Chroniques Archives - Page 2 sur 116 - Le Canal Auditif

Les 3 étoiles du 21 avril 2017

Gohertz – Balloune N°10

Gohertz, c’est le pseudonyme de Philippe Desjardins, chaman électronique qui écrit dans nos pages. L’ami Phil sortait une création de sa composition au début avril. Pour composer, il a utilisé les instruments suivants :

— 1 briquet
— 1 étinceleur
— 1 bouteille de champagne (ou plus)
— 6 verres (2 vin rouge, 2 vin blanc, 2 flûtes à trinquer)
— 2 ballounes

Grosso modo, il a pris les trucs qui étaient disponibles après son dernier party. Le résultat est une chanson où les textures sonores se frottent et se côtoient habilement. As-tu déjà eu envie de te trémousser le body sur un rythme fait avec des verres de vin? Bien, prépare-toi, c’est ce qui s’en vient.

Catherine Leduc – La fin ou le début

Catherine Leduc (Tricot Machine) avait fait paraître un premier album bien intéressant intitulé Rookie en avril 2014. Voici qu’elle revient et annonce un nouvel album! Un bras de distance avec le soleil arrivera le 26 mai prochain. En attendant, tu peux te laisser aller sur l’atmosphérique et légèrement sombre : La fin ou le début. Une chanson tripative qui donne envie de s’envoler dans les airs.

Dasher – We Know So

Tu cherchais du bon rock garage à te mettre sous la dent? Eh ben, Dasher a décidé de remplir tes envies de musique crottée et bruyante. Kylee Kimbrough est capable d’être aussi brutale avec ses tambours que sa voix tout en gardant toujours un fond de mélodie efficace. We Know So est une chanson aussi entraînante qu’intoxicante que bruyante! Ça vaut totalement le détour.

Oasis – Be Here Now

Noel Gallagher a beau s’exercer avec ses High Flying Birds et son frangin Liam peut tant qu’il veut faire la tournée des festivals avec son nouveau matériel, les frères rivaux ont beau ne plus se parler, mais ils savent toujours flairer la bonne affaire. La dernière en lice : faire paraître une édition collectionneur de Be Here Now l’interminable et décousu effort d’Oasis paru en 1997. Et à l’instar dudit disque, la nouvelle édition est toute aussi — scoop — interminable (sur trois disques) et décousue. Mathieu April et Jean-Simon Fabien en ont discuté en partageant des boissons houblonnées un samedi soir d’hiver à Québec.

Avertissement : Ceci est probablement la critique de disque la plus lourde à être publiée cette année : un commentaire en plus de 1250 mots sur le moins bon album d’Oasis. Comme dirait Pierre-Yves McSween, en as-tu vraiment besoin?

Ouvrez-vous une IPA et ça va être correct.

1-D’You Know What I Mean

Mathieu : Moi ce que j’aime, c’est que Noel a son capo à la deuxième frette sur sa grosse Flyin » V dans le vidéoclip. C’est encore plus impressionnant que les hélicoptères pis toute.
Jean-Simon : Encore une toune d’Oasis avec du name drop de tounes des Beatles : Fool on the Hill et I Feel Fine cette fois-ci.

Point(s) fort(s) : La mélodie du pont, le capo à la deuxième frette, le texte intime
Point(s) faible(s) : Trop longue d’une minute, le refrain est trop simple et trop souvent répété, trop de couches de sons.

Verdict : C’est un hit!

2— My Big Mouth

Mathieu : Du Oasis lourd, du gros son, comme sur (What’s the Story) Morning Glory. L’idée de base est bonne.
Jean-Simon : C’est la Some Might Say de Be Here Now.

Point(s) fort(s) : Un excellent pont, une attitude rock assumée, une chanson somme toute « ramassée », compacte.
Point(s) faible(s) : Refrain moyen et un clin d’œil limite légale aux Smiths.
Verdict : C’est un hit.

3 — Magic Pie

Mathieu : Une autre chanson lourde, l’album commence fort, mais pas une chanson mémorable. Rien là-dedans ne justifie de dépasser la barre des 7 minutes.
Jean-Simon : Excellent début beatlesque, texte poignant, narration à la 3e personne, c’est une relative nouveauté pour Noel.

Point(s) fort(s) : Les paroles, la voix de Noel et les harmonies vocales qui évoquent celles de Cast No Shadows.
Point(s) faible(s) : Trop longue, refrain ordinaire, superposition de couches sons et d’effets qui rendent presque impossible l’écoute du morceau en entier.
Verdict : Du gros potentiel de hit gaspillé.

4— Stand By Me

Mathieu : Dès que Liam ne chante pas, Noel fait une passe à la guitare, il n’y a aucune pause de mélodie dans cette chanson. Un grand ménage du printemps aurait grandement amélioré cette pièce.
Jean-Simon : Insipide tentative de faire une deuxième Don’t Look Back In Anger. De bonnes idées mélodiques cela dit, comme la sortie du dernier refrain en accords mineurs.

Point(s) fort(s) : L’orchestration, la guitare soliste.
Point(s) faible(s) : Texte médiocre, les idées de grandeurs et l’opulence générale.
Verdict : Un plaisir coupable sucré.

5-I Hope I Think I Know

Mathieu : Il me semble que la balance de son est bizarre… Encore une autre chanson au pont accrocheur et au refrain oubliable.
Jean-Simon : Quand Liam chante «you’ll never forget my name», c’est sur le même ton que «you know what some might say».

Point(s) fort(s) : Liam assure au chant.
Point(s) faible(s) : Faible effort de composition.
Verdict : On skip.

6-The Girl With The Dirty Shirt

Mathieu : Ça sonne comme une mauvaise reprise d’un b-side des Beatles. De plus, la chanson commence avec les deux mêmes accords que Wonderwall. Sacré Noel!
Jean-Simon : Sûrement qu’il devait avoir un capo à la deuxième frette.

Point(s) fort(s) : La conclusion aux claviers, quoique longue, est assez intéressante. Un pont très fort mélodiquement. Les harmonies de Noel sont impeccables.
Point(s) faible(s) : Refrain quétaine, texte sexiste et une des plus oubliables chansons du groupe. Dire qu’ils ont composé Supersonic le temps de se faire livrer du chinois…
Verdict : On endure

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Les Francouvertes 2017: Demi-Finale #3

On termine cette ronde de demi-finale au Lion D’or, en ce mercredi frisquet et pluvieux. Le genre de soirée où l’on pouvait porter tricots et bas de laine, sans problème. Oui, on est en avril. Mais les gougounes, ce n’est pas pour tout de suite. Patience…

Voilà que Le Lion d’Or accueillait son fidèle public du concours en plus des participants de la soirée : Valery Vaughn, Renard Blanc et Shawn Jobin. C’est les garçons de Deux Pouilles en cavale, l’ex de la soirée, qui ont su réchauffer la foule avec brio. Pendant une quinzaine de minutes, la formation a défendu leurs chansons avec dynamisme et originalité. Un peu avant le début de leur performance, chose certaine, on s’est fait réveiller les tympans par ces notes grinçantes et distordues jouées à la guitare par Nicolas Gosselin. Chouette de les voir sur scène après avoir entendu que de bons commentaires à leur sujet.

La table était mise pour Valery Vaughn, groupe de rock stoner, qui s’est avéré encore une fois assez efficace sur scène. Avec une musique assez brute, Vincent Huard (basse, voix) et Victor Tremblay (batterie) nous ont représenté leurs chansons de leur EP Valery Vaughn avec beaucoup d’audace. Le duo ne se prenait pas au sérieux sur scène. Bien au contraire, on voyait très bien le plaisir de jouer, pour jouer. Sans réfléchir, sans faux mouvements. Même si leur proposition peut sembler répétitive et linéaire en rétrospective, les garçons possèdent un énorme potentiel en rock. Donnez leur un peu de temps pour préciser leur style, et croyez-moi, ça sera dans la poche pour la suite.

Après nous avoir fait donner des origamis de paroles en papier (merci, très apprécié!), on poursuit cette soirée électrisante avec ces Vulpes Lagopus touffus et dociles. Bon, blague à part. C’était au tour du groupe rock psychédélique Renard Blanc de monter sur la scène du Lion d’Or. La bande de Vincent Lepage (chanteur) a livré un spectacle efficace, convaincant et à leur image… authentique. D’ailleurs, on aura aussi compté sur la présence d’une saxophoniste qui donnait une couleur assez jazzy/krautrocky à l’ensemble de la performance. La chimie scénique était non seulement palpable, mais nous donnait aussi le goût d’enfiler nos plus beaux blousons sport, de porter des chapeaux vintages et de s’avancer près de la scène tout en se laissant planer sous ces éclairages colorés (et mêmes discos, à certains moments). On la sent cette réinvention du genre. On a affaire à un projet original, créatif et structuré. Comme ils vont aller loin ces petits canidés!

On clôt cette soirée avec le hip-hop engagé de Shawn Jobin. En rétrospective, le rappeur originaire de la Saskatchewan a su livrer la marchandise avec une présence moins statique et beaucoup plus dynamique. Accompagné de Mario Lepage (Ponteix) aux arrangements et de son batteur, Jobin propose un hip-hop bien exécuté… mais qui reste un peu trop sage et réservé dans l’ensemble. On tombe beaucoup dans le déjà vu, dans le conventionnel, dans le trop cadré. C’est bien dommage parce que la démarche en soi n’est pas mauvaise… ceci dit, ça manque de concision dans les interventions auprès du public et de peaufinage dans le travail lyrique et musical.

Après une soirée riche en émotions, le classement y va comme suit

1. Les Louanges
2. Lydia Képinski
3. Laurence-Anne

On se donne rendez-vous à la grande finale de cette 21e édition au Club Soda le 8 mai prochain!

http://francouvertes.com/

https://valeryvaughn.bandcamp.com/

https://renardblanc.bandcamp.com/

https://shawnjobin.bandcamp.com/

10 raisons d’aller visiter Sainte-Thérèse pour Santa-Teresa.

Si tu vis dans la grande région métropolitaine, tu devrais te garder les 27,28, 29 et 30 avril (pour te remettre) de libre. Le festival Santa-Teresa frappe fort pour sa première édition. Si comme beaucoup de citadins, tu te dis : « mais j’ai pas de char! » Ben l’organisation a pensé à toi. Un service de navettes gratuites partira de la station Montmorency sur présentation d’un billet pour l’événement. Et si tu te dis que c’est trop loin tout ce trajet de métro, pour 10$ tu pourras quitter du Palais des Congrès de Montréal grâce à ShareTheBus. En attendant, voici 10 excellentes raisons d’aller faire un tour sur la couronne nord de la métropole.

1. Patrick Watson

Patrick Watson ne donne jamais de mauvais spectacles. Alors les deux représentations risquent d’être tout à fait plaisantes pour les oreilles. Sans compter que le 28 c’est Safia Nolin et Louis-Jean Cormier qui font les premières parties alors que le 29 c’est les excellents de chez Wilsen. Joie.


 

2. A Tribe Called Red

La formation A Tribe Called Red a frappé un coup de circuit avec son nouvel album The Halluci Nation. Celui-ci est un sérieux aspirant au prix Polaris et le groupe a le vent dans les voiles. Ça risque d’être tout un pow-wow (t’as pognes -tu?).


 

3. Alaclair Ensemble

La bande de minces viendra faire bouncer les babouins et babouines qui seront présents à la scène extérieure le 29 avril. Il y a tellement de bonnes raisons de faire la route, mais disons qu’on va commencer par : Tu pensais que c’est ça que c’tait, mais c’est pas ça que c’tait.


 

4. Suuns

Suuns donne toujours un bon spectacle. Ce sera la chance de te plonger dans un état second en t’abandonnant aux rythmes transcendants de la formation montréalaise. En plus, ils seront dans la même soirée qu’HOAN et nos prochains, Duchess Says.


 

5. Duchess Says

À elle seule, Annie-Claude Deschênes vaut le déplacement. Véritable bête de scène, elle est très bien entourée dans Duchess Says. Philippe Clément et Simon Besré sont deux plus que capables musiciens qui s’assureront que ton popotin bouge en masse.

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Les Francouvertes 2017 : demi-finales #2

C’est parti pour la deuxième des demi-finales des Francouvertes qui se tiennent dans l’intemporel Lion d’Or. C’était une soirée qui rassemblait Laurence-Anne, Van Carton et Lydia Képinski ainsi que l’ex de la soirée, Simon Kingsbury. Le hockey des séries n’avait pas réussi à démotiver ceux qui étaient bien attablés pour le spectacle à venir.

Le barde Kingsbury est arrivé comme un seul homme avec sa guitare pour nous présenter non pas une, mais deux nouvelles chansons. Avant de se lancer dans ces nouvelles aventures, il nous a livré l’excellente Comme Douze et la pas moins appréciable Chandail. Il nous a aussi joué ses deux nouvelles compositions d’un album à venir en début 2018. On peut dire que l’une et l’autre sont assez prometteuses et possède encore de bonnes mélodies uniques à Kingsbury.

Laurence-Anne s’est tout d’abord présentée sur scène seule avec sa guitare et sa sensibilité. Elle nous a offert une belle montée comme elle sait le faire et de la nuance dans son jeu de guitare. On reconnaît dans la deuxième trame et ses harmonies vocales la marque de Radiohead. Entourée de maints dinosaures qui font squik squik, elle nous a joué Ptérodactyle. Ce qui frappe chez Laurence-Anne, c’est l’attention aux détails dans l’instrumentation. Cela donne des pièces qui sont riches, surprenantes et originales. La jeune femme pourrait même se permettre d’aller plus loin dans certaines de ses montées de bruits. Tant qu’à y aller, vaut mieux y aller à fond.

Puis, c’était à Van Carton de fouler la scène du Lion d’Or. Le groupe a lancé ça en vigueur avec l’intoxicante Tu cries. Une performance solide pour entamer sa prestation. Guillaume Monette a resserré le spectacle depuis la dernière fois aux Francouvertes. Ça paraît particulièrement dans File Doux avec ses chœurs de voix hautes perchées. On retrouve les pièces qui nous avaient convaincues sur l’EP paru en fin d’année 2016. Le groupe a un plaisir évident à jouer les chansons et c’est contagieux.

Finalement, c’est Lydia Képinski qui fermait la marche. Celle qui avait bien fait aux préliminaires, a commencé seule avant de se lancer dans Apprendre à mentir qui déploie l’étendue de son registre sonore. Encore une fois, elle a démontré toute sa splendeur avec la magnifique Andromaque. En préliminaires, on pouvait lui reprocher certains accrocs dans la diction, mais en demi-finale, ces quelques petits défauts ont été corrigés. Képinski est en grande forme, comme la louve qui protège ses petits, elle est prête à mordre à tout moment. Quant à elles, les cordes de Blaise Borboën sont tout simplement sublimes alors que le jeu de batterie de Stéphane Lemieux est tout à fait délicieux et intelligent.

Après deux soirées de demi-finale, le palmarès se décline comme suit :

1- Les Louanges
2- Lydia Képinski
3- Laurence-Anne

On se voit demain pour Valery Vaughn, Renard Blanc et Shawn Jobin.

http://francouvertes.com/

https://laurence-anne.bandcamp.com/

https://vancartonmontreal.bandcamp.com/

https://lydiakepinski.bandcamp.com/