Électronique Archives - Page 66 sur 67 - Le Canal Auditif

Akido – Undark

aKido est le pseudonyme du producteur et compositeur montréalais Kim Gaboury. Ce dernier peut se vanter d’un certain nombre de réussite à son actif. Tout d’abord, il a composé la musique pour plusieurs émissions et publicités, dont la série Vices Cachés qui mettait en vedette Luc Picard. De plus, Gamechanger, son album précédent a été mis en nomination aux Independant Music Awards et à l’ADISQ dans la catégorie électronique. Gaboury, alias aKido, arrive à présent, avec son quatrième opus titré Undark.

Les premières notes de A Day In The Afterlife donnent immédiatement l’atmosphère du disque. L’album est un très beau mélange de musique planante et d’électronique un peu sombre. D’ailleurs, Gaboury compose tout et majoritairement seul. Les deux contributions à l’album sont au niveau des voix et il s’agit d’Alexandre Désilets et Christina Musacchio. Désilets est fidèle à lui-même sur cet album, toujours aussi planant et doux. De son côté Musacchio embarque dans ce vol de nuit en livrant des harmonies et des mélodies fort intéressantes.

Deux chansons détonnent quelque peu de l’ensemble (et ce n’est pas un reproche), New Years Eve et Evermore, qui démontre une influence certaine de Sufjan Stevens et son album The Age Of Adz. On retrouve le même type de changement de rythme et surtout la grandiloquence des sonorités qui ont fait la renommée de l’américain. Par contre, aKido abuse un peu moins des effets de délai que Stevens affectionne tant. L’opus nous amène aussi dans des recoins plus électro avec Thirteen et All Your Fears. Il faut dire que Gaboury, sans réinventer la roue, compose très bien et l’album s’écoute bien d’un bout à l’autre.

Petite déception, la durée du disque: à peine plus de trente minutes. Par contre, l’album coûte ce que vous voudrez bien payer sur le site du compositeur… un trente minutes bien investi! Vous pouvez d’ailleurs aller faire un tour sur le site pour tester la marchandise avant de l’acheter à l’adresse mentionnée au bas de l’article.

Ma note : 7/10

Akido
Undark
Indépendant
30 minutes

akidomusic.com/

http://www.youtube.com/watch?v=ryI3O356lNE

Grimes – Visions

La semaine dernière, j’ai posé mes oreilles sur l’album de Grimes, alias Claire Boucher, intitulé Visions. Originaire de Vancouver et domiciliée à Montréal, la jeune artiste, âgée de 23 ans seulement, avait fait paraître en 2010 Halfaxa sur le label confidentiel Arbutus Records. Fait important : Visions sera distribué par 4AD et aura droit à tout le support médiatique qu’il mérite, car l’œuvre iconoclaste de Claire Boucher en vaut réellement le détour. Visions est un mélange hétéroclite d’électro, de pop psychédélique, auréolé d’une voix vaporeuse et haut perchée rappelant parfois Elizabeth Fraser de Cocteau Twins et agrémenté de mélodies flirtant avec le R & B. Une atmosphère mystérieuse, immatérielle et inquiétante se dégage de l’album. Un ovni, qui j’avoue, m’a quelque peu bousculé à la première écoute.

La première moitié du disque se veut assurément plus captivante et rythmée. Je fais référence aux morceaux suivants : la pop Oblivion, l’électro pop minimaliste de Vowels = Space And Time, l’excellente Visiting Stone et la soufflante Be A Body. Par la suite, la création prend une tangente plus expérimentale qui vient conforter cette perception de participer à une étonnante expédition auditive. De Coulour Moonlight (Antiochus), en passant par la prenante Symphonia (My Wait Is U), l’ambiante Night Music, la quasi soul/R & B titrée Skin et finalement, la courte mais frémissante Know The Way… Incontestablement, ce Visions est un opus d’un avant-gardisme inconditionnel.

Bien entendu, cette œuvre manque de maturité. De plus, certains auditeurs pourraient être radicalement exaspérés par cette voix infantile «auto-tunée» et ces innocentes mélodies quelque peu sirupeuses, mais on ne peut reprocher à Grimes une absence de créativité. Visions est tout sauf lassant et linéaire, et ce, même s’il est conçu exclusivement de machines, claviers et boucles électroniques. Sans contredit, une artiste à suivre qui vient de laisser une empreinte indélébile avec cette galette. Si vous avez envie de vous frotter les oreilles sur un disque unique en son genre et qui exige un effort auditif accru, Visions est pour vous! Un univers musical qui ne laissera personne indifférent!

Ma note : 7/10

Grimes
Visions
4AD
48 minutes

www.myspace.com/boucherville

Air – Le voyage dans la lune

La semaine dernière, le duo français formé de Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin, nommé Air, présentait son huitième album intitulé Le Voyage Dans La Lune. La musique de Air se compose de fragments de musique électronique, de pop et de rock psychédélique. Le tandem a connu le succès grâce à l’album Moon Safari paru en 1998. Après quelques créations décevantes, Air revient avec une trame sonore directement inspiré du classique cinématographique créé par George Méliès en 1902.

Cette fois-ci, Air n’a pas raté son coup concevant une envoûtante odyssée quasi instrumentale de trente minutes. Bien évidemment, les claviers trônent au sommet. Mellotron, Wurlitzer, piano et synthétiseurs vintage habillent adroitement cette musique aux inflexions parfois jazz, parfois rock. Les structures doucement complexes sont loin d’être rébarbatives à l’oreille. L’ensemble demeure délicieusement accessible. Mes chouchous : Astronomic Club, la dramatique Seven Stars, la remarquable Parade (qui fait penser à un thème d’émission de télé issu des années 70), Sonic Armada et l’ensemble se termine avec la prog Lava. En effet, un Voyage Dans La Lune convaincant, captivant, intelligible qui donne envie de revenir y déposer nos oreilles.

Après avoir assisté au lent déclin de Air, cet opus ramène à la vie de façon éloquente le duo versaillais. Un disque concis qui confère à l’œuvre une efficacité formidable. Rien de superflu, et surtout, pas de remplissage inutile. Le Voyage Dans La Lune va à l’essentiel! Sans être aussi prenant que Moon Safari, cet album est tout simplement divertissant à écouter. Sans conteste, ce disque fera le bonheur des adeptes de musique électronique intelligente, aux sonorités seventies, à l’architecture sonore juste assez inventive et singulière pour ne pas décourager l’auditeur moyen. Une galette qui viendra se blottir régulièrement dans mon canal auditif. Un soubresaut qui laisse présager de belles choses pour le devenir de Air. Un disque distrayant et fort intéressant!

Ma note : 7/10

Air
Le voyage dans la lune
EMI/Aircheology
32 minutes

//fr.aircheology.com/

http://www.youtube.com/watch?v=klPHW0Oi6s0

Die Antwoord – Ten$ion

Ninja, Yo-Landi Vi$$er et DJ Hi-Tek ça vous sonne une cloche? Ces trois artistes sud-africains forment Die Antwoord; formation qui mélange le rap, l’euro trash, le dubstep et la techno de manière tout à fait avant-gardiste. Ces extraterrestres musicaux ont fait paraître leur deuxième album intitulé Ten$ion qui faisait suite à $O$; disque fort bien reçu par la critique. Difficile de cerner Die Antwoord. Sont-ils de véritables fous créatifs ou simplement de vulgaires bourgeois afrikaners? Sont-ils d’authentiques dévergondés décadents ou encore des intellos provocateurs? Chose certaine, ils ne laissent personne indifférents avec leur look trash et leur propos déliquescents. Oreilles sensibles s’abstenir…

L’album démarre sur des chapeaux de roues avec l’énergisante Never Le Nkemise Pt. 1, suivi du jouissif simple I Fink U Freeky. La fédératrice Hey Sexy survient et me donne une soudaine envie de me défouler sur un dancefloor au facteur humidex extrêmement élevé! Le rap tribal de Fatty Boom Boom réussit à accrocher à mon visage une banane faisant office de sourire. Après l’interlude Zefside Sol, la très gangsta rap So What? fait irruption dans mes oreilles; un titre moins jubilatoire. La très euro dance Baby’s On Fire, le hip-hop de U Make A Ninja Wanna F**k et DJ Hi-Tek Rulez m’ont laissé sur une sensation de coït interrompu. Autant la première moitié de la galette me réjouissait, autant la deuxième partie m’a laissé sur mon appétit. Une exception: la palpitante Fok Julie Naaiers.

L’effet de surprise de $O$ disparu, est-ce que Ten$ion comble les attentes? Oui et non. Oui, au sens où, la décadence poussée à l’extrême de Die Antwoord est toujours d’actualité. Des obscénités lancées avec tellement de démesure qu’elles font beaucoup plus sourire qu’elles ne scandalisent. Non, au sens où, malgré les efforts effrénés que Die Antwoord met à sortir des sentiers battus, Ten$ion n’a pas l’impact de $O$; les morceaux faiblards venant trop souvent côtoyer les pièces jouissives et lubriques. Un disque à éviter pour les canaux auditifs plus conformistes. Pour ceux qui aiment se secouer le popotin sur une piste de danse en feu… cette galette vous est destinée!

Ma note : 5,5/10

Die Antwoord
Ten$ion
Zef Records
38 minutes

//dieantwoord.com/

Justice – Audio, Video, Disco

Justice est un duo français composé de Xavier de Rosnay et Gaspard Augé qui donne dans la musique électronique. Sans aucun doute, ils sont les dignes héritiers de Daft Punk et Chemical Brothers. En 2007, ils ont largué dans nos oreilles une bombe électro rock titré tout simplement Justice. Quatre ans plus tard, ils sont de retour avec Audio, Video, Disco; un disque fort attendu et paru la semaine dernière. À la hauteur?

Premièrement, ce disque se veut un hommage électro pop bien senti à la musique rock des seventies. Moins brutal et exubérant que l’album antérieur, la galette ne renferme aucun brûlot mémorable, mais Audio, Video, Disco est une création qui s’écoute bien d’un bout à l’autre. Après quelques auditions, on constate manifestement que cet album n’atteint pas le climax et l’intensité du précédent effort mais offre quand même quelques bons moments tels que Ohio et ses harmonies vocales à la Queen, l’électro pop rock On’N’On, Brainvision qui aurait pu faire partie de la trame sonore du classique cinématographique de Stanley Kubrick, Orange Clockwork, la dansante Civilization et ce, sans oublier le premier extrait : Audio, Video, Disco.

Par contre, les fans de la première heure pourraient être déçus par le ton plus posé et moins ravageur que l’album éponyme. Audio, Video, Disco est un très bon disque qui s’apprivoise d’une écoute à l’autre et qui constitue une excellente trame sonore, si vous appréciez les balades en voiture. Si vous chérissez Daft Punk, Chemical Brothers, le prog-rock des années ’70 et les synthétiseurs « vintage », ce disque sera un régal pour vos oreilles!

Ma note : 2,5/5

Justice
Audio, Video, Disco
Ed Banger Records
46 minutes

myspace.com/etjusticepourtous

http://www.youtube.com/watch?v=4tQsliLK5Uc&ob=av2n