Évènements spéciaux Archives - Page 2 sur 55 - Le Canal Auditif

Laura Marling au Théâtre Corona

Laura Marling était de passage à Montréal vendredi soir pour la première fois depuis la sortie de son album Semper Femina. C’est devant un Théâtre Corona bien rempli que la jeune femme est venue présenter ses ballades folks. En ouverture, on nous avait mentionné que la formation américaine Valley Queen allait réchauffer la foule. Le groupe a dû annuler leur présence au tout dernier moment.

C’est au coup des 20h30 que l’Anglaise se présente sur scène en compagnie de ses musiciens. Quelques arrangements floraux arboraient l’espace. Marling démarre la soirée, habillée d’une salopette et d’un chandail à manches longues rouges, avec Soothing. Premier extrait de son sixième album. La voix mélancolique de la chanteuse et les riffs de guitare nous impressionnent. Elle possède cette facilité de charmer la foule avec ses mélodies minimalistes et touchantes. Honnêtement, après avoir fait un tour d’horizon dans l’audience, j’ai pu constater que tous étaient concentrés à l’écouter. Pas de prises d’égoportraits, pas de vidéos en direct… que de contemplation. Le silence régnait dans la foule. Faut croire que l’utilisation des cellulaires n’était pas tendance ce soir là. Et vous savez quoi? C’était bien parfait comme ça. On a pu savourer la musique en temps réel. Sans se faire achaler par la dernière technologie d’un voisin.

Entourée de ses comparses musiciens, la belle blonde enchaîne avec d’autres chansons récentes : Wild Fire, The Valley, Don’t Pass Me By. Le tout était bien exécuté. Entre plusieurs changements de guitare, Marling nous séduit par les différentes sonorités de son instrument de prédilection. On ne se le cachera pas, elle le manipule extrêmement bien. À vrai dire, l’artiste peut se retrouver sur un quai, en pleine nuit et elle ferait résonner le lac au grand complet. Toute une métaphore… mais vous aurez compris l’idée.

Un peu plus tard dans le spectacle, Laura Marling se retrouve seule, face au public. Elle nous roucoule quelques sérénades à fleur de peau dont une reprise de For the Sake of the Song de Townes Van Zandt. Bien qu’elle soit très discrète en spectacle, l’Anglaise livre tout de même la marchandise. Rien à dire là-dessus. Parole de journaliste à lunettes!

Au retour de ses musiciens, on a eu droit à Daisy, How Can I, Once, Sophia et Rambling Man. L’émotion y était. Le public présent prenait part à la soirée en murmurant les paroles. À ma grande surprise, peu de chansons issues de ses précédents albums ont été jouées. À ma plus grande surprise, le spectacle aura duré 1 heure 15 minutes… 1 heure 15 minutes! Je vais être franche avec vous, ça m’a un peu déçu. J’aurais bien aimé voir Marling un peu plus généreuse et moins coincée avec son public en pigeant dans ses anciennes galettes, qui furent toutes aussi puissantes les unes que les autres. Même si la chanteuse nous avait averti qu’il n’y aurait pas de rappel (ce qui semble être une habitude pour elle en tournée), le concert est passé à la vitesse de l’éclair. Les lumières se sont rallumées… et j’ai juste eu le temps de dire vite fait, bien fait.

La finale des Francouvertes 2017

Nous étions conviés par cette froide journée de mai pour la grande finale des Francouvertes 2017. Laurence-Anne, Les Louanges et Lydia Képinski étaient les trois artistes qui avaient réussi à se tailler une place dans l’ultime trio d’une édition particulièrement professionnelle. Du début à la fin, les artistes qui sont montés sur scène ont fait preuve d’un grand talent et surtout d’un professionnalisme dans leur manière de livrer leurs chansons. Mais voilà, ils ne sont que trois.

Le micro était d’abord donné aux deux porte-parole, Rosie Valland et Philippe Brach, qui venaient casser de nouvelles chansons. C’est d’abord, Valland qui a pris la scène en solo, avouant au passage qu’elle était stressée parce que le Club Soda, c’est une grosse scène pour essayer de nouvelles chansons. Pourtant, elle a fait ça avec panache. La preuve que la jeune femme n’est vraiment plus une débutante. Une première chanson réussie, qui a été suivie d’une deuxième, appuyée par Brach à la voix. Elle a par la suite laissé la place à Philippe Brach qui a commencé une chanson qu’il a arrêtée brusquement pour nous dire : « des débuts de tounes pas finies j’en ai une chié. » Sacré Brach! Il a joué sur une guitare pas ploguée, avec un son qui passait par un seul micro. Ça donne une atmosphère assez intime et le fun. Il dit aussi que Rosie Valland et lui-même sont les deux porte-parole les plus sombres du concours. Mais l’an prochain, ce sera Marco Calliari… Le Club Soda a éclaté de rire aux pitreries bien sympathiques du barde pas barré.

La première à prendre la scène était Laurence-Anne. Elle a entamé avec deux chansons solides qui ont donné le ton à la suite. Entre la deuxième et troisième chanson, elle a expliqué la présence des feuilles de Bounce. Elle les a mis sur les tables plus près de la scène pour ajouter une expérience olfactive à sa prestation. Une attention pour essayer de multiplier les plaisirs sensoriels de cette finale. Elle comptait aussi sur un petit nouveau dans l’équipe : Étienne Dupré prenait la place de David Marchand parti chez les voisins du Sud avec Eliza. Naomie De Lorimier a été la personne qui retenait le plus l’attention après la protagoniste principale. Ses harmonies vocales étaient magnifiques et donnaient une dimension puissante aux chansons qu’on avait pourtant déjà entendues quelques fois. Le seul bémol de la prestation était sa finale. Après une chanson qui se termine dans une cacophonie bruyante et délicieuse, elle a entamé une pièce en solo intitulé : Poison. La pièce est bonne, mais j’aurais préféré rester sur la catharsis de la finale précédente.

Puis c’était au tour du groupe de Vincent Roberge de nous faire miroiter ses plus beaux atours. Une chose était claire, le groupe n’était pas équipé pour faire sonner ses instruments dans un Club Soda, particulièrement au niveau de la guitare. Mais on ne peut en vouloir à la bande de ne pas posséder deux immenses cabinets Orange! Vincent Roberge nous a livré une Encephaline en solo tout à fait délicieuse qui faisait place à une vulnérabilité magnifique. Le groupe nous a aussi offert une pièce qu’on n’avait pas entendue auparavant sur laquelle Nathan Vanheuverzwijn s’est fait aller les doigts avec beaucoup d’adresse. Vincent Roberge était un homme nerveux et ça paraissait dans sa façon de dialoguer avec le public entre les chansons. Le jeune homme semble avoir pris personnellement les commentaires sur ses interventions. Entre le moment où il nous explique qu’il est nerveux parce qu’il sait qu’il parle trop et le moment où il nous parle enfin de la chanson, on se sent pris dans un limbo. Pourtant, lorsqu’il est en confiance, tout cela disparaît. Il l’a montré avec l’excellente La Bombe Atomichaëlle.

Finalement, c’est Lydia Képinski qui fermait la marche. Celle qui était pressentie dès le début pour remporter l’édition 2017 n’a pas déçu. Elle a commencé en solo avec M’attends-tu avant de se faire rejoindre par son groupe pour Apprendre à mentir. C’était totalement réussi. Elle nous a emmenés progressivement dans son univers avant de nous lancer une Andromaque toujours aussi efficace. La jeune femme nous a aussi posé la question de la soirée : « Il y en as-tu qui sont déjà tombés en amour? Avec un mineur? J’ai appris que c’était illégal d’avoir une relation sexuellement avec quelqu’un de 17 ans.» Pour ensuite lancer une pièce qui vient de prendre une tournure complètement différente. Les paroles : « on se revoit dans 365 jours » prennent un sens nouveau.

Au final, nous sommes forcés d’admettre que les trois participants ont livré de bonnes prestations et que peu importe le résultat, c’est Laurence-Anne qui a donné le meilleur spectacle alors que Lydia Képinski a le projet le plus abouti. Bref, ils sont tous bons! C’est finalement cette dernière qui a enlevé les grands honneurs. Beaucoup de sueurs, de travail et de plaisir ont croisé le parcours des finalistes de l’édition 2017et ils ont fait preuve de beaucoup de courage et d’ardeur au travail. On les salue bien bas. On se revoit l’an prochain. En attendant, voici les lauréats de tous les prix de la soirée.

Prix du public : Joey Robin Haché

Prix de la SODRAC : Lydia Képinski pour Andromaque

Prix Ici Musique: Les Louanges

Prix ROSEQ : les Louanges

Prix Ambiances Ambiguës : Lydia Képinski

Prix En Scène : Les Louanges

Prix Quartier des spectacles : Les Louanges

Prix SDC Hochelaga – Maisonneuve : Les Louanges

Prix Première scène Mont – Tremblant : Lydia Képinski

Prix Les productions d’Albert : Laurence-Anne

Prix du Festival Diapason : Lydia Képinski

Prix du Festival d’Été de Québec : Lydia Képinski

Prix du Coup de Coeur Francophone: Lydia Képinski

Prix du Festif! : Lydia Képinski

Prix des Francofolies: les Louanges

Prix du Théâtre du marais : Laurence – Anne

Prix Réseau – scène : Lydia Képinski

Grand prix:

3- Laurence-Anne
2- Les Louanges
1- Lydia Képinski

http://francouvertes.com/

Les lauréats du Gala des prix Trille Or 2017

L’APCM présentait vendredi dernier la remise des prix Trille Or. Ce gala récompense des artistes franco-canadiens hors Québec. Parce que faire de la musique dans un marché minoritaire comme au Québec, ce n’est pas facile. Je vous laisse vous imaginer la situation quand tu vis à Saskatoon… disons qu’une bonne dose d’amour au deux ans, ce n’est vraiment pas de trop. Et pour cette 9e édition, c’est Mehdi Cayenne et Anique Granger qui ont été les plus décorés. Le gala des prix Trille Or a duré 1 h 30! UNE HEURE TRENTE. Allo, les québécois, on prend des notes svp, ce n’est pas nécessaire de s’éterniser. Bravo l’APCM, vous êtes bien efficace. Une heure et demie a été animée avec brio et humour par Vincent Poirier.

Le gala

Mehdi Cayenne a monté trois fois sur les planches du Centre des arts Shenkman pour recevoir les prix de meilleur interprète masculin, meilleur album pour Aube et chanson primée pour La pluie (particulièrement de circonstance avec la grisaille ambiante). Granger est repartie pour sa part avec le Trille Or pour meilleure interprète féminine et meilleure auteure-interprète-compositrice en plus de remporter meilleur export ouest au gala de l’industrie qui s’était tenu la veille. On y reviendra.

Pandaléon pour sa part est reparti avec le prix de meilleur groupe tandis que les Fransaskois de Ponteix sont repartis avec le meilleur EP et le prix découverte. Le groupe franco-ontarien Hey, Wow qui a aussi lancé le party à la toute fin du gala avec une dynamique prestation, sont repartis avec meilleur spectacle. BRBR, nos collègues de TFO, sont repartis avec le prix pour la meilleure émission télé, radio ou web. Autre fait remarquable, l’APCM, qui est un organisme ontarien, a décidé d’ouvrir ses bras à l’Ouest-Canadien et à l’Acadie. Ceci s’est traduit aussi par le prix meilleur album de l’Acadie qui a été remporté par Caroline Savoie pour son album homonyme.

Le gala de l’industrie

La veille, nous avions assisté aussi à la remise de prix de l’industrie. Plusieurs artistes y ont été primés, dont le groupe Dans l’Shed de la Gaspésie en tant que meilleur export-Québec. Cette soirée se déroulait alors que nous étions attablés pour souper. Quelle surprise quand j’ai compris que le farceur bien sympathique assis à mes côtés était Daniel Bédard à qui était décerné le prix hommage pour l’ensemble de sa carrière. Avoir su, nous l’aurions appelé monsieur Bédard depuis le début de la soirée, au lieu de Dan. Il aurait sans doute aussi détesté ça. Daniel Bédard est le genre d’artiste qui travaille dans l’ombre et qui permet à une foule de talent d’émerger. Le résident de Sudbury a contribué aux carrières à des artistes comme Stef Paquette et Chuck Labelle. Il a aussi créé de nombreuses pièces pour des pièces de théâtre, des films en plus réaliser plusieurs albums. Un être humain chaleureux et fascinant à découvrir.

Plusieurs artistes ont été décorés lors de la soirée, dont Shawn Jobin qui a remporté le prix de meilleur vidéoclip alors que Céleste Lévis est reparti avec meilleure présence web. Pandaléon a raflé deux prix pour la réalisation et la prise de son de l’album Atone.

Je dois le dire franchement, j’ai été complètement charmé par l’APCM et son travail essentiel pour soutenir des artistes qui évoluent dans des milieux peu amicaux à leur choix de chanter en français. Je vous rappelle que même à Ottawa, ville où vivent de nombreux francophones, ce n’est pas exceptionnel de se faire répondre en anglais uniquement. Dans un contexte minoritaire, il est d’autant plus important de soutenir les voix qui portent la culture par leur démarche artistique.

On se dit à dans deux ans, l’APCM, j’ai déjà hâte de revenir vous visiter. Pour la liste complète des gagnants, visitez la deuxième page.

http://www.apcm.ca/

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Des premiers noms pour POP Montréal 2017

POP Montréal fêtera son #sweet16 cette année. Ben oui, le festival est rendu à cet âge ingrat où tu fais un party maison, que tu bois trop de bière pour la première fois et que tes parents te trouvent trop saoul. On s’attend donc à toute une fête en septembre. Pour le moment, l’organisation commence tranquillement à nous livrer quelques noms qui seront parmi nous septembre.

I said a hip hop the hippie the hippie to the hip hip hop and you don’t stop

Quelques bons noms de la scène hip-hop sont déjà annoncés. Tout d’abord, nul autre que RZA du mythique Wu-Tang Clan sera à Montréal pour jouer en direct la trame sonore du film The 36th Chamber of Shaolin. Le film mythique va donc rencontrer le rappeur qui voue une passion bien assumée envers les arts martiaux. Les Swet Shop Boys qui comptent parmi ses rangs Heems (Das Racist) seront aussi de la fête. Finalement, c’est les Dead Obies qui sont la cerise sur le sundae de rimes qui se déversera sur l’édition 2017 de POP Montréal.

Des bons produits locaux

The Besnard Lakes sera de la partie tout comme Beyries qui avait été précédemment annoncé. Un groupe qui a fait les beaux et les moins beaux jours de l’indie-rock : The Dears, jouera son album No Cities Left en intégral. De plus, Think About Life sera de retour sur scène au grand plaisir de leurs fans! Ce ne sera pas le seul groupe légendaire qui sera présent. Jean-Guy « Arthur » Cossette membre de Les Jaguars sera en spectacle extérieur à la place Émilie-Gamelin.


 

Et pleins d’autres noms intéressants!

Hurray for the Riff Raff viendra faire un tour à Montréal. On aura droit aussi à une visite d’Austra qui présentera les pièces de son plus récent opus titré Future Politics. En provenance de la Ville-Reine, Jessy Lanza et The Acorn. Le groupe de John Dwyer, les vénérables de Thee Oh Sees seront en ville pour rocker la casbah alors que Vagabon va nous chanter des chansons plus tristes. POP Montréal peut aussi revendiquer quelques grosses prises. Royal Trux fera le voyage des États-Unis tout comme Lady Miss Kier, la fameuse chanteuse de Groove Is In the Heart de Deee Lite. Les amateurs de lourdeur ne seront pas laissés pour compte. King Woman viendra présenter les pièces de son excellent album paru un peu plus tôt cette année. Jay Som sera aussi de la partie. Et que dire de la sublime Weyes Blood? On est bien content. Finalement, pour ceux qui ont les nerfs d’acier, Mount Eerie sera à la Fédération Ukrainienne pour vous faire vivre de grosses émotions tirées d’A Crow Looked At Me.

Une autre édition qui s’annonce bien pour POP Montréal! On a déjà hâte au mois de septembre… mais on va quand même prendre les rayons de soleil de l’été au passage.

https://popmontreal.com/fr/

Périple au festival Santa Teresa

Le festival Santa-Theresa amorçait sa première édition jeudi passé avec une programmation assez charnue dispersée dans six bars, une place extérieure et une église. Franchement, c’était un solide line-up, il y en avait beaucoup à voir, et l’accueillant centre-ville de Sainte-Thérèse était l’endroit rêvé pour un tel évènement.

Le festival a commencé sur une fausse note, avec une performance de Jesse Mac Cormack au bar Prohibition qui fut retardée de plus d’une heure, au grand bonheur de ses fans qui constituaient la moitié du bar qui ne parlait pas pendant l’entièreté du spectacle. Il était un peu décevant de le voir performer dans ces conditions médiocres, d’autant plus qu’il n’était accompagné que de sa guitare acoustique. De ce que j’ai cru entendre, c’était une bonne performance, Les louanges et Lydia Képinski ont eu de meilleures conditions pour leur spectacle, dans un Saint-Graal assez bien rempli et majoritairement silencieux. Les Louanges nous a offert une performance solo un peu fragile, mais bien colorée d’accords jazzés et de quelques acrobaties vocales pour la plupart très bien exécutées. On a même eu droit à un solo de shaker aux influences free-jazz de Lydia Képinski en guise de solo de batterie!

Képinski et son groupe ont ensuite enflammé les saintes planches de leur pop klôpelgag-esque aux tendances électroniques bien originales. L’altiste/claviériste (Blaise Borboën) nous remplissait le spectre harmonique de belles basses profondes, que ce soit avec son Moog ou avec son alto trafiqué par un gigantesque ensemble de pédales. Pendant ce temps, Képinski jouait de sa guitare comme si elle s’était métamorphosée en synthétiseur. Malheureusement, la chanteuse avait quelque peu de misère à garder la tonalité en tête quand tout le groupe jouait, ne pouvant pas s’entendre correctement dans le petit bar. Ça donnait un bon spectacle tout de même. Somme toute, c’est une formation originale, très prometteuse et bien le fun à voir jouer.

Je suis allé terminer ma soirée au mythique Montecristo, en premier lieu en compagnie de Corridor. Le groupe nous a surtout joué de la nouvelle musique, un peu moins dense et saturée, tirée de leur prochain album. C’était pas pire, mais sans plus, un peu comme We Are Wolves, qui ont donné une très bonne performance physique, mais ce au détriment de leur performance musicale. Le groupe était loin de leur studio au Montecristo, où les batteries électroniques sonnaient toutes comme si elles étaient échantillonnées directement d’un drum machine cheap des années 80 – 90… dans chacune de leurs pièces. Ça finissait par être lassant, d’autant plus que les rythmes qui en sortaient n’ont pas la vertu d’être très authentiques. Le batteur aura beau monter sur sa batterie tant qu’il voudra, musicalement ce n’était pas égal à leur album.

Le lendemain, je me suis faufilé dans l’église Sainte-Thérèse-D’Avila pour aller voir Safia Nolin, qui nous a livré une performance un peu monotone, dont un cover de Between the Bars d’Elliott Smith auquel on a enlevé toute pertinence, et ce malgré le gilet de sauvetage vocal de Patrick Watson. Louis-Jean Cormier lui a succédé pour nous interpréter quelques-unes de ses pièces, mieux écrites et surtout beaucoup mieux livrées. Il nous a fait monter beaucoup plus haut que l’on s’y attendrait d’un acte homme-guitare, avec une belle maîtrise de son instrument et de sa voix… Inutile de préciser aussi qu’une église, ça sonne bien en maudit pour ce type de spectacle là.

Je me suis gardé Watson pour le lendemain, par contre, pour courir voir Hoan au Montecristo, qui nous ont offert un spectacle qu’on aurait aussi espéré moins monotone. Techniquement, c’était bien. Les moments les plus subtils étaient assez bien exécutés, mais quand ça avait à monter mettons que ça manquait de jus. Ils auraient avantage à sortir de leur esthétique hipster blasés par moments. La soirée a vraiment commencé avec Suuns, qui a donné un des meilleurs spectacles du festival (sinon le meilleur). Ces gars-là ont tout compris à comment mélanger le dance et le post-rock tout en gardant une esthétique bien punk déglinguée. Les grosses basses de leurs synthés et les énormes rythmes de batteries ont complètement réussi à réchauffer l’assistance. Techniquement, c’était impeccable, presque tout était au quart de tour, le batteur est une machine (il a été parfaitement synchro avec le drum machine pendant tout le long du spectacle… sans clic), le chanteur est démoniaque, le claviériste et le guitariste/bassiste sont plus renfermés dans leur équipement, mais ils n’en sont pas moins excellents… L’énergie était là, l’ambiance était là, on avait le goût que ça dure toute la soirée.

La barre était donc haute pour les excentriques Duchess Says, qui ont relevé le défi avec un spectacle complètement sauté et partiellement ésotérique. Annie-Claude Deschênes, qui constitue l’essence de leur esthétique live, n’a pas attendue longtemps pour aller se promener dans le pit et ce, jusque dans le fond de la salle. Elle y est restée essentiellement tout le spectacle, en lançant des bonbons et des serviettes aux fans, les coiffant d’une casquette déguisée en tête d’animal étrange, etc. Ça donnait l’impression d’être dans une secte par moment. Somme toute, c’est un excellent groupe en live, bien que la musique soit quelque peu négligée par moments.

La dernière journée s’est entamée au bar Prohibition avec Peter Henry Phillips, qui nous a fait une belle performance dans, bar oblige, de piètres conditions. Vraiment, c’était presque insultant pour lui d’avoir autant de gens crier par dessus les haut-parleurs… Un choix de salle étrange de la part des organisateurs.

Je suis ensuite passé voir Alaclair Ensemble, qui n’était pas à leur meilleur dans la froideur du printemps, avant d’aller me rasseoir sur les bancs de l’église de Sainte-Thérèse pour assister à la performance de Wilsen et de Patrick Watson (pour vrai cette fois là). Comme je m’y attendais, Wilsen n’a pas beaucoup réchauffé la salle avec leur performance en grande partie monotone, et même lassante. Soit les quatre musiciens croyaient vraisemblablement qu’ils étaient encore en studio, soit ils étaient pétrifiés devant la magnificence de la salle dans laquelle ils jouaient.

Une chose est sûre, ils ont des croûtes à manger pour accoter Patrick Watson et ses acolytes. Ils ont donné comme toujours une performance presque sans lacunes… Bien des groupes auraient à apprendre d’eux; ils utilisent à la perfection toutes les émotions pouvant être soutirées à leur musique, zigzaguant entre les passages ultra-puissants, le volume dans le fond, et ceux plus doux parfois mêmes se défaisant de leurs micros, avec une agilité hors du commun. Évidemment, une grosse partie de la job est faite quand on s’entoure de tels musiciens, autant versatiles qu’expérimentés (pour la plupart)… La seule vraie lacune de son spectacle, c’est son dernier album. Les pièces de celui-ci sont vraiment moins intéressantes, et vu qu’une grande partie du set est composé de pièces de son dernier album, ça brise un peu la fluidité et l’excellence de la chose. Ils ont aussi joué deux nouvelles pièces qui ne semblent pas vouloir être bien différentes, il faut espérer que son prochain soit à la hauteur de ses anciens, pour que son prochain spectacle soit au maximum de son potentiel. Mais c’est là qu’on voit le talent de la bande : même avec des pièces moins intéressantes, il réussit à captiver et à donner le meilleur spectacle possible.

Le festival s’est terminé pour moi avec Dilly Dally. Leur post-punk lo-fi et guttural, donne une performance intéressante… sans plus. C’était bien exécuté, ça groovait, mais ça devenait long rapidement. Peut-être la chanteuse était-elle trop préoccupée par l’hémorragie qui l’a frappée à l’index vers le début du spectacle. Si c’est le cas, ce n’est pas très punk.

Somme toute, les organisateurs de Santa-Theresa ont bien fait ça pour une première édition : ils ont choisi une belle brochette d’artiste assez varié, ont mis beaucoup de très bons artistes undergrounds en premier plan et ont choisi un beau site avec des salles pour la plupart adéquates pour les spectacles qui s’y trouvaient (sauf le maudit bar Prohibition)… Vraiment, ça fait du bien un autre festival qui ne fonctionne pas uniquement sur l’apport de capital des artistes, comme certains le font à excès. C’est une bonne première aventure qui, je l’espère, sera suivie par plusieurs autres encore plus variées!

http://www.santateresa.ca/