Chroniques Archives - Page 3 sur 120 - Le Canal Auditif

La finale des Francouvertes 2017

Nous étions conviés par cette froide journée de mai pour la grande finale des Francouvertes 2017. Laurence-Anne, Les Louanges et Lydia Képinski étaient les trois artistes qui avaient réussi à se tailler une place dans l’ultime trio d’une édition particulièrement professionnelle. Du début à la fin, les artistes qui sont montés sur scène ont fait preuve d’un grand talent et surtout d’un professionnalisme dans leur manière de livrer leurs chansons. Mais voilà, ils ne sont que trois.

Le micro était d’abord donné aux deux porte-parole, Rosie Valland et Philippe Brach, qui venaient casser de nouvelles chansons. C’est d’abord, Valland qui a pris la scène en solo, avouant au passage qu’elle était stressée parce que le Club Soda, c’est une grosse scène pour essayer de nouvelles chansons. Pourtant, elle a fait ça avec panache. La preuve que la jeune femme n’est vraiment plus une débutante. Une première chanson réussie, qui a été suivie d’une deuxième, appuyée par Brach à la voix. Elle a par la suite laissé la place à Philippe Brach qui a commencé une chanson qu’il a arrêtée brusquement pour nous dire : « des débuts de tounes pas finies j’en ai une chié. » Sacré Brach! Il a joué sur une guitare pas ploguée, avec un son qui passait par un seul micro. Ça donne une atmosphère assez intime et le fun. Il dit aussi que Rosie Valland et lui-même sont les deux porte-parole les plus sombres du concours. Mais l’an prochain, ce sera Marco Calliari… Le Club Soda a éclaté de rire aux pitreries bien sympathiques du barde pas barré.

La première à prendre la scène était Laurence-Anne. Elle a entamé avec deux chansons solides qui ont donné le ton à la suite. Entre la deuxième et troisième chanson, elle a expliqué la présence des feuilles de Bounce. Elle les a mis sur les tables plus près de la scène pour ajouter une expérience olfactive à sa prestation. Une attention pour essayer de multiplier les plaisirs sensoriels de cette finale. Elle comptait aussi sur un petit nouveau dans l’équipe : Étienne Dupré prenait la place de David Marchand parti chez les voisins du Sud avec Eliza. Naomie De Lorimier a été la personne qui retenait le plus l’attention après la protagoniste principale. Ses harmonies vocales étaient magnifiques et donnaient une dimension puissante aux chansons qu’on avait pourtant déjà entendues quelques fois. Le seul bémol de la prestation était sa finale. Après une chanson qui se termine dans une cacophonie bruyante et délicieuse, elle a entamé une pièce en solo intitulé : Poison. La pièce est bonne, mais j’aurais préféré rester sur la catharsis de la finale précédente.

Puis c’était au tour du groupe de Vincent Roberge de nous faire miroiter ses plus beaux atours. Une chose était claire, le groupe n’était pas équipé pour faire sonner ses instruments dans un Club Soda, particulièrement au niveau de la guitare. Mais on ne peut en vouloir à la bande de ne pas posséder deux immenses cabinets Orange! Vincent Roberge nous a livré une Encephaline en solo tout à fait délicieuse qui faisait place à une vulnérabilité magnifique. Le groupe nous a aussi offert une pièce qu’on n’avait pas entendue auparavant sur laquelle Nathan Vanheuverzwijn s’est fait aller les doigts avec beaucoup d’adresse. Vincent Roberge était un homme nerveux et ça paraissait dans sa façon de dialoguer avec le public entre les chansons. Le jeune homme semble avoir pris personnellement les commentaires sur ses interventions. Entre le moment où il nous explique qu’il est nerveux parce qu’il sait qu’il parle trop et le moment où il nous parle enfin de la chanson, on se sent pris dans un limbo. Pourtant, lorsqu’il est en confiance, tout cela disparaît. Il l’a montré avec l’excellente La Bombe Atomichaëlle.

Finalement, c’est Lydia Képinski qui fermait la marche. Celle qui était pressentie dès le début pour remporter l’édition 2017 n’a pas déçu. Elle a commencé en solo avec M’attends-tu avant de se faire rejoindre par son groupe pour Apprendre à mentir. C’était totalement réussi. Elle nous a emmenés progressivement dans son univers avant de nous lancer une Andromaque toujours aussi efficace. La jeune femme nous a aussi posé la question de la soirée : « Il y en as-tu qui sont déjà tombés en amour? Avec un mineur? J’ai appris que c’était illégal d’avoir une relation sexuellement avec quelqu’un de 17 ans.» Pour ensuite lancer une pièce qui vient de prendre une tournure complètement différente. Les paroles : « on se revoit dans 365 jours » prennent un sens nouveau.

Au final, nous sommes forcés d’admettre que les trois participants ont livré de bonnes prestations et que peu importe le résultat, c’est Laurence-Anne qui a donné le meilleur spectacle alors que Lydia Képinski a le projet le plus abouti. Bref, ils sont tous bons! C’est finalement cette dernière qui a enlevé les grands honneurs. Beaucoup de sueurs, de travail et de plaisir ont croisé le parcours des finalistes de l’édition 2017et ils ont fait preuve de beaucoup de courage et d’ardeur au travail. On les salue bien bas. On se revoit l’an prochain. En attendant, voici les lauréats de tous les prix de la soirée.

Prix du public : Joey Robin Haché

Prix de la SODRAC : Lydia Képinski pour Andromaque

Prix Ici Musique: Les Louanges

Prix ROSEQ : les Louanges

Prix Ambiances Ambiguës : Lydia Képinski

Prix En Scène : Les Louanges

Prix Quartier des spectacles : Les Louanges

Prix SDC Hochelaga – Maisonneuve : Les Louanges

Prix Première scène Mont – Tremblant : Lydia Képinski

Prix Les productions d’Albert : Laurence-Anne

Prix du Festival Diapason : Lydia Képinski

Prix du Festival d’Été de Québec : Lydia Képinski

Prix du Coup de Coeur Francophone: Lydia Képinski

Prix du Festif! : Lydia Képinski

Prix des Francofolies: les Louanges

Prix du Théâtre du marais : Laurence – Anne

Prix Réseau – scène : Lydia Képinski

Grand prix:

3- Laurence-Anne
2- Les Louanges
1- Lydia Képinski

http://francouvertes.com/

Les lauréats du Gala des prix Trille Or 2017

L’APCM présentait vendredi dernier la remise des prix Trille Or. Ce gala récompense des artistes franco-canadiens hors Québec. Parce que faire de la musique dans un marché minoritaire comme au Québec, ce n’est pas facile. Je vous laisse vous imaginer la situation quand tu vis à Saskatoon… disons qu’une bonne dose d’amour au deux ans, ce n’est vraiment pas de trop. Et pour cette 9e édition, c’est Mehdi Cayenne et Anique Granger qui ont été les plus décorés. Le gala des prix Trille Or a duré 1 h 30! UNE HEURE TRENTE. Allo, les québécois, on prend des notes svp, ce n’est pas nécessaire de s’éterniser. Bravo l’APCM, vous êtes bien efficace. Une heure et demie a été animée avec brio et humour par Vincent Poirier.

Le gala

Mehdi Cayenne a monté trois fois sur les planches du Centre des arts Shenkman pour recevoir les prix de meilleur interprète masculin, meilleur album pour Aube et chanson primée pour La pluie (particulièrement de circonstance avec la grisaille ambiante). Granger est repartie pour sa part avec le Trille Or pour meilleure interprète féminine et meilleure auteure-interprète-compositrice en plus de remporter meilleur export ouest au gala de l’industrie qui s’était tenu la veille. On y reviendra.

Pandaléon pour sa part est reparti avec le prix de meilleur groupe tandis que les Fransaskois de Ponteix sont repartis avec le meilleur EP et le prix découverte. Le groupe franco-ontarien Hey, Wow qui a aussi lancé le party à la toute fin du gala avec une dynamique prestation, sont repartis avec meilleur spectacle. BRBR, nos collègues de TFO, sont repartis avec le prix pour la meilleure émission télé, radio ou web. Autre fait remarquable, l’APCM, qui est un organisme ontarien, a décidé d’ouvrir ses bras à l’Ouest-Canadien et à l’Acadie. Ceci s’est traduit aussi par le prix meilleur album de l’Acadie qui a été remporté par Caroline Savoie pour son album homonyme.

Le gala de l’industrie

La veille, nous avions assisté aussi à la remise de prix de l’industrie. Plusieurs artistes y ont été primés, dont le groupe Dans l’Shed de la Gaspésie en tant que meilleur export-Québec. Cette soirée se déroulait alors que nous étions attablés pour souper. Quelle surprise quand j’ai compris que le farceur bien sympathique assis à mes côtés était Daniel Bédard à qui était décerné le prix hommage pour l’ensemble de sa carrière. Avoir su, nous l’aurions appelé monsieur Bédard depuis le début de la soirée, au lieu de Dan. Il aurait sans doute aussi détesté ça. Daniel Bédard est le genre d’artiste qui travaille dans l’ombre et qui permet à une foule de talent d’émerger. Le résident de Sudbury a contribué aux carrières à des artistes comme Stef Paquette et Chuck Labelle. Il a aussi créé de nombreuses pièces pour des pièces de théâtre, des films en plus réaliser plusieurs albums. Un être humain chaleureux et fascinant à découvrir.

Plusieurs artistes ont été décorés lors de la soirée, dont Shawn Jobin qui a remporté le prix de meilleur vidéoclip alors que Céleste Lévis est reparti avec meilleure présence web. Pandaléon a raflé deux prix pour la réalisation et la prise de son de l’album Atone.

Je dois le dire franchement, j’ai été complètement charmé par l’APCM et son travail essentiel pour soutenir des artistes qui évoluent dans des milieux peu amicaux à leur choix de chanter en français. Je vous rappelle que même à Ottawa, ville où vivent de nombreux francophones, ce n’est pas exceptionnel de se faire répondre en anglais uniquement. Dans un contexte minoritaire, il est d’autant plus important de soutenir les voix qui portent la culture par leur démarche artistique.

On se dit à dans deux ans, l’APCM, j’ai déjà hâte de revenir vous visiter. Pour la liste complète des gagnants, visitez la deuxième page.

http://www.apcm.ca/

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Les 3 étoiles du 4 mai 2017

Mehdi Cayenne – Rivière

Mehdi Cayenne est un énergique jeune homme. Il possède aussi un côté givré assez développé et le prouve une fois de plus avec le clip de Rivière. Il s’est transporté dans le métro new-yorkais pour faire quelques pitreries et quelques pas de danse. La réalisatrice Anisia Uzeyman a fait appel à la danseuse Naima Ramos-Chapman pour compléter le duo excentrique mis de l’avant pour Rivière. Une chanson rythmée qui possède maintenant un clip tout aussi groovy et beau.


 

Adam Strangler – Crossed

Adam Strangler avait fait paraître le solide Ideas of Order en 2016. Le groupe nous revient à la fin du mois avec un EP titré Key West. Si le reste de la galette ressemble au premier extrait Crossed, on peut affirmer 2 faits assurés :

1 — Ce sera mélodieux

2 — Ça va nous rappeler le meilleur du rock alternatif des années 90

A$AP MOB – Wrong

A$AP MOB lançait vendredi dernier un nouveau simple totalement intoxicant. Wrong nous rappelle ce qui nous avait fait tomber en amour avec la bande réunie autour d’A$AP Rocky. C’est mélodieux, groovy et entouré d’une aura enfumée et opaque. Plutôt que d’effleurer des sujets de manière superficielle et clichée, A$AP Ferg et A$AP Rocky parlent plutôt d’une erreur… quand est-ce qu’on entend un rappeur dire qu’il aurait dû faire un nœud dedans?

La playlist à Boubi de mai 2017

Salut!

Pour la playlist du mois de mai, vous y trouverez Young Galaxy, le quatuor Hoops, Mac DeMarco, Little Dragon, le nouveau single de Phoenix, et pleins d’autres belles trouvailles musicales!

Bon mois de mai!

Les finalistes des Francouvertes 2017 : Laurence-Anne

Jean-François LeBlanc

C’est dans le cadre de la finale de la 21e édition des Francouvertes que nous avons eu en entrevue les trois finalistes du concours. On termine cette série de rencontres avec Laurence-Anne qui nous aura offert Si La Lune en novembre 2015, ainsi que Session Live, en janvier 2017. C’est avec grand plaisir que je l’ai rejoint par téléphone afin de revenir sur son expérience des Francouvertes.

En rétrospective

D’entrée de jeu, Laurence-Anne se dit satisfaite de la tournure des préliminaires. « C’est une belle surprise que je me suis rendue jusqu’en finale parce qu’au fait, je me suis inscrite et on dirait que je n’avais pas d’objectifs précis. T’sais, mon but, ce n’était pas de me rendre en finale, je suis comme très contente d’être rendue là », me dit-elle. L’artiste s’est dévoilée sereine en revenant sur chacune des étapes des Francouvertes. Elle a même trouvé le processus très formateur. Selon les commentaires reçus après chaque soirée, Laurence-Anne me confit qu’elle a obtenu un mélange de commentaires positifs et négatifs. « C’était vraiment deux extrêmes », selon elle. Recevoir ce genre d’avis du public l’a incité à se concentrer uniquement sur le set du spectacle. « On a juste regardé les chansons qu’on avait, on s’est dit : on va essayer de faire un autre set, on va mettre des chansons qui bougent plus, on va modifier l’ordre des chansons », me raconte-t-elle. C’est à la demi-finale qu’elle a reçu de bons retours suite à ces modifications. « Le but, ce n’est pas de prendre et de tout changer pour plaire à tout le monde, c’est vraiment juste de cerner qu’est-ce qui fait du sens à nos yeux. On était d’accord avec ça et on s’est dit : on va essayer autre chose ». Finalement, la bande de la jeune Kamouraskoise a su retourner les commentaires du public à leur avantage. Ce qui les aura menés très loin.


 

La bibitte

C’est avec l’image de la belle « bibitte » sympathique que Laurence-Anne a su se démarquer auprès du public et du jury au fil des semaines du concours. Et vous savez quoi? Cette comparaison plaît beaucoup à l’artiste. « Je n’ai pas l’impression que ce que je fais est 100 % accessible, que ça va chercher un public large, mais des retours que j’ai eus, je sais que ça pique la curiosité, c’est des gens qui sont intéressés à découvrir quelque chose qui sort un peu des cadres musicaux, de ce qu’on entend à la radio, de ce qu’on entend partout. C’est ce genre de public là que je recherche donc je trouve ça intéressant qu’on me définit comme ça parce que c’est justement les gens qui cherchent à découvrir des projets un peu plus hors norme. Ils vont lire cette description-là et ils vont être comme ah oui, c’est ça que j’ai envie de découvrir. J’ai l’impression que c’est la bonne description pour attirer le public pour qui j’ai envie de jouer ». Même si certaines personnes trouvaient le projet un peu bizarre dans les commentaires que l’artiste recevait, elle s’est rendue tout de même en final. Pas mal, pour une bibitte.

La soirée du 8 mai

Laurence-Anne m’a parlé (en avant-première) de petites primeurs de la soirée du 8 mai. C’est dans un climat de camaraderie que la jeune fille montera sur scène au Club Soda avec deux de ses amis en concurrence. Elle m’avoue qu’elle ne pense pas qu’il y aura une compétition malsaine entre ses deux comparses puisqu’elle connait bien ses adversaires. « Pour vrai, ça tombe vraiment bien parce que Lydia et moi, on se connait depuis deux-trois ans. On a fait ma Première Place des Arts ensemble, la même année, on est comme amies depuis ce temps-là. Vincent de Les Louanges, je ne le connais pas vraiment depuis très longtemps, mais on a eu la chance d’être dans le même milieu, on a les mêmes amis. On a eu la chance d’avoir des soirées ensemble, de se côtoyer, on a eu des entrevues ensemble, on a passé des après-midi ensemble dans un café pour jaser. Ce n’est vraiment pas une ambiance compétitive, on est juste là, on s’entend bien, on a du fun et on est vraiment content de partager la scène de cette soirée-là ».

Quant à la performance de Laurence-Anne… que nous réservera-t-elle lors de la soirée du 8 mai prochain? Des étoiles et beaucoup de magie. Parole de bibitte! On ne se pose pas plus de questions. Rendez-vous lundi prochain au Club Soda pour la grande finale des Francouvertes!

https://laurence-anne.bandcamp.com/

http://francouvertes.com/