit, les jeunes hommes ont livré avec fougue les pièces de …More Than Any Other Day et ont définitivement fait de nouveaux adeptes en cours de route.

Encore une fois cette année, le FMEAT nous a fait vivre des émotions fortes. Comme chaque année tout s’est déroulé dans la joie et l’allégresse. Le signe d’une organisation structurée et solide qui compte sur l’appui d’une équipe de bénévole dédiée et généreuse. Merci Rouyn! Tu m’as fait passer quatre jours de joie musicale et de moments magiques.

Coups de coeur:

Rich Aucoin, Propofol, Eman x Vlooper, Laetitia Shériff, Daniel Bélanger et Owen Pallett.

christianleduc.zenfolio.com/fme2014

www.fmeat.org/

Heavy Montréal – Jour 2

Heavy-MTLAprès une première journée somme toute réussie, votre humble scribe de service était de retour parmi les parias de la société… mais non, c’est une petite plaisanterie! J’étais ipso facto de retour à la deuxième séance de dessuintage d’oreilles prescrit par Heavy Montréal. Au tableau de chasse? Grimskunk, Exodus, Body Count, Hatebreed, Bad Religion, Twisted Sister et Slayer!

En début de journée, bière à la main sous un soleil caniculaire, j’ai assisté à la courte prestation offerte par les Montréalais Grimskunk. Mené de main de maître par le très éveillé Franz Schuller, le claviériste cannabisant Joe Evil et accompagné à la basse du légendaire Vincent Peake (Groovy Aardvark), Grimskunk a dynamiquement présenté son judicieux mélange de punk, de ska et de rock alternatif. J’étais bien content de réentendre Silverhead et j’étais particulièrement ravi d’entendre Schuller scandé un «Fuck Harper!» de même qu’un «Fuck St-Lambert!» bien senti.

Ensuite, j’ai posé mes fesses en haut de la colline du parc Jean-Drapeau afin d’écouter les vétérans du thrash métal made in USA: Exodus. Le peloton, mené par l’excellent guitariste Gary Holt (que l’on verra avec Slayer en fin de soirée), a bien «punché» sa carte de temps, mis ses bottes de travail et fait honneur à cette réputation de cols bleus du thrash, en revisitant le meilleur de son répertoire. Bonded By Blood, War Is My Shepherd, A Lesson In Violence ont su combler l’amateur de furie sonore. Malgré une sono approximative, le «mosh pit» était en feu!

Parenthèse rapide sur Epica et Symphony X. Voilà deux groupes fermement destinés aux fervents adeptes du jeu médiéval fantastique Donjons et Dragons ainsi qu’aux aficionados du Seigneur des Anneaux. Humoristique et fatalement interminable. J’exagère un tantinet, mais à peine.

Qu’à cela ne tienne, j’attendais avec une certaine décontraction le groupe Body Count, avec à sa tête le vénérable rappeur Ice-T. D’entrée de jeu, Body Count balance Body Count’s In The House et en réfléchissant plus profondément (ça m’arrive!), je me suis souvenu de la tendre relation remplie d’amour que le groupe détenait avec les différents corps policiers nord-américains. Le SPVM aurait sans aucun doute été reconnaissant de voir que le guitariste cachait son visage avec un foulard et que le batteur se prenait pour Michael Myers dans Halloween… et même si Ice-T a fait l’aveu public que le prochain album à paraître portera sur la «pussyfication» du mâle américain, la prestation offerte était énergique et techniquement irréprochable. Étonnant!

Par la suite, c’était au tour de la formation «metalcore» originaire de Bridgeport, Connecticut, baptisée Hatebreed, de débarquer sur la scène Molson Canadian (une grande bière, il va sans dire!). Même si les liens de parenté avec Pantera sont indéniables, le petit penchant punk/hardcore de l’affaire est venu passablement me réconforter; fédérateur et du même souffle fougueux. Très très bon band!

La dernière fois que j’avais vu Bad Religion, c’était à l’âge de la pierre, dans un Métropolis quasi bondé. Je me souviens alors que j’avais affectionné le premier tiers de la prestation, que j’avais ingurgité quelques breuvages alcoolisés après la première demie, qu’aux trois quarts, je commençais sérieusement à m’ennuyer et qu’à la fin, je baillais aux corneilles. Faites un copier-coller de la dernière phrase et le tour est joué quant à mon évaluation de l’heure de jeu prodiguée par la bande à Greg Graffin. Pas mauvais, mais répétitif et souvent monotone.

La surprise du jour? Je vous le donne en mille? Twisted Sister… et ce n’est pas une mauvaise blague de ma part. Le chanteur, Dee Snider, est un personnage articulé, animateur de radio à ses heures, comédien et un ardent pourfendeur de la droite moraliste américaine; un bonhomme qui contraste jouissivement avec certains de ses pairs. Musicalement, c’est sérieusement anachronique, mais Snider y est allé d’une performance scénique époustouflante pour un «jeune homme» de son âge. Twisted Sister a joué l’intégral de l’album Stay Hungry paru en 1984 et la meute est loin d’avoir eu l’air fou. Purgative version de We’re Not Gonna Take It, rassembleuse I Wanna Rock, la bande à Snider à mis la foule présente dans sa petite poche arrière. Anthologique, en ce qui me concerne.

Au bout du compte, c’est Slayer qui fermait la marche funèbre et quelle conclusion! Hell Awaits, The Antichrist, Black Magic, At Dawn They Sleep, War Ensemble, Postmortem, South Of Heaven, Mandatory Suicide, God Hates Us All, Seasons In The Abyss, Dead Skin Mask, Raining Blood (et j’en passe) tous exécutés à la perfection. Kerry King était chirurgical. Gary Holt faisait brillamment le travail en chaussant les grands souliers de Jeff Hennemen (décédé l’an dernier d’une cirrhose du foie). Le batteur Paul Bosptaph, sans être Dave Lombardo, était tout à fait à la hauteur et que dire de Tom Araya? Un des seuls métalleux aperçus ce week-end qui incarnait une certaine dignité/prestance. Je peux me tromper, mais l’imposant et souverain gueulard semblait fort ému, comme s’il goûtait chaque minute de cette impétueuse performance… comme si la mort d’Hennemen le prenait encore à la gorge.

Et ça s’est terminé virilement sur une Angel Of Death purificatrice qui coïncidait avec la disparition de l’emblème de Slayer substitué par le calque du logo de la bière Heineken (marque remplacée par Hennemen); un vibrant hommage au guitariste disparu. Un concert donné devant un public étrangement respectueux et calme, à l’image de l’attitude de Tom Araya. La question se pose. Était-ce le dernier acte de Slayer à Montréal? Si c’était le cas, c’en était tout un! Tout simplement impérial!

Malheureusement, j’aurais souhaité faire un petit tour loin des grandes scènes afin d’observer les prouesses de Fucked Up et de Truckfighters, mais l’horaire ne convenait pas tout à fait à votre mélomane grisonnant préféré. En dernier lieu, un coup de chapeau à Lamb Of God, mais je devais engloutir un peu de solide avant de me coltiner à Slayer. Donc, je n’ai pu mordre dans le groove métal du quintette. Meilleure chance la prochaine fois.

C’est ce qui concluait cette édition d’Heavy Montréal qu’on peut aisément classer dans la catégorie «réussite». On peut reprocher bien des choses à la faune métallique, mais ces fanatiques sont d’une loyauté exemplaire et les groupes que j’ai vus cette fin de semaine ne connaissent pas les demi-mesures. Merci les «metalheads» et à l’an prochain!

COUPS DE COEUR:

Slayer, Whores., Hatebreed.
 

MENTIONS HONORABLES:

Metallica, Twisted Sister, Body Count, Exodus, Voivod (malgré l’épouvantable sono).
 

COUPS DE GUEULE:

Symphony X, Epica, Babymetal, Anthrax, Bad Religion.

Heavy Montréal – Jour 1

Heavy-MTLLe périple des festivals musicaux montréalais se poursuit de plus belle ce week-end avec la présentation au parc Jean-Drapeau de l’évènement Heavy Montréal qui, cette année, prenait une tournure plus punk rock avec des pointures telles que Bad Religion, Dropkick Murphys, Pennywise et The Offspring. Si on ajoute à cela un alignement métallique estimé, avec les Metallica, Anthrax, Voivod, Slayer, Lamb Of God et autres consorts, je dois confesser que le chapelet de groupes présents cette année est quand même fort acceptable.

Après un bon 45 minutes d’attente (ce qui laissait présager un achalandage monstre sur le site), je suis tombé sur la performance de Babymetal; groupe composé principalement de trois jeunes japonaises et créé de toute pièce par une agence de «talent». Y’a pas à dire, le ridicule ne tue pas!

J’ai donc pris mes jambes à mon cou et je me suis dirigé tout de go à la scène de l’Apocalypse afin d’assister à la prestation de la formation métal/industriel française nommée Mass Hysteria. Y allant de quelques brûlots tirés de leurs deux derniers disques (L’armée des ombres et Failles), Mass Hysteria a présenté une performance endiablée. Intense, énergique, le meneur et les deux guitaristes participant activement au «circle pit», il n’y a rien à redire; l’un des meilleurs moments sonores de la journée.

J’ai également attrapé au vol Municipal Waste, quatuor thrash/hardcore à la Suicidal Tendencies/D.R.I. Je dois dire que cette sympathique formation (qui n’apporte rien de bien nouveau à ce genre musical un tantinet éculé) ne se prend vraiment pas au sérieux. Au programme? Un «beugleur» qui y va d’une roue latérale inélégante et qui brasse ses cannettes de bière lascivement afin d’asperger une foule avide de cet élixir. De plus, à la demande du même hurleur, certains fanatiques ont grimpé dans les arbres afin de plonger tête première dans cette cohorte de fous furieux… une véritable séance de «tree diving»! Municipal Waste is gonna fuck you up? Parfaitement!

Bien entendu, je suis demeuré de marbre devant le sextuor «deathcore», formé en 2006 et nommé Whitechapel. Une dextérité indéniable, une exécution irréprochable, mais un métal qui me fait franchement rigoler tant les vociférations émises par le leader de la formation sont aux antipodes de l’authenticité. Pas grave, il en faut pour tous les goûts, semble-t-il!

J’anticipais positivement le moment que j’allais passer avec les noise rockers d’Atlanta, Georgia, baptisés coquettement Whores.. Lourd, violent, cathartique prodiguant un mur de son évoquant autant Helmet que Jesus Lizard, ce trio sonne comme s’il était huit. Ce groupe carbure au «drop D» à plein régime et exulte la testostérone. Pas pour toutes les oreilles, mais totalement enragé! Irréprochable! L’impératif du jour!

Par la suite, je me suis remis rapidement sur mes deux pattes afin d’aller voir le joyau du métal québécois, les vétérans Voivod. Dernière fois que j’avais vu Voivod? En 2011 à Barcelone lors d’un spectacle des plus émouvants… Ceci dit, Dan «Chewy» Mongrain fait éloquemment la besogne dans le rôle de guitariste et digne remplaçant de Denis «Piggy» D’Amour (décédé en 2005 des suites du cancer) et Dominic «Rocky» Laroche tire bien son épingle du jeu en relève à Jean-Yves «Blacky» Thériault qui a quitté récemment la formation. Malheureusement pour nos «local boys», le son était quelconque et il était difficile de bien apprécier la prestation de nos valeureux musiciens dans ces conditions sonores exécrables (et je pèse mes mots). Qu’à cela ne tienne, en vieux pros, Voivod a terminé en force avec Astronomy Domine; cette superbe relecture du classique de Pink Floyd. Voivod méritait définitivement mieux!!!

En ce qui concerne Anthrax, j’avais observé les vieux routiers dans une édition antérieure du Heavy Montréal. Cette fois-ci, je suis resté sur mon appétit. Le très glam métal et bronzé Joey Belladonna était en grande forme parcourant la passerelle surplombant la dense foule avec toute la fougue de ses 54 ans. Beaucoup d’efforts… pour peu de résultats, le public demeurant stoïque tout au long de la performance. J’ai senti la bande quelque peu contrarier par l’indifférence de l’auditoire qui semblait vouloir résolument en découdre avec Metallica.

Petite pause nourriture et durant The Offspring, j’ai tenté en premier lieu (et sans succès) de retrouver mes amis dans cette marée humaine démesurée; la plus compacte que j’ai vue (de mémoire d’homme) au parc Jean-Drapeau. Quasiment insoutenable! À 20h15, Metallica faisait son apparition afin d’honorer cette excellente idée qui consiste à demander aux admirateurs de concevoir le set-list du concert. C’est donc la tournée Metallica by request qui s’arrêtait à Montréal! Un morceau de robot pour cette généreuse initiative, mais il faut avouer que depuis Metallica (The Black Album), la formation californienne ampoulée n’a rien fait qui vaille, s’enlisant lamentablement dans les contres-performances studios…

Qu’à cela ne tienne, j’étais présent afin de vérifier si Metallica demeure toujours cette redoutable machine de rock huilé au quart de tour. À la hauteur? Majoritairement, oui. Débutant avec un trio de morceaux épiques imparables (Blackened, Master Of Puppets, Welcome Home (Sanitarium)), accompagné d’un écran géant de luxe ainsi que de magnifiques éclairages lasers, Metallica, à certains moments, avait des airs de conquérants, mais à d’autres, la bande à James Hetfield tirait un peu le diable par la queue. Je fais référence précisément à la performance fluctuante du batteur Lars Ulrich durant One; morceau de bravoure où la cohésion manquait cruellement. À quelques occasions, j’ai senti Ulrich à la trâine comparativement à ses comparses, surtout lors des pièces demandant un peu plus de prouesses techniques.

À la fin de One, je me suis dit qu’il était peut-être temps de rentrer à la maison, car avec une armada de métalleux aussi considérable, j’avais bien peur d’être dans l’incapacité de vous livrer mes impressions et commentaires à temps. C’est au son de For Whom The Bell Tolls et Battery que je me suis frayé un chemin au travers de cette horde de fanatiques afin de retourner bien sagement à la maison.

Au final, ce fut une bonne journée! Pas vraiment divine, ni totalement luciférienne, ce premier jour de cette édition de Heavy Montréal a efficacement dessuinté mes conduits auditifs sans trop les abîmer. Demain, j’aurai à l’œil Grimskunk, Exodus, Body Count, Hatebreed, Bad Religion, Truckfighters, Twisted Sister et… Slayer (mettant en vedette ces bons vieux salopards de Tom Araya et Kerry King). Un excellent jour du Seigneur en perspective!

heavymontreal.com/fr/

Une entrevue avec Misteur Valaire

300x300Misteur Valaire sillonne les routes québécoises encore une fois cet été. Parmi les arrêts en terre natale, le quintette fera une apparition au Festiblues international de Montréal avant de prendre la route de l’Europe pour aller livrer son électro au public français, qui lui aussi est tombé sous le charme des jeunes hommes originaire de Sherbrooke. Je me suis entretenu avec Luis Clavis qui déambulait quelque part entre Trois-Rivières et Chicoutimi afin de parler de la tournée en cours.

*Luis sera ici représenté par les initiales MV par souci de clarté.

LP: Salut Luis, ça va bien?

MV: Ouais, ça va pas pire.

LP: Vous vous promenez pas mal ces temps-ci, non?

MV: Ouais, la semaine passée, on a fait une bonne petite «run» entre Val D’Or, Gatineau et Baie St-Paul.

LP: Ça fait pas mal de route en effet! Vous voyagez en «van» j’imagine? Le confort?

MV: C’est surprenant à quel point ça peut être inconfortable.

LP: Il vous reste à peu de choses près un dernier spectacle au Festiblues avant de traverser l’océan Atlantique.

MV: Oui et à travers tout ça on fait des spectacles de Qualité Môtel, mais en effet, c’est pas mal notre dernier gros spectacle avant de traverser.

LP: En France, vous faites huit dates en format Misteur Valaire, c’est bien ça?

MV: Ouais, on va faire une petite saucette, on en fait huit en deux semaines et on revient à la maison. Ce sera assez condensé. On s’attaque à une couple de festivals où on est la tête d’affiche. C’est le fun parce que ça nous permet de jouer sur une grosse scène avec pas mal de public.

LP: J’ai vu que vous êtes allé aux Îles-de-la-Madeleine, c’était toujours aussi paradisiaque?

MV: Ouais, on jouait sur la plage de la Grave face à l’eau… je t’avouerai qu’on n’avait vraiment pas envie de finir le test de son tellement c’était beau. Ça fait plusieurs fois qu’on y passe et c’est toujours un plaisir d’y retourner.

LP: Pis Bellevue, c’était pour le motel de Cap-Aux-Meules?

MV: Non, mais on se rend compte sur la route qu’y en a plusieurs des motels de type «Bellevue». En fait, c’était pour la butte skiable sherbrookoise: le mont Bellevue.

LP: Pour revenir au Festiblues, vous êtes en tête d’affiche donc j’imagine que c’est le gros spectacle.

MV: C’est en plein ça, on amène le gros «setup». Je ne sais pas si on va être plus blues que d’habitude… mais on va essayer d’amener les blues au public. Une belle tristesse le fun. C’est toujours plaisant de fêter les blues.

LP: Vous avez aussi participé au nouveau simple de Debbie Tebbs titré Up!. Du beau travail ça aussi.

MV: T’es ben smatte, t’es ben smatte.

LP: Avez-vous d’autres collaborations qui s’en viennent?

MV: Ouais, on a travaillé sur une chanson de Fanny Bloom pis une autre avec La Bronze qui devraient paraître bientôt.

LP: Et vous allez aussi vous payer le gros luxe en octobre. Vous faites Misteur Valaire symphonique avec Yannick Nézet-Séguin à l’Église St-Jean Baptiste.

MV: Ouais, on a fait réarranger toutes nos chansons par Olivier Hébert qui a toujours travaillé avec nous; c’est le frère de Flo. Tous les arrangements sont faits, on pige dans tous les albums, on a vraiment hâte. Ça va être un méchant trip.

LP: Écoutez-vous un peu de musique sur la route?

MV: Ben là, on écoutait la radio commerciale avec un grand C parce qu’on n’a pas de fil 1/8. On vient d’écouter «Pousse, pousse de la fonte».

LP: Jonathan Painchaud à la rescousse.

MV: Ouais, mettons…

LP: Sinon, qu’est-ce que vous écoutez ces temps-ci?

MV: C’est difficile de te dire un seul coup de coeur parce qu’on a le spectre assez large. On écoute autant de hip-hop que de vieux punk en passant par le jazz. Mais disons que cette semaine, j’ai beaucoup écouté le nouvel album de Jungle. C’est pas mal bon.

LP: Merci Luis!

MV: Merci à toi, Louis.

*Ce soir, Misteur Valaire sera en concert dans le cadre du Festiblues international de Montréal qui se déroule dans le parc Ahuntsic du 7 au 10 août. Ça débute à 21h15.