Chroniques Archives - Page 143 sur 148 - Le Canal Auditif

Les EP du mois d’août

FUTURE OF THE LEFT – LOVE SONGS FOR OUR HUSBANDS

Love+Songs+For+Our+Husbands+fotllovesongsepAprès avoir lancé une campagne de financement pour leur prochain album, la bande à Andy Falkous déploie quatre nouvelles pièces pour notre plus grand plaisir. Que ce soit le gros riff quasiment rock’n’roll de The Male Gaze ou l’excellente et énervée The Bisexuality Of Distance, FOTL nous fait déjà saliver pour le prochain album.

futureoftheleft.net/

RAINBOW CHAN – LONG VACATION

Rainbow-Chan-Long-VacationRainbow Chan est une jeune auteure-compositrice-interprète de Sydney en Australie. Sur Long Vacation, elle glisse sa voix aiguë mais jamais déplaisante sur un électro-pop éclectique meublé de sonorités empruntées un peu partout. Il y a quelque chose d’enfantin dans ses mélodies qui virevoltent tout autour, touchant rarement le sol. Elle mélange habilement les sons traditionnels et les synthétiseurs ce qui donne un maxi qui vaut le détour.

www.rainbowchan.com.au/

MAISON BRUME – LA VIE SABBATIQUE

a2503523161_2Maison Brume est le projet folk de Florian Seraul. Alliant des sonorités folk traditionnelles à des ambiances aériennes, une nostalgie planante se dégage sur ce deuxième maxi. Le solipsisme, dernier extrait du EP vaut le détour avec son mélange sonore particulièrement réussit. Impressions d’automnes vaut aussi le détour avec son violoncelle voluptueux. Bref, pour les amoureux de folk tout en douceur, vous serez servi avec La Vie Sabbatique!

maisonbrume.com/

ALL ELSE FAILS – FUCKTROPOLIS

Fucktropolis_Cover_for_webAll Else Fails est un groupe de métal qui vient directement d’Edmonton en Alberta. Faisant dans un métal aux sonorités sombres, vous y trouverez tous les éléments traditionnels: des grosses guitares, quelques bons riffs, une grosse voix et une batterie plutôt active. Sans être des innovateurs, le groupe canadien offre un son caractéristique, pigeant allègrement dans As I Lay Dying, Cancer Bats, Alexisonfire et autres groupes du genre. Si vous aimez les formations que j’ai nommées, vous devriez y poser vos oreilles.

allelsefails.ca/

WAKE ISLAND – USE IT AS A WEAPON // UNCOMFORTABLE B-SIDES

a4181840946_2Regroupant une nouvelle pièce en plus de celles qui n’ont pas atterri sur leur dernier album, le groupe Wake Island originaire de Montréal offre un nouveau maxi. Pour décrire le son de la formation, une seule chose me vient en tête: ça sonne! Ces quatre jeunes hommes savent écrire de la musique et possèdent un talent bien à eux. C’est un indie rock intéressant et ce n’est pas étranger à la présence de Jace Lasek derrière la console.

www.wakeislandmusic.com/

BLOC PARTY – THE NEXTWAVE SESSIONS

Bloc-Party-The-Next-Wave-Sessions-300x300Un an après la sortie de Four, Bloc Party riche d’une tournée mondiale, laisse paraître The Nextwave Sessions tout juste avant de retomber en pause d’une durée indéterminée. C’est peut-être aussi la dernière fois que la formation créera de la musique ensemble alors ce n’est pas à négliger. Le tout commence par une pièce au rythme cadencé avec Ratchet. Et vous serez surpris de trouver une pièce tout en émotion intitulée Montreal. Ce n’est pas la meilleure musique que la formation anglaise ait créée… mais ce n’est pas la pire non plus!

blocparty.com/

THE BUG – FILTHY

5021392812199Kevin Martin, l’homme derrière The Bug, possède plusieurs identités. Celle plus connue est sans doute King Midas Sound. Celui-ci lançait au mois d’août Filthy, un nouveau maxi plutôt intéressant. On y retrouve entre autres Freakshow sur laquelle Danny Brown et Kiki Hitomi ont collaboré. On peut y déceler une légère influence de TNGHT. Kill Them (une collaboration avec Daddy Freddy) représente un autre des bons moments de la petite galette. Ceux qui aiment l’électro hyperactif seront réjouis.

ninjatune.net/us/artist/the-bug

Young Widows – Old Wounds

1773-old woundsUn chêne, c’est reconnu pour être fort et solide. Cet arbre est aussi reconnu pour être dense et dur. Ce sont de bien belles qualités qui définissent ce bois utilisé à outrance par les menuisiers et travailleurs de la construction. C’est pourquoi je m’imagine facilement que le chêne le plus costaud, le plus fort, et le plus solide provenant de l’état du Kentucky aux États-Unis est un trio de musiciens. En effet, cette formation porte le nom de Young Widows.

Formé en 2006, ce groupe nous garroche (hommage au collabo Fabien) en pleine face, et ce très habilement, un mélange de noise rock et de hardcore-punk. Les musiciens sont d’abord et avant tout des musiciens solides qui prennent un plaisir évident à jouer ensemble… et ça, c’est une indéniable qualité.

La discographie de la formation comporte trois albums. Le premier album (Settle Down City paru en 2006) était plus brouillon que les deux suivants, mais laissait transparaître de bien belles choses pour l’avenir du groupe. Le deuxième album, sorti en 2008, est sans aucun doute mon préféré, et il se nomme Old Wounds. Un disque intense, solide et puissant. En ce qui concerne leur troisième galette en carrière, elle nous a été proposée en 2011 et s’intitule In And Out Of Youth And Lightness; un album plus calme, mais extrêmement réussi. Un album sombre et dense à souhait qui mérite amplement d’y porter attention.

Revenons donc à Old Wounds! L’album s’ouvre sur un puissant riff de basse décapant sur lequel la batterie viendra s’y greffer de manière remarquable. Par la suite, c’est l’explosion avec l’arrivée de la guitare électrique. Quel bon début d’album qui nous laisse supposer que les trente-trois prochaines minutes seront fort agréables. Dès la deuxième piste, ça se confirme avec une Old Skin lourde et bien ficelée. À mon avis, les chansons les plus opérantes se situent en milieu d’album. Cinquième et sixième morceaux à paraître, Lucky And Hardheaded ainsi que 21st Century Invention sont de véritables perles. Ces morceaux, débordant d’énergie et de fureur, sont carrément jouissifs. Ma folie d’adolescence, bien camouflée dans mon beau corps d’adulte, réapparaît à chaque fois que je les entends.

Savamment dispersées sur l’offrande, The Guitar et The Heat Is Here servent à mettre un baume sur l’album de par leur côté plus tranquille et mélodique. Malgré tout, disons qu’on est encore très loin de ce que nous propose Lara Fabian!

L’album se conclut sur l’excellente Swamped And Agitated… pis on est bien content que ça se termine; non pas parce que le disque est mauvais ou simplement trop long, mais bien parce que nos oreilles sont rouges d’un surplus d’afflux sanguin. Le tout nous est offert avec une belle pochette. En tout cas, sur un disque vinyle c’est très joli!

En terminant, disons que les amateurs de groupes tels Metz, Jesus Lizard, Melvins et Helmet devraient être rassasiés.

Young Widows
Old Wounds
Temporary Residence
33 minutes
Paru en 2008

01. Took A Turn
02. Old Skin
03. Mr. No Harm
04. The Guitar
05. Lucky And Hardheaded
06. 21st Century Invention
07. The Heat Is Here
08. Delay Your Pleasure
09. Let Him Be
10. Feelers
11. Swamped And Agitated

myspace.com/youngwidows

Botch – We Are The Romans

botchOriginaire de Tacoma aux États-Unis, Botch est un groupe qui donne dans le métal, le mathcore et le hardcore brut. Et ici, brute ne signifie pas nécessairement épais… Quoiqu’une Brute du Rock comme moi peut à l’occasion être épaisse… En revanche, La Brute du Rock peut aussi être adorable, aimable et parfois brillante! Tout compte fait, la musique de Botch aussi.

Ayant quelques albums, maxis et autres compilations en carrière, Botch a su se tailler une place de choix à travers les grands noms pratiquant ce style. On n’a qu’à penser a des groupes tels que Converge, Dillinger Escape Plan, Hatebreed et Coalesce.

Si vous me permettez, j’aimerais m’attarder principalement sur leur album intitulé We Are The Romans. Celui-ci est paru vers la fin de l’année 1999. Vous savez, cette période de psychose générale où tous les systèmes bancaires et informatiques de la planète entière devaient flancher. Au final, la seule chose qui a flanché à l’arrivée de la nouvelle année est mon solde bancaire suite à la longue nuit survoltée du 31 décembre 1999.

L’album We Are The Romans est livré le pied au tapis. En fait, on dirait qu’ils ont mis une lourde brique sur l’accélérateur pour vous enfoncer les omoplates à votre siège tant l’intelligente sauvagerie sonore proposée est presque sans temps mort. À n’en point douter, derrière cette brutalité sonore se camoufle une finesse assez rare. Cet album est constitué de musique agressive certes, mais exécuté de façon méticuleuse, concise, précise et brillante. Ce quatuor nous offre de multiples mélodies bruyantes qui se fraient un chemin assez rapidement vers notre cortex cérébral et y laissent une empreinte forte et durable pour notre plus grand bonheur. Leur musique est assurément dense et très puissante. À côté de leur musique féroce, Al-Qaïda ressemble à une portée de jeunes chatons devant un miroir, s’amusant follement avec un bout de ficelle.

Plusieurs morceaux se retrouvant sur la galette me font un effet bœuf. Que ce soit la première pièce To Our Friends In The Great White North qui ouvre admirablement bien l’album ou alors la superbement construite Transitions From Persona To Object. Je pense aussi à Saint Matthew Returns To The Womb; un morceau qui est composé de riffs que vos oncles et vos tantes considéreraient comme absolument inécoutables à la Messe de Minuit. Il me vient aussi à l’esprit l’immense et brillante Man The Ramparts qui nous propulse vers la dernière piste du disque We Are The Romans qui elle, est à saveur électronique.

Botch est composé de Brian Cook, Tim Latone, David Verellen et David Knudson. Ces messieurs sont tous d’une dextérité supérieure à la moyenne et leur cohésion est sublime. Ce groupe est malheureusement séparé depuis 2002. Heureusement, ils ont eu le temps de nous offrir ce superbe We Are The Romans qui traverse le temps assez bien merci.

Botch
We Are The Romans
Hydra Head Records
Paru en 1999

01. To Our Friends In The Great White North
02. Mondrian Was A Liar
03. Transitions From Persona To Object
04. Swimming The Channel Vs. Driving The Chunnel
05. C.Thomas Howell As The “Soul Man”
06. Saint Matthew Returns To The Womb
07. Frequency Ass Bandit
08. I Wanna Be A Sex Symbol On My Own Terms
09. Man The Remparts

myspace.com/botch

Les EP du mois de juillet

LAC ESTION – ET MAINTENANT?

a2016326740_2Lac Estion a pas mal changé au cours des dernières années. Ne subsiste de la première incarnation que Pierre Alexandre qui prend la relève de Simon Kingsbury à la voix, lui qui est concentré sur son projet solo. Le plus récent maxi Et Maintenant? est le premier de deux à paraître cette année. Le groupe nous offre un maxi parfois entraînant et parfois planant, rappelant vaguement le duo de Fire/Works. Pas méchant pantoute!

www.lacestion.com/

TRACER FLARE – BLACK BOX

a1636619066_10Black Box est le deuxième maxi du groupe montréalais Tracer Flare. Faisant dans un rock aux saveurs alternatives, la formation compte parmi ses rangs: Dan Stein (guitare), Marc Morin (claviers et voix), Phil Duranlo (basse) et Frank Roberts (batterie). Si vous aimez ce que vous entendez, vous pourrez les attraper à la Sala Rossa le 10 août prochain.

www.tracerflare.com/

CFCF – MUSIC FOR OBJECTS

cfcf-music-for-objects-300x300Une chose est sûre, on ne peut accuser Michael Silver de traîner la patte. Celui qui sévit sous le nom de CFCF depuis quelques années arrive avec un nouveau maxi question de nous ouvrir l’appétit avant la sortie de son album prévu à l’automne. Cette fois-ci, plus orienté vers le piano et les synthétiseurs, Music For Objects tire ses influences de Philip Glass et David Borden, entre autres. Cela donne un résultat plutôt féerique avec des ambiances qui semblent flottées en apesanteur en conservant tout de même un certain côté ludique. À l’opposé, certaines pièces sont très rythmées et donnent le goût de bouger telle la captivante Keys.

KID KARATE – LIGHTS OUT EP

a1727416846_10Kid Karate, c’est un peu la version plus «stadium rock» des Black Keys. Le groupe vient directement de Dublin en Irlande. Le duo est formé du chanteur et guitariste Kevin Breen ainsi que du batteur Steven Gannon. Paradoxalement, les guitares sonnent à la fois crasse et propre et c’est sans compter les beuglements que Breen vient y ajouter. C’est du rock facile à consommer qui vous donnera l’envie de faire aller vos cheveux dans tous les sens. Les fans des Black Keys sauront s’y retrouver facilement.

kidkaratemusic.bandcamp.com/

THE CAIRO GANG – TINY REBELS

homepage_large.616c15bfIls étaient le groupe qui appuyait Bonnie «Prince» Billy et qui est mené par Emmett Kelly. Cette fois-ci, ils ont décidé d’y aller par eux-mêmes et font paraître Tiny Rebels. Les natifs de Chicago offrent un folk rock fortement coloré par ce qui se faisait à la fin des années 60 et durant les années 70. Les guitares ne sont jamais très abrasives, mais jamais complètement limpides non plus. Des chœurs s’ajoutent à l’ensemble et font parfois quelque peu penser à Sam Roberts.

www.facebook.com/TheCairoGang

BANGLADEAFY – THE BRIEFCASE

Bangladeafy-The-BriefcaseFaisant un math rock agressif, le groupe new-yorkais Blangadeafy n’est composé que de deux membres. On y retrouve Jonny Germ (basse, voix et clavier) et Atif Haq (batterie et beauté). C’est de cette manière qu’ils se décrivent… et une fois mis ensemble, ce duo saute un câble et fait de la musique avec vigueur. Pour tous ceux qui aiment les musiques en marge, c’est à mettre à votre lecteur. Le groupe est surprenant et sait même être très groovy par moment, comme ils le prouvent sur l’excellente Dumpster Fire.

bangladeafy.bandcamp.com/

L’indémodable punk de NoFX

nofx2006Si j’avais mis autant d’effort dans mes études qu’en nombre de minutes d’écoute de NoFX durant ma vie, je serais astronaute et président des États-Unis en même temps! Mon bureau serait situé sur Neptune et la route pour s’y rendre serait asphaltée sans aucun nid-de-poule!

NoFX est un groupe de punk rock californien; de Berkeley tout près de San Francisco plus précisément. Le groupe a été formé en 1983 et n’a jamais cessé de rouler sa bosse depuis. Au tout début il y a eu quelques guitaristes et batteurs qui se sont succédés, mais la formation actuelle est en place depuis maintenant 1992.

Il est important de préciser que lors des premières années du groupe, ils étaient particulièrement mauvais! Quelques démos ainsi que leurs deux premiers albums le prouvent. C’était un groupe faux qui composait mal et qui n’était même pas sur le tempo. Heureusement, le fait de jouer beaucoup et de donner énormément de spectacles les a grandement aidés à s’améliorer. Et pour s’être améliorés, ils se sont améliorés! Ils nous servent depuis maintenant une bonne vingtaine d’années du punk rock mélodique explosif à souhait, et ce, exécuté parfaitement. Ils osent même par moment flirter avec le jazz, le blues, le reggae, le ska et le heavy métal.

Fat Mike, le leader incontesté de la bande (qui sert aussi à composer, chanter et jouer de la basse de façon magnifique) nous propose souvent des textes à saveur politique. Heureusement il nous propose aussi des textes adolescents et des textes drôles qui viennent alléger le tout. Pas de doute, c’est un groupe qui n’a certainement pas peur du ridicule et qui s’autoflagelle régulièrement.

NoFX est un groupe qui n’a jamais cherché à faire de la promotion par le biais de MTV ou autres grosses machines à cash et c’est bien tant mieux. Ils ont toujours refusé de se mêler au «gratin musical»; leur intégrité et leur transparence primant beaucoup plus que le vouloir paraître ou le portefeuille. Un vrai groupe indépendant comme il ne s’en fait pas assez de nos jours.

Que dire à propos du reste de la troupe? Commençons par Eric Melvin qui s’impose de plus en plus depuis cinq ou six albums en participant à la composition de quelques titres. Je pourrais dire du batteur baptisé Erik Sandin qu’il est ultra rapide et qu’il est le complément parfait au band. Heureusement, il a abandonné l’héroïne depuis une vingtaine d’années, ayant reçu un avertissement sérieux de la part des autres membres. Aaron Abeyta, surtout connu sous le pseudonyme El Hefe, est probablement le plus talentueux du lot. Il joue très bien de la guitare électrique, mais aussi de la guitare acoustique, du saxophone, du trombone et utilise sa voix remarquablement bien pour plaquer des harmonies sur la voix de Fat Mike.

Là, je vous entends me dire: «Hey toi sale brute du rock, ça fait longtemps que je n’ai pas écouté un album de ce groupe. Peux-tu me dire quel est le meilleur album du groupe?». Moi de vous répondre: «Euh … Ouin… Pas facile!».

Alors comme je suis aimable comme tout, je vais faire un effort pour vous guider. C’est-tu pas fin ça? Tout d’abord je tiens à préciser que selon moi, les meilleurs disques de NoFX sont les plus récents; c’est-à-dire ceux sortis lors des dix ou douze dernières années. Alors ça va comme suit:

Punk In Drublic – 1994 (pour bien de gens, c’est le classique, l’incontournable)
The Decline – 1999 (un seul morceau de dix-neuf minutes… mais quel morceau!)
Pump Up The Valuum – 2000 (rapide et efficace)
War On Errorism – 2003 (un disque qui matraque l’administration de George W. Bush à plein régime)
Wolves In Wolves’ Clothing – 2006 (solide et diversifié)
Self-Entitled – 2012 (très punk et réussi)

Je vous laisse donc sur ce clip intitulé Seeing Double At The Triple Rock tiré de l’album Wolves In Wolves’ Clothing. Bonne écoute !

www.nofxofficialwebsite.com