Chroniques Archives - Page 3 sur 138 - Le Canal Auditif

Osheaga 2017 : Première journée

La messe des mélomanes, qui favorisent l’indépendant et la pop, était de retour une fois de plus au Parc Jean-Drapeau. Petit changement cette année, les activités étaient déplacées sur l’île Notre-Dame en raison des travaux sur l’île Ste-Hélène. Gare aux festivaliers : mieux vaut arriver tôt parce que tous les chemins mènent à Rome… mais certains sont plus longs que d’autres.

On n’est pas fait en chocolat, mais…

Dès le début des festivités, Mère Nature a fait savoir sa présence. Le pauvre Andy Shauf n’a eu que le temps de jouer trois petites ritournelles avant que les orages prennent le dessus et renvoie tout le monde se réfugier sous des tentes ou encore… dans la section VIP. Cela a pris un peu plus d’une heure pour que les spectacles reprennent. Bon… Cela a permis d’oublier que De La Soul ne s’était tout simplement pas présenté. Badbadnotgood a repris, mais quelques instants à peine après le début, les festivaliers ont pris une douche de plus. Après quelques mesures de précautions qui se résument à quelques sacs de plastique pour entourer le clavier et les moniteurs, la bande torontoise a repris du service. Cependant, gêné par l’équipement moins accessible, nous avons surtout eu droit à des reprises du thème de Mission Impossible et Seven Nation Army des White Stripes. Pas exactement ce qu’on veut entendre du groupe jazz aux rythmes hip-hop.

Cette mauvaise température a sévi toute la soirée et n’aidera en rien les billets invendus pour la journée de vendredi et les suivantes. En fait, voilà bien une édition particulière, où le guichet n’affiche pas complet.

À la lumière du jour, le vrai stock

Les deux performances les plus intéressantes ont été livrées par Sampha et Car Seat Headrest qui jouaient l’un à la suite de l’autre sur des scènes qui se font face. Deux artistes très différents qui ont chacun relevé le défi.

L’artiste anglais Sampha, dont l’album Process est en nomination pour le prix Mercury, a offert une solide performance où il a prouvé ses qualités de chanteur et de musicien. Parfois jouant du piano, en chantant d’une voix aussi émouvante que puissante, il a prouvé qu’il est dans une classe à part. La touchante (No One Knows Me) Like the Piano Instro et la puissante Plastic 100 °C étaient des moments forts de sa performance. Étonnamment, son tube à succès Blood On Me n’avait pas le même dynamisme qu’en album. Sampha devait chanter très haut pour toucher la note et cela réduisait sa puissance. Bon, on jase là… c’était vraiment très bon.

Puis, Car Seat Headrest, alias Will Toledo et sa bande, a pris la scène. Sans ordre de chansons prédéfini, ils nous ont balancé plusieurs pièces de Teens of Denials. Fill In the Blank, Destroyed By Hippie Powers et Vincent ont toutes frappées dans le mile. C’est avec l’excellente Drunk Drivers/Killer Whales qu’il nous a achevés. Une performance puissante et sans prétention qui montrait un grand sens de la musique. Toledo a choisi ses chansons les unes après les autres en faisant fi d’une préparation coulée dans le béton. En fait, cela a demandé à tout le groupe beaucoup plus de contrôle et d’audace. Chapeau.

Et si je pleure dans la pluie

MGMT a offert un concert très satisfaisant où ils faisaient surtout référence à l’album qui les a fait connaître : Oracular Spectacular. Time to Pretend et Electric Feel ont mené cette charge directe vers les spectateurs qui ont apprécié malgré les conditions météorologiques précieuses. En bonne forme, le groupe a satisfait les mélomanes.

Avant la fin de leur prestation, je me suis dirigé vers la scène des arbres pour voir Hamilton Leithauser. Le chanteur du groupe The Walkmen a offert plusieurs chansons, dont A 1 000 Times tirée de son album avec Rostam. Une performance correcte, mais qui manquait un peu de punch. Au point où certaines jeunes demoiselles devant moi préféraient se filmer au concert plutôt que d’écouter Leithauser livrer ses chansons. Et elles n’étaient pas seules. Est-ce que j’ai tweeté pendant ce temps?

Justice a dû aussi vivre avec le mauvais temps, mais cela ne les a pas empêchés de faire danser la foule nombreuse qui s’était amassée devant eux. Derrière leurs machines et claviers, le duo a fait shaker du popotin à Montréal. Leur mise en scène sobre, mais efficace était parfaite pour accompagner les chansons entraînantes de la formation française.

Finalement, c’est Lorde qui est venu clore la soirée. Celle qui récolte les fleurs depuis la sortie de Melodrama a assuré telle une championne devant la foule gigantesque massée à ses pieds. Enchaînant les tubes de son plus récent, dont Homemade Dynamite avec Tove Lo (en personne et qui jouait aussi vendred, un peu plus tôt), elle a prouvé sa force. Se trouvent peu de chanteuses pop avec autant de flair artistique et de caractère. Visiblement contente de pouvoir jouer en entier, contrairement à sa performance à Chicago, où le temps a eu raison d’elle. Elle a finalement interprété cette nouvelle chanson en faisant avancer son guitariste plus près de la foule. Une performance tout à fait réussie pour la Néo-Zélandaise.

Bref, malgré le temps mauvais cette première journée d’Osheaga n’était pas si mal. Je vais maintenant aller porter mon linge à la sécheuse si vous le voulez bien.

https://www.osheaga.com/

Les 3 étoiles du 4 août 2017

Dan Mangan – WHISTLEBLOWER

Dan Mangan revient avec une chanson aussi douce que poignante. Mangan a mis en mot son impression de la colère qui prend trop de place dans nos vies. Le vidéo en lui-même est marquant passant de la colère à la douleur, en simplicité, presque avec manque de pudeur. De la même façon, Mangan est seul à la guitare avec ses cordes vocales. C’est intime et tout à fait réussi. La chanson est accompagnée de ce texte :

Seems there is a lot of anger in the world. Anger can be important. Anger can topple tyrants. Anger can be a catalyst to growth. But if it becomes the default lens through which the world is seen, it can blind us from the redemption or beauty that can be found in this absurdity of errors. This video does not intend to incite anger, but it does rally to work through it and find the other side of it. To find resolution, forgiveness, and peace.


 

The World is a Beautiful Place and I am No Longer Afraid to Die – Dillon & Her Son

Le dernier album de la formation date de 2015 avec le très appréciable Harmlessness. Voici que la bande annonce son successeur avec Always Foreign qui paraîtra le 29 septembre prochain. La première chanson surprend par son attaque très rock et sa distorsion chaude présente tout au long. C’est toujours mélancolique, mais moins que par le passé. Est-ce que le groupe s’aventurerait dans des contrées sonores nouvelles sur cet album? Ça pique tout de même la curiosité.

Circuit des Yeux – Paper Bag

Hayley Fohr rejoint la maison de disque Drag City pour la sortie de ce nouvel album. La femme à la voix unique et particulière annonce du même coup la sortie de Reaching for Indigo! le 20 octobre prochain. Elle nous envoie l’intéressante Paper Bag comme avant-goût. Son folk est étrange et sur ce simple, elle en met plein la vue, passant de sonorités de claviers à un riff de guitare acoustique mélodieux, quoiqu’atypique.

La playlist à Boubi d’août 2017

Salut les mélomanes!

Ça fait quelque mois maintenant que je suis sur Spotify, et étrangement, je n’ai jamais autant fait de découvertes par moi-même. Ce qu’on me présente dans les mix qui me sont dédiés est beaucoup trop lisse et me plait une fois sur deux; ce qu’on y met dans les playlists officielles ne me surprend pas vraiment. On dirait que les découvertes faites par moi-même seront toujours plus plaisantes et plus surprenantes que celles qu’on me propose. Loin de moi l’idée de parler en mal du géant du streaming. Spotify donne accès à monsieur madame Tout-le-monde accès à une tonne de musique pour pas cher, ce qui est quand même cool. Ça me donne encore plus de moyen pour gratter plus loin et découvrir des trucs qui sortent de l’ordinaire.

Bref, tout ça pour dire que vous trouverez dans la playlist Rose Fargo, Canon Blue, Phoebe Bridgers, Alvvays, Catherine Leduc, Fuudge, D R M S, la nouvelle de Wolf Parade, Corridor, Hundred Waters, Ludovic Alarie pis pleins d’autres.

Bonne écoute!

 
 

 
 

Les 10 albums à surveiller en août 2017

Dead Cross – Dead Cross (4 août)

Dead Cross est un nouveau groupe de punk hardcore à apparaître sur la scène californienne. La formation est composée de membres qui ont tous fait leurs preuves auparavant : Mike Patton (Faith No More et Fantômas), Mike Crain (Retox), Justin Pearson (Retox et Head Wound City) et Dave Lombardo (ex-Slayer et Fantômas). Patton est toujours aussi excentrique et ses maniérismes vocaux collent à merveille à la musique brutale du groupe.


 
 

Oneohtrix Point Never – Good Times OST (11 août)

Le musicien Danien Lopatin lancera à la mi-août la trame sonore du film Good Times, un drame judiciaire réalisé par Ben et Josh Safdie et qui a été sélectionné pour la compétition officielle de la Palme d’Or à Cannes. D’ailleurs, Oneohtrix Point Never a remporté le prix de la meilleure trame sonore de film pour celui-ci lors du festival. En attendant le reste de l’album, vous pouvez vous remplir les oreilles de la touchante et émouvante The Pure and the Damned sur laquelle chante Iggy Pop.


 
 

Photay – Onism (11 août)

Photay est le nom de scène d’Evan Shornstein. Ce jeune compositeur de musique avait fait tout un tabac avec son premier EP en 2014. Voici qu’il lancera un premier album en bonne et due forme, le 11 août prochain. Si l’on se fie aux simples parus à ce jour, le jeune homme réussi toujours à naviguer dans les eaux de l’électronique d’avant-garde tout en y insérant un minimum de mélodie. C’est très convaincant.


 
 

Cloakroom – Time Well (18 août)

Cloakroom est un groupe à la mélancolie pesante qui avait fait paraître le très appréciable Further Out en 2015. Voici qu’ils reviennent avec Time Well qui semble se poursuivre dans la même veine de tristesse distorsionnée. Seedless Star exulte ce son qui se se rapproche des chansons plus douces de Deftones et celles des groupes emo des années 90 comme Sunny Day Real Estate et Pedro The Lion.


 
 

Grizzly Bear – Painted Ruins (18 août)

Le groupe américain Grizzly Bear s’apprête à lancer son 5e album, Painted Ruins, en août. Ceux qui avaient très bien fait sur Shields sauront-ils offrir un autre album d’aussi grande qualité? Quatre simples sont apparus sur le net dans les deux derniers mois et à date, on peut dire que c’est très satisfaisant pour les tympans. Leurs mélodies vocales sont toujours aussi riches, leurs trames originales et leur son nuancés.


 
 

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Les EP à LP du mois de juillet 2017

Holy Fuck – Bird Brains

On est rarement déçu lorsqu’Holy Fuck lance un album. Et la règle se poursuit pour les EP. Voici que la formation canadienne nous catapulte Bird Brains, une collection de quatre chansons qui mettent de l’avant leur électro aux tendances violentes. Le groupe a enregistré le tout live en studio et c’est cette énergie brute qui se fait sentir sur les quatre titres. Que ce soit la pièce-titre ou la quasi dansante New Dang, c’est réussi pour le groupe.


 
 

DJ Shadow – The Mountain Has Fallen

Le vétéran des tables tournantes DJ Shadow a fait paraître The Mountain Will Fall en 2015. Voici qu’il rapplique avec un EP de quatre chansons sur lesquelles on retrouve des collaborations de Danny Brown et Nas! Ce dernier offre une savoureuse Systematic, qui nous rappelle à quel point il est efficace avec les mots et habile à peindre des toiles limpides. Danny Brown de son côté livre une performance de niveau sur Horror Show, une pièce noire et inquiétante.


 
 

Zen Bamboo – Juvénile Vol.1

Le combo Zen Bamboo était déjà présent sur les planches depuis quelques mois. Le quatuor est composé de Simon Larose, Léo Lewhite, Xavier Touikan et Cao. Ils sont jeunes, ils sont fous (même que Simon s’est cassé la clavicule au lancement) et ils sont énergiques. Le rock porte des relents de Jean Leloup et des Colocs, mais avec pas mal plus de guitares dissonantes et plus de bruits. C’est pas mal plaisant pour les oreilles. Un groupe qu’il va falloir garder à l’œil et à l’oreille. En plus, ce n’est le premier qu’une suite de volumes qui formeront en fin de compte un album.

Nine Inch Nails – Add Violence

Ce nouvel EP de Nine Inch Nails, qui a fait paraître Not the Actual Events à la toute fin de 2016, prend une route passablement différente. C’est un peu plus doux et beaucoup plus mélodieux. On retrouve Trent Reznor et sa bande dans un trip post-Downward Spiral sans le côté expérimental qui avait tendance à nous perdre. C’est aussi beaucoup plus conventionnel dans la construction de chanson. Honnêtement, c’est du Nine Inch Nails facile à écouter et totalement satisfaisant. Ce ne sont pas leurs meilleures chansons en carrière, mais ça fait la job.


 
 

Martel Solo – Salade Mentale

J’avais manqué de temps et de place pour parler de ce délicieux EP en mai passé. Martel Solo fait paraître un quatre-titres qui a de la gueule. Entre l’électro-pop noir de Les ouananiches et la légèreté de Le monde est fucké icitte, on retrouve un Martel Solo en pleine possession de ses moyens. C’est toujours très mélodieux et souvent très bizarre. On aime, c’est une bébitte unique et intéressante que Martel Solo.
 
 
 

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