Chroniques Archives - Page 137 sur 138 - Le Canal Auditif

Les EP de janvier

MOGWAI – LES REVENANTS EP

Mogwai-Les-Revenants-EPMogwai groupe post-rock d’Écosse est déjà très connu et adoré. Voilà que le groupe donne un premier aperçu de l’album Les Revenants, censé paraître un peu plus tard cette année. Il faut préciser que ces musiques ont été composées pour une série télévisuelle française, et donc, ces titres sont entièrement instrumentaux. Ceci étant dit, on a affaire un mini-album aux ambiances sombres et à la rythmique lourde et lente qui plaira sans doute à certains fans de Nine Inch Nails.

mogwai.sandbag.uk.com/awrenchedvirilelore

http://www.youtube.com/watch?v=3c4M31mWImQ

JESSIE WARE – IF YOUR NEVER GONNA MOVE EP

230713_452771664778096_1275848593_nJessie Ware est une jeune auteure-compositrice-interprète anglaise qui fait des vagues depuis la sortie de son album Devotion, paru l’année dernière en Europe. Celle-ci fait une première saucette en Amérique avec cet EP. On y retrouve quatre chansons tirées de son opus précédent. Voilà une pop intelligente et sensuelle qui tire ses sources du soul. Parmi les pièces intéressantes, Sweet Talk et If Your Never Gonna Move et son électro-pop accessible fera plaisir à un large public. La jeune dame a collaboré avec SBTRKT et possède une voix puissante et touchante, et elle en fait la démonstration sur ce mini-album.

//jessieware.com

A-TRAK – TUNA-MELT EP

artworks-000034521766-i9vvxt-cropPour ceux qui ne connaissent pas A-Trak (de son vrai nom Alain Macklovitch), il est un DJ originaire de Montréal, maintenant basé à New York. En plus d’avoir fondé sa propre maison de disque (Fool’s Gold), d’avoir inventé un système de notation pour le scratching, il a été engagé à titre de DJ de tournée pour Kanye West et travaille avec lui depuis. Ce petit génie des tables tournantes a fait paraître Tuna-Melt Ep à la fin de 2012. Celui que l’on classe désormais dans la même catégorie que Skrillex et Diplo offre ici un mini-album fait pour les planchers de danses!

//djatrak.com

Sepultura – A -Lex

mod_article1083134_13Pow! Kaboum! Klak! Ping! Toc! Bang! Non, vous n’êtes pas en train de regarder une scène d’un vieil épisode de Batman. Ce sont plutôt les bruits qui se font entendre dans mon cerveau quand j’écoute A-Lex du groupe brésilien Sepultura. Croyez-moi, si vous aimez les albums matraques, vous allez aimer celui là. C’est clair!

A-Lex est le onzième album studio du groupe. La formation en compte maintenant douze. Ce qui rend intéressante cette galette, c’est qu’elle constitue un concept qui rend hommage au film Orange Mécanique de Stanley Kubrick paru en 1971. Ce film, pour les rares qui ne l’ont pas vu, est d’une violence physique et psychologique tout à fait actuelle, encore aujourd’hui. Il est rempli de scènes tordues, dépravées et dérangeantes. C’est exactement ce climat que Sepultura cherche à imposer sur ce disque.

La troupe brésilienne compose une trame sonore très trash qui touche principalement au death, au speed metal, au hardcore-punk et même à la musique classique. En effet, vers la fin de l’album, ils interprètent leur version de la neuvième symphonie de Beethoven. Chanson qui a une place importante dans le film. Ça aurait pu être une catastrophe mais c’est très bien réussi.

L’ordre des morceaux sur l’album est assez fidèle à l’évolution de l’histoire dans le film. La réalisation est, quant à elle, encore une fois, très solide. Rien de bien nouveau ici pour le quatuor d’Amérique du Sud, qui se spécialise dans l’art de promouvoir les guitares corrosives, une batterie qui martèle démesurément et une basse bien nourrie.

On pourrait dire de Sepultura qu’ils ont deux vies. La première, qui comprenait le chanteur-guitariste baptisé Max Cavalera (1984-1996) et celle composée du chanteur Derrick Green (1997 à aujourd’hui)
Quant au batteur principal de la formation, Igor Cavalera (frère de Max), il a fait partie du groupe jusqu’en 2006. Je dois admettre que je doutais fortement que le groupe puisse se remettre du départ d’Igor à la batterie. Un batteur aussi puissant, rapide, technique, précis et tribal que lui ne se remplace pas aussi facilement… si on veut comparer avec l’obtention d’une faveur provenant d’un politicien en échange d’une enveloppe brune ! Ceci dit, je dois admettre que sans égaler Igor Cavalera, le batteur Jean Dolabella se débrouille pas mal bien !

Pour plusieurs fans, la période la plus significative du groupe est celle avec le chanteur-guitariste Max Cavalera. Principalement les albums Arise (1991), Chaos A.D (1993) de même que l’album Roots (1996) qui est perçu par bien des gens comme étant le plus solide de leur carrière. Personnellement, je les considère comme les plus importants, mais pas nécessairement les meilleurs.

Je trouve que Roorback (2003), Dante XXI (2006) et bien sûr, A-Lex dont je vous parle aujourd’hui, comme étant les plus achevés de leur carrière. Le chanteur Derrick Green fait un boulot remarquable et la cohésion entre les membres est plus évidente que jamais.

Bon, je vous laisse donc sur ces sages recommandations:

A-Lex n’est pas un bon disque pour un mariage.
A-Lex n’est pas un bon disque pour un baptême.
A-Lex n’est pas un bon disque pour un souper romantique.
A-Lex est un excellent disque point!

Vous pouvez visionner à la fin de ce texte le beau video clip rendant hommage à l’excellent Orange Mécanique intitulé We’ve Lost You.

Sepultura
A-Lex
SPV Records
53 minutes

01. A-Lex I
02. Moloko Mesto
03. Filthy Rot
04. We’ve Lost You!
05. What I Do!
06. A-Lex II
07. The Treatment
08. Metamorphosis
09. Sadistic Values
10. Forceful Behavior
11. Conform
12. A-Lex III
13. The Experiment
14. Strike
15. Enough Said
16. Ludwig Van
17. A-Lex IV
18. Paradox

//www.sepultura.com/

Les EP de décembre

CERBÈRE – ÇA DONNE 1 IDÉE!

Ce trio de stoner rock bien québécois est né le soir de l’Halloween 2011. Formé de Fabrice Boutin (guitare et voix; faisant également parti de Messieurs Dames et Seahorse Plumbers), Alex Lachance (batterie et voix) et Alex Pépin (basse et voix; aussi des In And Outs), Cerbère est arrivé un peu plus tôt cette année avec ce maxi crasse dénonçant les absurdités et la bêtise humaine dans un joual pas piqué des vers. Vous y trouverez des relents de Gros Mené, une affiliation naturelle puisque les deux tiers de la formation vient du Lac St-Jean.

cerbere.bandcamp.com

CROSSES – EP ++

Crosses est un trio qui en est à son deuxième maxi. Formé de Chino Moreno (Deftones), de même que son ami d’enfance Shaun Lopez (Far) et de Chuck Doom, la formation offre un rock industriel très ambiant. Ce n’est pas sans rappeler l’autre projet de Moreno : Team Sleep. Alliant la voix atmosphérique et langoureuse du chanteur de Sacramento et des compositions sonores riches et texturées, la bande fait suite au premier EP paru en 2011. La progression est notoire et le style se développe très bien et s’enracine dans un monde particulier et hypnotique.

www.crossesmusic.com

DANIEL ROSSEN – SILENT HOUR / GOLDEN MILE

Daniel Rossen est un multi-instrumentaliste de Californie mieux connu pour sa place au sein de la formation Grizzly Bear. Cette collection de chansons était d’abord des compositions de Rossen pour le nouvel album du groupe mais comme Grizzly Bear devenait de plus en plus collaboratif dans la création, il a préféré les faire paraître en son nom personnel. Bercé dans des mélodies finement ciselées, se situant entre le rock et le folk, Silent Hour / Golden Mile fera le bonheur des fans du talentueux musicien. Notons la magnifique Saint Nothing et son dépouillement sonore, partagé entre un piano, quelques ambiances délicates, et la voix de Rossen. Du bonbon!

warp.net/records/daniel-rossen

JESUS CHRIST FASHION BARBE – JESUS CHRIST FASHION BARBE

Paru il y a maintenant un an, ce maxi de la formation française s’est frayé un chemin jusqu’à nos oreilles en août 2012 lors de leur passage au Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscaminque. Faisant un rock lo-fi et très inspiré du folk, le trio offre une collection de sept titres nettement entraînants aux sonorités dépouillées. Tout droit sorti de Caen en France, le groupe travaille présentement à son premier opus. En attendant, vous pouvez vous faire la dent sur ce maxi et les mélodies crées sauront vous accrocher un sourire au centre de la barbe.

jesuschristfashionbarbe.bandcamp.com/album/jesus-christ-fashion-barbe

THE MELVINS – THE BULLS AND THE BEES

La formation mythique a été particulièrement active cette année : sortie d’un maxi en mars, parution de leur 19e album studio titré Freak Puke en juillet et tournée des 51 états américains en 51 jours. Bref, rien n’arrête les vieux routiers qui prouvent encore une fois que la seule emprise que l’âge détient sur eux est le changement de couleur des cheveux de Buzz Osbourne. Contrairement à Freak Puke, ce maxi a été enregistré en formation complète, c’est-à dire avec les deux musiciens de Big Business. On retrouve le son tant prisé élaboré habilement par ces légendes du rock. Un maxi qui en vaut vraiment la peine!

www.scionav.com/collection/917

THE ANTLERS – UNDERSEA

Cet été, The Antlers a fait paraître un maxi qui fait suite à leur dernier album studio : Burst Apart, paru en 2011. Le titre est très à propos, puisque les mélodies semblent immergées; un peu comme si une force les tiraient vers le bas, mais que l’objet descendait très, très progressivement. Baigné dans une sonorité riche, la voix de Peter Silberman nous atteint comme si elle avait dû traverser le cosmos. Un EP en douceur pour bercer les jours de pluies et la grisaille du temps froid qui sévit à la fin de l’automne.

antlersmusic.com

TNGHT – TNGHT

TNGHT est formé des producteurs Hudson Mohawke, un écossais, et de Lunice, un montréalais. Suite à la sortie du maxi, les mondes de l’électronique et du hip-hop se sont enflammés après avoir écouté les rythmes accrocheurs et effrénés du duo… et on comprend facilement pourquoi! Voilà deux jeunes compositeurs qui n’ont pas peur d’innover. À la manière des Diplo et Major Lazer de ce monde, voilà de quoi faire danser les foules de hipsters dans les clubs un peu partout à travers la planète.

warp.net/records/tnght

Tool – Aenima

C’est avec la patience d’un enfant de six ans, devant un arbre de Noël rempli de cadeaux qui lui sont destinés, que j’attendais la sortie de Aenima du groupe Tool. Ma patience fût fortement récompensée le matin du 1er octobre 1996.

Je me rappelle encore ma première réaction à la vue de la pochette. Une réaction qui se résume en trois petites lettres : WOW ! Déjà la pochette est surprenante avec ses différents hologrammes en noir et blanc ou en couleurs. Maintenant il restait à savoir si la musique serait aussi étonnante que la pochette. D’autant plus que le départ du bassiste Paul D’Amour laissait présager le pire dû à toute l’importance qu’il avait sur le plan musical. Sa créativité et son approche musicale allait-elle être remplacée adéquatement ?

Seulement quelques secondes m’ont suffi pour comprendre que le nouveau venu, Justin Chancellor, ferait amplement l’affaire! Un bassiste parfait pour le groupe. Il sait très bien compléter le travail du batteur Danny Carey. Il est parfait pour jouer lourd ou tout en nuances.

D’ailleurs parlant du batteur, Carey nous offre sur Aenima une performance à couper le souffle. Sa batterie est imposante et bien présente dans le mixage de l’album. Son jeu de cymbales est renversant et ses rythmes d’une précision chirurgicale.

La production de l’album est impeccable. David Bottrill fait un travail remarquable à la console. C’était la première fois que le groupe possédait un son aussi puissant et équilibré. Bien sûr, la qualité des pièces y est pour quelque chose, mais Bottrill amène une saveur au groupe qu’on ne connaissait pas à ce moment là. Les morceaux sont encore plus longs que par le passé. Quelques petits intermèdes ici et là apporte une touche particulière au disque. Le groupe sait très bien doser les riffs lourds et les moments nuancés et subtils.

Adam Jones le guitariste a pris beaucoup de confiance dans son jeu et il utilise une panoplie impressionnante de sons. Il apporte beaucoup à l’album par sa grande variation d’intensité et de textures. Et que dire de Maynard James Keenan… à part qu’il est un des chanteurs les plus efficaces de toute l’industrie musicale. Rien de moins!

Bref seize ans plus tard, j’écoute encore cet album avec un enthousiasme juvénile. La qualité de composition, la réalisation, la puissance du groupe et ses atmosphères envoûtantes me pousse à l’écouter plus souvent qu’à son tour.

Voici le premier extrait de l’album intitulé Stinkfist. À noter que le clip a été réalisé par le guitariste Adam Jones. Il a d’ailleurs produit tous les clips du groupe à l’exception de leur premier en carrière.

Tool
Aenima
Volcano Records
77 minutes
Paru en 1996

01. Stinkfist – 5:11
02. Eulogy – 8:29
03. H. – 6:03
04. Useful idiot – 0:39
05. Forty-six &2 – 6:03
06. Message to Harry Manback – 1:53
07. Hooker with a penis – 4:34
08. Intermission – 0:56
09. Jimmy – 5:24
10. Die eier von Satan – 2:17
11. Pushit – 9:56
12. Cesaro summability – 1:26
13. Ænema – 6:40
14. (-)Ions – 4:00
15. Third eye – 13:47

http://www.youtube.com/watch?v=K0bQnaQ0gDE

Les EP de novembre

PANG ATTACK – PHANTOM FOREST

Pang Attack est le pseudonyme d’Alex Hackett anciennement du groupe Kill The Lights de Montréal. Phantom Forest est le deuxième EP du montréalais et offre un univers planant agrémenté d’arrangements riches. Voguant entre le psychédélique, le shoegaze et l’électro-pop, l’auteur-compositeur-interprète offre un opus intéressant.

pangattack.bandcamp.com/album/phantom-forest-ep
 

SKY FERREIRA – GHOST

Sky Ferreira est une auteure-compositrice-interprète et mannequin américain de 20 ans. Malgré son jeune âge, voilà déjà son deuxième EP. Elle travaille présentement à son premier album qui est prévu pour 2013. Ferreira présente un électro-pop influencé des Madonna et autres monolithes de ce genre. Par contre, Ghost prend une direction plus indie et offre quelques ritournelles intéressantes qui flirtent parfois avez le new-wave, parfois avec le country et avec des sonorités eighties.

skyferreira.tumblr.com

DUM DUM GIRLS – END OF DAZE

Dum Dum Girls est le projet de Dee Dee Peny qui elle, est originaire de Californie. Le quatuor féminin fait dans un riche mélange de noise et de dream pop. End Of Daze fait suite à Only In Dreams, dernier album en date du groupe, paru en 2011. Mine Tonight, I Got Nothing et Trees And Flowers ont été composées pour le dernier opus mais étaient jugées trop atmosphériques. Deux nouvelles pièces viennent couronner le tout.

wearedumdumgirls.com

DIRTY PROJECTORS – ABOUT TO DIE

Dirty Projectors est un groupe de rock américain qui mélange l’alternatif, le jazz et la musique expérimentale. Le groupe a fait paraître Swing Lo Magellan plus tôt cette année. About To Die contient quatre nouvelles pièces et le titre éponyme, tiré du dernier album. On retrouve cette fois quelques chansons qui furent écartées. C’est bien, mais moins bien que Swing Lo Magellan. Si vous êtes un fan.

dirtyprojectors.net

HOW TO DESTROY ANGELS – AN OMEN

Cette formation comprend Trent Reznor (Nine Inch Nails), sa femme Mariqueen Maandig, Atticus Ross et Rob Sheridan, qui est aussi le directeur artistique du groupe. How To Destroy Angels est signé sous Columbia, ce qui marque le retour de Reznor dans le giron des grands labels, lui qui ne voulait plus rien savoir. Le groupe, qui en est à son deuxième EP (le premier sorti en 2010) offre une expérimentation électro riche et variée. On est tout de même assez près de l’univers de Nine Inch Nails sans toutefois y être exactement. Voilà de quoi faire patienter les fans de Reznor en attendant la sortie du premier album du groupe en 2013.

howtodestroyangels.com