Critiques Archives - Page 475 sur 477 - Le Canal Auditif

Girls – Father, Son, Holy Ghost

Girls est un groupe de rock indépendant, originaire de San Francisco, dirigé par Christopher Owens et Chet « JR » White. Ils ont fait paraître récemment Father, Son, Holy Ghost sous étiquette True Panther et l’album est distribué par Matador Records. Alors ce Father, Son, Holy Ghost ? Il est difficile de classifier ce disque ou encore d’affilier Girls à un style musical particulier. Girls est un savant mélange de surf-rock, de post-punk, de soul et de blues.

Vous murmurez à voix basse : « Ouf! Un autre groupe de tordus inaccessibles!». Pourtant, sur ce disque le groupe fait preuve d’une homogénéité et d’une maturité que peu de jeunes formations détiennent malgré les influences musicales éclectiques. Les Girls connaissent du bout de leurs doigts leurs classiques. Trois des quatre premiers morceaux sont dans un registre pop; à l’exception de la stoner rock Die. Déjà, Christopher Owens se révèle comme un compositeur fort doué. Mélodies intéressantes, harmonies vocales très Beach Boys, guitares légèrement abrasives; du rock aux émanations de pop en provenance des années soixante.

Par la suite, le disque prend une tangente mélancolique où les orgues B3 et Hammond fréquentent les chœurs amoureux et les guitares décapantes. My Ma, Forgiveness et la sublime Vomit, tous des chansons d’exception. Malgré le spleen qui se dégage de l’album, on ne s’ennuie jamais! Ce disque est simple sans être simplet, sensible sans être larmoyant, grandiose sans être pompeux. Un tour de force! À avoir en possession si vous chérissez les Beach Boys, Spiritualized et Elvis Costello. Un très bon disque!

Girls
Father, Son, Holy Ghost
True Panther
53 minutes

Ma note : 3,5/5

truepanther.com/#/artists/girls

Kasabian – Velociraptor!

Formés en 1999 à Leicester en Angleterre, les dociles élèves des Stones Roses, Primal Scream et Happy Mondays y vont d’un quatrième effort nommé Velociraptor!. Kasabian, c’est du rock, de l’électro pop, parfois du house saupoudré de hip-hop. Après le louangé West Ryder Pauper Lunatic Asylum, Kasabian tente de s’approprier le trône de la brit-pop, laissé vacant par les Arctic Monkeys, Kaiser Chiefs et autres consorts. Le duo Meighan/Pizzorno, sans offrir la galette de l’année, a cuisiné onze petits plats fort comestibles.

Évidemment, il faut aimer la musique pop à la sauce britannique… et Kasabian prend un tournant résolument à la portée de tous. Des potentiels de hits, le disque en regorge plusieurs. Que ce soit Goodbye Kiss, la « dance rock » Velociraptor!, l’arabisante Acid Turkish Bath, l’électro-pop I Hear Voices, la presque disco Re-Wired ou encore la quasi techno Switchblade Smiles, Kasabian réussit à conjuguer assez bien accessibilité et pertinence. Pour faire un bon disque pop, il faut de bonnes chansons. Sur ce point, c’est abouti!

On peut reprocher les mélodies parfois peu inspirées et répétitives de Meighan, de même que le manque de robustesse dans la réalisation, mais force est d’admettre que c’est un disque fort divertissant et efficace. Ça s’écoute les fenêtres ouvertes à plein volume. Est-ce que l’Amérique saura apprécier ces petits brûlots dansants? Pas certain, mais on s’en fout! Les nouveaux monarques de la brit-pop? Absolument!

Ma note : 3/5

Kasabian
Velociraptor!
Sony Music
51 minutes

kasabian.co.uk

Wilco – The Whole Love

Pas de bavardages inutiles et de verbiages superflus… Wilco et son The Whole Love sort en magasin mardi. Pis? C’est bon? Départ ultra canon avec Art Of Almost qui représente à mon modeste avis la chanson la plus inventive et créative que Wilco a composé dans leur carrière. Un pur délice. Ligne de basse omniprésente à la The National Anthem de Radiohead, utilisation appropriée de boucles électroniques et conclusion dans une apothéose punk-rock mettant en vedette le jeu déluré de Nels Cline à la guitare. Quel guitariste!!!

Par la suite, c’est le retour des confortables pantoufles avec I Might et Sunloathe. Titres qui auraient pu paraître sur Yankee Hotel Foxtrot. Ensuite, l’album progresse vers des territoires déjà explorés par Wilco : de la touchante Black Moon à la pop The Whole Love, le groupe de Chicago revisite habilement et de manière plus convaincante ce folk-rock bruitiste, un peu champ gauche et joué tout en finesse, qu’il avait crée sur ses deux albums précédents. Fin de la traversée avec One Sunday Morning (Song For Jane’s Smiley Boyfriend); une épopée folk attendrissante de douze minutes, incluant de petits moments instrumentaux de toute beauté. Une autre grande chanson!

The Whole Love est le meilleur disque de Wilco depuis A Ghost Is Born. Le groupe est toujours aussi soudé, Tweedy écrit toujours de magnifiques chansons provoquant les frissons, toujours cette voix douce sur le point de casser. Bref, Wilco est toujours significatif et ce, après huit albums! Exploit! Un très bon disque… encore une fois! Rien de vraiment nouveau sous le soleil de Wilco; mais il y a le soleil!

Ma note : 3,5/5

Wilco
The Whole Love
dBpm Records
56 minutes

wilcoworld.net

Stephen Malkmus & The Jicks – Mirror Traffic

Le « slacker » en chef est de retour avec ses Jicks et livre un Mirror Traffic avec Beck aux commandes. Une collection de quinze chansons pour l’ancien leader de Pavement : les guitares sont toujours chambranlantes, les structures aussi bizarres invariablement ponctuées de soudaines cassures et la voix pleine de lassitude; parfois à côté de la « track ». Bref, ce disque aurait pu tout aussi bien être enregistré en 1996.

Beck est à la réalisation, mais son empreinte se fait très discrète… et c’est dommage. Le coup d’envoi est donné par Tigers, No One Is (As I Are Be) et Senator. C’est dans ces trois chansons que Beck fait sentir sa présence; quelques relents de Sea Change sur No One Is (As I Are Be) et un refrain sur Tigers aux inflexions vocales évoquant le dernier Modern Guilt. Par la suite la référence indie rock américaine prend les choses en main avec assurance mais sans surprise. C’est cette absence d’étonnement qui laisse l’auditeur sur son appétit.

Le disque renferme malgré tout son lot de très bonnes chansons. Je pense à SenatorMalkmus nous lance avec son ironie habituelle : « What the senator wants is a blow job ! », la très « Wedding Present » Stick Figures In Love ou encore à Spazz et son riff à la Velvet. Ça se termine avec Gorgeous Georgie et avec une impression de déjà-vu pas nécessairement agaçante; mais une prise de risque plus accentuée aurait été le bienvenu… surtout avec M. Hansen derrière la console. Les extatiques de Pavement ne seront pas déçus mais les autres resteront indifférents. En concert, le vendredi 23 septembre prochain au Théâtre Corona à 20h00 dans le cadre de Pop Montréal.

Ma note : 2,5/5

Stephen Malkmus & The Jicks
Mirror Traffic
Matador Records
50 minutes

stephenmalkmus.com

Bon Iver – Bon Iver

Justin Vernon n’est pas Bon Iver. Il insiste, Bon Iver est un groupe, et non pas le projet d’un seul homme. Voilà qui est clarifié. Après l’acclamé For Emma, Forever Ago et le EP Blood Bank, Vernon et Bon Iver reviennent avec un disque tout simplement intitulé Bon Iver. Sorti au mois de juin dernier, j’ai eu tout le temps de me forger une solide opinion concernant la véritable valeur de cet opus.

D’entrée de jeu, la chanson Perth nous amène vers un emplacement particulier comparativement au premier effort; mais on reconnaît quand même la démarche caractéristique de Bon Iver . Voix de têtes superposées, percussions omniprésentes, arrangements aériens, et surtout une réalisation plus léchée et étoffée que le disque précédent. La folk lo-fi s’efface, mais sans jamais disparaître totalement, au profit d’arrangements somptueux. C’est bel et bien Bon Iver mais dans un splendide enrobage. L’écriture des chansons conserve la même charge émotive. La désarmante Holocene en est le parfait exemple. La valse Michicant, l’épuré Wash. ou encore l’accrocheuse Calgary, tous des chansons d’une beauté absolue.

Le branché Pitchfork lui a octroyé la note de 9,5/10. Sans être un album relevant du divin, Bon Iver constitue une véritable réussite passant l’épreuve du second album haut la main. Un ratage à noter : Beth/Rest; … comme si Bon Iver rencontrait Bruce Hornsby & The Range! Malgré cet impair, Justin Vernon et Bon Iver prouvent hors de tout doute qu’ils sont là pour rester; pour le plus grand bien de nos cœurs et de nos oreilles. À vous procurer!

Ma note : 8,5/10

Bon Iver
Bon Iver
Jagjaguwar Records
40 minutes

boniver.org