Critiques Archives - Page 442 sur 442 - Le Canal Auditif

Red Hot Chlli Peppers – I’m With You

Cinq années ont passé depuis Stadium Arcadium. Puis, il y a eu le départ de l’épine dorsale des Red Hot Chili Peppers, le guitariste John Frusciante remplacé par Josh Klinghoffer… et ça s’entend sur la dernière offrande du groupe, titrée I’m With You. Ouf! Par où commencer? Ça débute de façon mitigée par Monarchy Of Roses où certains éléments électroniques côtoient un refrain rock vitaminé assez racoleur. Par la suite, Factory Of Faith : ligne de basse à l’avant-plan, éléments électros presque « dance », guitare rythmique funky et puis après?

Et puis après, s’enchaîne une suite imbuvable de chansons mièvres et sans reliefs, chantées sans âme par Anthony Kiedis . Aucune énergie, aucune impétuosité et surtout une seule chanson valable (Brendan’s Death Song) pour près de soixante minutes de musique. Je ne vous ferai pas la nomenclature de tous ces titres faiblards qui sont présents sur I’m With You; la liste serait trop longue.

La réalisation « radio rock FM » de Rick Rubin, aussi peu inspiré que le groupe, est sans nuances et subtilités; participant activement lui aussi, à ce non disque. C’est désolant, car les RHCP ont déjà réussi à tirer leur épingle du jeu avec Blood Sex Sugar Magik et Californication. Force est d’admettre que le chant du cygne approche pour la formation de Los Angeles.

Ma note : 1/5

Red Hot Chili Peppers
I’m With You
Warner Brothers
60 min

redhotchilipeppers.com

The War On Drugs – Slave Ambient

En mars dernier, Kurt Vile faisait paraitre Smoke Ring For My Halo; l’un des meilleurs disques de 2011. Son frère de son, Adam Granduciel, leader de la formation The War On Drugs (quel excellent nom de groupe n’est-ce pas?), faisait de même la semaine dernière en mettant au monde Slave Ambient. À la première écoute, il est évident que nous sommes en terrain connu : mêmes inflexions vocales décontractées que Vile, riffs répétitifs et hypnotiques et surtout, un climat musical aux vertus narcotiques. Curieusement cette similitude ne constitue pas une entrave majeure à l’appréciation de cette galette. Par contre, certains auditeurs plus exigeants pourraient être agacés par la ressemblance.

Si vous avez adoré Smoke Ring For My Halo, vous aimerez assurément Slave Ambient. Le disque ne contient aucune chanson mémorable mais il existe un fil conducteur (pensez aux vertus narcotiques), qui nous permet de demeurer accro du début à la fin. Come To The City, Baby Missiles (très Arcade Fire/Springsteen) et Black Water Falls sont des chansons bien foutues sans être transcendantes. The War On Drugs est un curieux mélange de Dylan, Springsteen, Stephen Malkmus et My Bloody Valentine. Slave Ambient est idéal pour un « road trip » hallucinogène. Hypnotisant!

Ma note : 3/5

The War On Drugs
Slave Ambient
Secretely Canadian
43 minutes

thewarondrugs.net

Kanye West & Jay-Z – Watch The Throne

Le rap jouant sur l’égo et l’apparence plus souvent que sur la performance et la profondeur des textes; la question de savoir qui est le roi du genre revient à tous les quatre ou cinq ans. Depuis les années 80, dans les haut-parleurs des « ghettos-blasters », se sont succédés les Run-DMC, MC Hammer, Beastie Boys, Public Enemy et autres Eminem. Actuellement, les amateurs du genre penchent soit pour les beats et boucles entraînantes de l’américain Jay-Z ou pour la musique tonitruante, pompeuse et orchestrée de Kanye West.

Mais pourquoi toujours devoir choisir? Les deux hommes aux égos plus gros que le Stade Olympique ont compris : travailler ensemble, le temps d’un album et d’une tournée (un arrêt à Montréal est prévu le 22 novembre) est la meilleure façon de s’assurer d’obtenir l’attention de tous les amateurs de rap en même temps. Au titre bien choisi et bien senti de Watch The Throne, les arrangements du roi américain rejoignent et englobe la voix du déjà prince du rap anglais. Oui, c’est pompeux. Oui, c’est vulgaire, mais c’est également drôlement efficace et assumé!

Dès les premières notes de No Church In The Wild jusqu’à la dernière boucle de The Joy, les 16 chansons qui composent le disque rivalisent d’ingéniosité pour séduire les oreilles et, évidemment, les hanches. Il y a bien quelques faiblesses (Made In America est beaucoup trop cadré pour les radios commerciales et Primetime trop simple, en manque de jus énergisant), mais elles sont rapidement oubliées par le grand nombre de bons beats.

Avec ces deux monstres du rap dans une même salle d’enregistrement, on aurait pu croire à une bagarre de titans pour l’obtention du micro et du dit trône… Mais, surprise, il en est rien. Jay-Z et Kanye West ont même laissé une grande place aux collaborations et aux échantillonnages. Sont ainsi présents, entre autres, les Frank Ocean, Mr. Hudson et, bien évidemment, Beyoncé, qui fait littéralement décoller l’album, sur la deuxième chanson au titre de Lift Off.

Côté échantillons, on pense à la magnifique Otis, où la voix en boucle d’Otis Redding se mêle à celle de Jay-Z et Kanye, donnant une saveur rétro-soul-jazz des plus intéressantes. On pense aussi à la finale de ce disque, The Joy, où la douce voix de Curtis Mayfield, vient (enfin) calmer les ardeurs des deux rois du rap. On ne veut pas vendre la peau de l’ours, mais ça sent l’album rap de l’année, ce Watch The Throne.

Ma note : 3,5/5

Kanye West & Jay-Z
Watch The Throne
Universal Music
70 minutes

watchthethrone.com

Cass McCombs – Wit’s End

Il arrive parfois qu’un ami vous propose de prêter l’oreille à un artiste; mais vous remettez toujours l’audition du disque aux calendes grecques. Ayant lu quelques bonnes critiques sur le dernier opus du ténébreux troubadour Cass McCombs, le bien nommé Wit’s End, je me suis procuré l’œuvre en question. McCombs est un auteur-compositeur-interprète né en 1977. Il est originaire de la Californie et possède cinq disques à son actif.

Le voyage débute par la sensuelle ballade County Line, qui n’indique pas tout à fait le chemin que prendra le reste du disque. À partir de The Lonely Doll et ce, jusqu’à la fin du périple, McCombs nous plonge dans un univers magnifiquement déprimant empreint d’une introspection touchante. Le ton est loin d’être pleurnichard; il est plutôt celui de la confession, comme s’il nous chuchotait ses secrets à l’oreille.

Musicalement, c’est totalement minimaliste et dépouillé. Quelques instruments à vents ici et là, une caisse claire fouettée et mixée à l’avant-plan sur Hermit’s Cave, orgues, guitares acoustiques, le tout arrangé avec grand soin. Un très bon disque écrit par un excellent song-writer.

Si vous aimez Elliott Smith, Lou Reed (voire le troisième disque du Velvet Underground), Bonnie « Prince » Billie et Talk Talk (période Laughing Stock et The Spirit Of Eden), vous adorerez ce disque. Un des bons disques parus cette année. Merci cher ami!

Ma note : 3,5/5

Cass McCombs
Wit’s End
Domino Records
43 minutes

myspace.com/cassmccombs

The Antlers – Burst Apart

The Antlers est une formation basée à Brooklyn, menée par Peter Silberman. Après un premier disque intitulé Hospice et salué par la critique, le groupe revient avec Burst Apart. Si Hospice était un disque qui racontait l’histoire d’amour entre un employé d’un hospice et un patient en phase terminale, Burst Apart est un simple assortiment de chansons portant sur les hauts et les bas de l’amour. Banal.

Le disque s’amorce avec I Don’t Want Love qui donne parfaitement le ton à l’album. Ici, nous sommes dans les vapes. Le reste de l’album ne dérogera jamais à cette règle. La voix haut perchée et maniérée de Silberman peut être rebutante, mais après quelques écoutes, la qualité d’écriture des chansons prend le dessus. Tout au long de l’écoute, l’utilisation des claviers amène une ambiance éthérée. Les nappes de guitare, malgré quelques moments « rock », participent à cette atmosphère brumeuse et confortable.

Les chansons fortes : I Don’t Want Love, Rolled Together (que n’aurait pas renié la bande à Thom Yorke), Every Night Are Falling Out (excellente chanson pop) et Putting The Dog To Sleep (qui conclut l’album avec quelques frissons). Un bémol : l’instrumental Tiptoe qui fait office de remplissage. Burst Apart est un disque qui s’impose à chaque écoute. Les fans de Radiohead, Coldplay (avant X & Y) et The National seront ravis.

Ma note : 3/5

The Antlers
Burst Apart
Frenchkiss Records
43 minutes

antlersmusic.com