Chroniques Archives - Page 2 sur 126 - Le Canal Auditif

Concours: LCD Soundsystem à la Place Bell de Laval

Tu te dis : en décembre, il va faire froid! BEN NON. Justement, il va faire chaud le 2 décembre prochain à la Place Bell parce que LCD Soundsystem sera là pour te faire shaker ton popotin. Prépare-toi à dépenser quelques gouttelettes de sueurs! Le Canal Auditif et Evenko t’offrent la chance de gagner une paire de billets avant la mise en vente. Pour se faire, tu n’as répondre à la question suivante :

Quelle chanson de LCD Soundsystem te donne le plus envie de te brasser les foufounes?

Le concours est en vigueur jusqu’au 23 juin 2017 à 10 h. Les gagnants seront contactés le lundi 26 juin.
Pour plus d’informations sur le spectacle, c’est par ici.

Bonne chance les mélomanes!

Concours : A Perfect Circle à la Place Bell

Tool vient tout juste de passer par Montréal, mais un autre projet de Maynard James Keenan est sur le point de sortir de sa torpeur. A Perfect Circle sera à la Place Bell de Laval le 14 novembre prochain. Le Canal Auditif et Evenko t’offrent la chance de gagner une paire de billets avant même qu’ils soient en vente! Pour participer, vous n’avez qu’à répondre à la question suivante :

Avec quelle chanson croyez-vous qu’APC ouvrira son spectacle le 14 novembre?

Le concours en vigueur jusqu’au 23 juin 2017 à midi. Le tirage aura lieu avant 17 h et le gagnant sera contacté par courriel.

Bonne chance!

Pour plus d’infos sur le spectacle, c’est par ici
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Les FrancoFolies 2017 : Une dernière fin de semaine réussie.

La dernière fin de semaine des FrancoFolies arrivait déjà et les programmateurs nous avaient gâtés pour celle-ci. Un des concerts à ne pas manquer était celui de Fishbach et Bernhari à l’Astral alors que les minces d’Alaclair Ensemble prenaient la rue Ste-Catherine d’assaut.

La chanson française, ce n’est vraiment pas obligé d’être plate

Flora Fishbach nous a déjà séduits avec ses deux EP, l’homonyme et Un autre que moi, parus un peu plus tôt cette année. On l’attendait de pied ferme et la jeune Française ne nous a pas déçus. Elle a présenté les pièces de son album À ta merci paru en janvier dernier en France et qui devrait paraître à l’hiver 2018 ici. Avec une théâtralité assumée et poignante, elle nous a livré Un beau langage, la dansante On me dit tu, Mortel ainsi que deux chansons de son plus récent EP : Y crois-tu et la délicieuse Un autre que moi. On peut dire : mission accomplie pour Fishbach. Le public a été séduit par ses savantes compositions et l’a gracié d’une longue ovation.

C’est Alexandre Bernhari qui suivait sur la scène de l’Astral. Son spectacle, une mise en scène de Philippe Boutin (véritable petite coqueluche des publics de théâtre), met de l’avant les chansons de ses deux albums. Stéphanie Lapointe l’a rejoint pour l’excellent Emmène-moi et Eclipse. Il nous en a mis plein la vue et les oreilles avec Sagard, Missiles et Astérie. S’avançant plus près du public à un piano à queue placé au parterre, il a joué dans l’intimité Je n’oublierai jamais, Au Nord de Maria et quelques autres chansons. Ça fonctionnait très bien, musicalement à tout de moins.

Visuellement, les choix de Boutin sont un peu ordinaires. Les sections et les mouvements de Bernhari entre son clavier et le piano fonctionnaient fort bien. Par contre, mettre un immense tulle pour ensuite projeter des images en format écran de télévision, c’est inutile. Cette manie de rajouter bêtement du cinéma là où c’est inutile gâchait le spectacle efficace que Bernhari et ses musiciens nous offraient. Le concept ne servait malheureusement pas les chansons, dommage.

Tu pensais que c’tait ça que c’tait mais…

Si vous aviez un doute sur la réussite de la bande de minces d’Alaclair Ensemble, je crois que la rue Ste-Catherine bondée de samedi soir devrait avoir dissipé le tout. La foule compacte connaissant les paroles des chansons par cœur et ont souvent uni leurs voix à celle du groupe qui est arrivé gonflé à bloc. Après Vlooper qui a fait une entrée en matière à la Vlooper, ce qui veut dire un peu brouillonne, mais quand même attendrissante, Alaclair est entré sur Space Jam des Quad City DJ’s pour former une pyramide. Ils ont ensuite lancé officiellement les hostilités avec Mon Cou. Pour ramener du Space Jam, à un moment Maybe Watson s’est écrié : « Voyez-vous la lumière? » Puis, il a invité la foule à laisser un espace au milieu. Sur I Believe I Can Fly, un Claude Bégin torse nu, portant des ailes d’anges a fait son chemin vers la scène. D’ailleurs, généralement effacé pendant les performances d’Alaclair, Bégin était en feu. Il a rappé, chanté et s’est fait aller le Bas-Canada un peu partout sur la scène.


 

Les surprises n’arrêtaient pas là! Maybe Watson et Ogden ont livré Baby Body de leur projet Rednext Level, Modlee était là pour compléter avec des chants efficaces et mélodieux. Le groupe nous a livré Coucou les coucous, Alaclair High, Sauce Pois, Mes gars shootent et quelques autres avant de nous achever avec Ça que c’tait qui a soufflé la foule.

Benoît Rousseau / Les FrancoFolies

Les plus vaillants ont continué la soirée au Shag, dans le Savoy du Métropolis. Oui, on avait un peu mal à la tête dimanche matin, mais encore un gros sourire accroché sur les lèvres.

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FrancoFolies 2017 : Thomas Fersen au Théâtre Maisonneuve

Jeudi soir aux Francos, si on courait assez vite après le set solo de VioleTT Pi, on pouvait apercevoir Thomas Fersen emplir le théâtre Maisonneuve de sa musique absurde (et, depuis peu, bovine). Son dernier album, Coup de queue de vache, inspiré par la vie à la ferme et par ses animaux, est sorti en janvier de cette année. Il était précédé de Marcie, une auteure-compositrice-interprète accompagnée de Louis-Philippe Gingras à la guitare et de sa sœur au piano, qui nous a assuré une première partie qui plut j’en suis sûr au public cible québécois de Fersen. Le tout était assez bien exécuté, surtout dans le cas de la chanteuse, mais surtout monotone. Ce n’est pas ma tasse de thé, mais passons au plat de résistance.

Victor Diaz-Lamich / Les FrancoFolies

La foule s’est heureusement fait secouer par Fersen et son quintette, qui ont débuté leur généreux spectacle de plus d’une heure et demie par Chauve Souris, au grand bonheur du public. Le chanteur était bien en forme ce soir-là, rieur et rassembleur de par ses absurdités de toutes sortes. Le spectacle était ponctué d’une façon très intéressante, alternant entre le répertoire du chansonnier et des histoires poétiques et fantastiques, soigneusement disposées pour amener le sujet des chansons qui les suivaient. Ledit répertoire allait chercher un peu partout dans sa discographie, en puisant évidemment un peu plus dans son dernier album; ça gardait bien le monde en haleine, vu que le dernier album n’est pas encore acquis par le public, comme le sont Quatre ou Pièce montée des grands jours.

Le chansonnier était accoutré et agissait comme s’il prenait maintenant pleine conscience de son héritage direct des grands chansonniers français. Alors qu’avant il gardait souvent une touche humoristique dans son apparence scénique, il aborde maintenant un tuxedo à la Brel ainsi qu’un air aisé et moqueur à la Bourvil. C’est une touche de nostalgie qui complète bien les textes, non sans réminiscences de Brassens, et les arrangements, qui sont souvent assez classiques.

Victor Diaz-Lamich / Les FrancoFolies

Les musiciens qui l’accompagnaient n’avaient pas l’air de s’ennuyer non plus; tous de bons musiciens de chambre, la chimie et l’énergie étaient au rendez-vous. Seules les interventions au piano de Fersen étaient par moment un peu plus monotones, un peu à cause de la sonorisation, mais aussi parce qu’il est visiblement plus chanteur que pianiste. Mais en général c’était un très bon spectacle, on ne s’ennuyait pas une seconde. Thomas Fersen transpire l’expérience sur scène. Disons que les vers de l’homme rentabilisent le prix du billet à eux seuls.

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Entrevue à poil avec Fishbach

Flora Fishbach fait en ce moment un tabac en France grâce au succès de son album À ta merci paru en début d’année en France. Ici de l’autre côté de l’Atlantique, il faudra attendre encore jusqu’à l’hiver 2018 pour plonger dans le premier album de la jeune femme. En attendant, il sera possible de se frotter à ses compositions vendredi soir sur la scène Sirius XM des FrancoFolies et samedi soir en première partie de Bernhari à l’Astral. Rencontre avec une artiste sensible, créative, franche, les deux pieds bien ancrés dans la terre et… un peu geek.

Ne pas se laisser marcher sur les pieds

Avec son ascension publique en France, Fishbach doit maintenant composer avec de nouvelles réalités. Je me souviens d’avoir sauté sur ma chaise d’ordi lorsque j’avais entendu certains extraits qui font grincer des dents par leur machisme.


 

« Ce n’était pas les pires. Le pire ce sont les deux chroniqueuses qui me coupaient sans cesse la parole. J’avais envie de leur dire : tu veux répondre à ma place? C’était une exposition à la télé française et les gens l’écoutent alors j’étais contente de l’invitation. Mais voilà, les gens essaient de prendre le plus de temps de parole possible pour qu’on parle d’eux. » Fishbach n’est pas le genre à détourner le regard et si elle peut paraître froide lors de l’entrevue au Grand Journal, la jeune femme qui était devant moi était tout le contraire : souriante, ouverte et bavarde.

Un premier album qui frappe dans le mile

Elle me raconte qu’entre la fin de l’enregistrement, puis les Trans musicales de Rennes en décembre et la sortie de l’album, tout s’est passé très vite. « L’accueil de la presse était super cool, mais l’accueil qui est le plus important pour moi est celui du public. C’est eux qui viennent aux concerts, c’est eux qui font vivre ta musique. Je sais que je fais de la musique particulière. J’aurais été moins surprise que ce soit un four. » Cependant, elle explique aussi qu’elle observe que la réception est soit glacée, soit très chaleureuse. « Il n’y a pas de gens tièdes. Il y a des gens qui détestent. Il y a des gens qui adorent. Au bout du compte, je me dis que c’est ceux qui aiment qui ont raison. Par exemple, je n’aime pas David Guetta, mais les gens qui aiment David Guetta ont mille fois plus raison de l’aimer que moi, de ne pas l’aimer. »


 

Elle est consciente aussi de l’importance de son entourage qui a participé à la réussite de ce premier album. « Tous les gens qui ont travaillé sur le disque, j’ai un label et on regarde tous dans la même direction. C’est beau le travail d’équipe. » Elle a aussi fait appel à deux réalisateurs pour l’album. « Xavier Thierry vient de la musique de jeux vidéos et je suis une grosse gameuse. On s’est rencontré et on a échangé des références que personne ne comprenait et voilà. Il m’a aidé à défricher et à trouver la petite chose qui manquait dans les maquettes. Puis, Antoine Gaillet mix extrêmement bien, il m’a mis en confiance et on a passé des nuits à faire des prises de voix. Ça fait plaisir aussi à la maison de disque qui veut que les chansons soient bien sonores. Ils aiment quand ça fit boum-boum-patate. » Pour le reste, Flora Fishbach fait les arrangements elle-même et cela lui permet de garder le contrôle entier sur la direction artistique. « Quand je ne savais pas jouer quelque chose, je le chantais à Xavier et il les reproduisait. Je ne suis pas une très bonne musicienne. » Bon, j’ai argumenté quelque peu… disons que la barre que Fishbach met pour être bon musicien est quand même assez haute.

La genèse

Après 4 ans à faire partie d’un groupe de synth-punk, Fishbach a donné un concert ennuyant. Ce fut assez pour que le duo décide de terminer l’aventure. Par la suite, elle s’est retrouvée seule dans sa chambre à se demander ce qui allait arriver. « Quand ça s’est arrêté, j’ai senti un grand vide. La première fois qu’on a fait un concert avec le groupe, je me suis rendu compte que c’est sur scène que je voulais être. Tu es à poil devant les gens et pourtant, je me suis senti super à l’aise. Enfin, je pouvais être moi-même. Je compare souvent la musique et le sexe, parce que pour moi, ce sont les deux libertés qui me restent. » Elle s’est retrouvée seule et avec un iPad elle a commencé à composer ses chansons.

Elle a commencé jeune à 17 ans, bien qu’elle considère que ce n’est pas si jeune. « Regarde The Lemon Twigs, ils sont jeunes et ça défonce. 17 ans c’est vieux pour commencer à faire de la musique. » Elle fait aussi miroiter que pour une femme, la date de péremption arrive plus vite. « Je ne vois pas de femmes de 40 ans émergés, mais je vois des groupes du même âge faire leur place. Heureusement, c’est en train de changer. Déjà, il y a de plus en plus de femmes et j’espère que ça va continuer comme ça. »

Parlons des vraies affaires

Fishbach en a surpris quelques-uns lorsqu’elle a cité GTA Vice City comme une inspiration pour son projet. Il était donc normal de prendre quelques minutes pour parler jeux vidéos. « En ce moment je joue à The Witcher 3. »


 

« Je suis très jalouse d’un de mes musiciens qui vient de s’acheter la Nintendo Switch et donc il joue à Zelda. J’ai peur de la Switch, parce que je dois aussi composer de la musique parfois. J’ai beaucoup aimé les deux premiers Fable aussi. C’est une façon de me détendre et de prendre du temps pour moi. »

Parlant de composition et d’écriture, Fishbach parle d’autofiction lorsqu’il s’agit de ses chansons. « Nous sommes tous dans l’autofiction lorsqu’on écrit des chansons. Déjà, il y a un format à tenir, il y a un refrain alors forcément on insiste sur quelque chose. J’ai dit autofiction parce que je m’inspire de ma vie pour en faire une histoire qui est transposable à chacun. Ce sont des histoires personnelles que je tente de rendre universelles. J’essaie de me dédouaner de ces histoires. Déjà, on se met à poil devant les gens (je parle beaucoup de nudité hein?) quand on livre des moments aussi intimes, les mots créent une sorte de barrière. Il y a des chansons qui sont aussi ce que j’aurais aimé vivre si j’avais fait des choix différents. C’est un peu l’effet papillon. Je pense que les musiciens sont tous des gens sensibles qui ont vécu des événements qui les ont marqués. Comme disait David Lynch, c’est à travers son art qu’il déverse ses démons et ça lui permet d’être beaucoup plus équilibré dans la vie. Il y a qui font du sport et moi je fais ça. »

Fishbach sera en spectacle vendredi le 16 juin 2017 sur la scène Sirius XM des FranoFolies de Montréal et samedi soir, le 17, en première partie de Bernhari à l’Astral.

http://ffishbach.tumblr.com/