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Critique : Martin Lizotte – Ubiquité

Dans la description du projet sur son site web, Martin Lizotte écrit la chose suivante : « D’un écran à l’autre, on veut être partout à la fois, bien souvent aux dépens du moment présent qui nous coule entre les doigts. » Ubiquité est un peu la réponse à cela, un moment de respiration à travers la folie quotidienne entre deux projections de nous-mêmes en ligne, entre ces rôles qu’on revêt du bout des doigts. Bien sûr, je vous écris tout cela devant un écran pendant que mon Facebook est ouvert et mon téléphone n’est pas trop loin. Comme quoi les paradoxes sont souvent les situations les plus riches et savoureuses.

Martin Lizotte a fait paraître Pianolitudes en 2014 qui lui a valu de nombreuses critiques élogieuses. On découvrait en quelque sorte un peu plus le pianiste. Pour Ubiquité, il a répété la formule qui avait déjà fait ses preuves : on le retrouve au piano avec Mathieu Désy et sa basse polyphonique à ses côtés. C’est minimaliste et ça verse dans la musique classique contemporaine. Ubiquité est entièrement instrumentale et nous porte à travers des tableaux d’un calme et d’une beauté bien appréciable. C’est le genre d’album qui fera ses meilleurs moments par un froid dimanche de janvier, quand la neige tombe et qu’on refuse de s’aventurer à l’extérieur, préférant les lainages et un bon thé.

La douce Comète est particulièrement tempérée et belle avec sa mélodie qui se développe tranquillement alors que la Désy s’occupe d’envoyer quelques notes plus lourdes. La chanson-titre se développe aussi lentement, mais avec un peu plus d’énervement. La basse est rythmée pendant que le piano aussi prend son temps pour prendre sa place. Phare ailé pour sa part prend d’abord une route sombre avant de soudainement s’emporter comme dans un rêve. Les crescendos et déscrescendos de Lizotte nous invitent à la rêverie en pleine journée, à laisser nos esprits divaguer en sa compagnie.

Étant donné les chemins de compositions qu’il prend, l’esprit à tendance à divaguer de la musique et se perdre dans les méandres de la contemplation et de la réflexion. Pendant ce temps, on égare Lizotte avant d’y revenir deux chansons plus loin. Est-ce mal? Non. Mais particulier. Ubiquité n’est pas un album qu’on écoute dans un seul trait. C’est le genre qu’il faut écouter de nombreuses fois pour en saisir toutes les subtilités.

Lizotte fait bien sur Ubiquité. C’est un digne successeur à Pianolitudes. Ça ne remet pas en cause le genre musical, mais ça donne de très belles ritournelles nuancées qui se déploient avec grâce. Si vous aimez les pièces qui pigent dans la tradition de la musique pianistique, vous aurez du plaisir en compagnie de Martin Lizotte.

Ma note: 7/10

Martin Lizotte
Ubiquité
Duprince
43 minutes

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