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KOD de J. Cole: critique d’une certaine frange de la culture hip-hop

J. Cole a lancé le 20 avril dernier KOD qui recèle une critique de certains travers de la culture hip-hop.

 

Le cinquième album de J. Cole porte comme titre KOD qui veut dire trois choses à la fois : Kids On Drugs, King Overdose et Kill Our Demons. Trois titres qui sont interreliés et qui résonnent les uns face aux autres. Avec la popularité accrue du rap dans les dernières années, le mouvement se popularise et se décline d’une panoplie de manières. J. Cole n’est pas le premier ni le dernier à critiquer une glorification d’un certain mode de vie tourné vers les plaisirs sensoriels. Même A$AP Rocky a effectué un virage sur At.Long.Last.A$AP. Alors que les premières années ont été consacrées à chanter les joies du lean et la fornication à tout vent, son dernier album prend un tournant plus mature.

Comprendre les conséquences

Sur un rythme entrainant, mais avec un chant laconique empreint des effets engourdissant de certains médicaments, J.Cole chante sur Motiv8 :

Too many times I swallowed my pride
Get money
I’m crackin’ a smile, I’m dyin’ inside
My demons are close, I’m tryin’ to hide
I’m poppin’ a pill, I’m feelin’ alive
I’m feelin’ alive, I’m feelin’ alive

Il n’est pas seul à faire constat. J. Cole s’inscrit dans la même lignée que Kendrick Lamar, Childish Gambino ou encore Tyler the Creator qui préfèrent encourager les Afro-Américains à prendre en main leur destin de manière positive plutôt qu’endormir le malaise avec des substances engourdissantes. Moins de drogues et plus d’égalité? Difficile de se posititionner en faux par rapport à ça. Il ne s’agit pas simplement des substances, mais des autres façons de s’évader qui tombent sous sa loupe. Le simple Kevin’s Heart se tourne vers les femmes chez qui J. Cole trouve une satisfaction narcissique. Et généralement, ça ne donne pas des situations de respect idéales :

Disséquer les remèdes

En entrevue J. Cole a expliqué que le titre lui est venu de la panoplie de publicités pour des « pilules » à la télévision. À chaque problématique, les médicaments sont envoyés comme premier effort. L’utilisation massive du Ritalin pour traiter le déficit d’attention des enfants est un cas emblématique. La molécule agit un peu à la manière de la méthamphétamine (speed) donnant un excédent de concentration et éliminant les effets de la fatigue chronique. Encore une fois, Cole invite à s’ouvrir les yeux sur le danger de ce réflexe. Une inquiétude qui n’est pas nouvelle, en 2014, on en parlait dans le Journal de Montréal.

Cole inclut dans cela l’ensemble des réflexes humains pour dissiper la réalité : l’espace virtuel, le sexe, l’alcool et la drogue.

Something’s got a hold on me
I can’t let it go
Right
Life can bring much pain
There are many ways to deal with this pain (right)
Choose wisely

— Once an Addict — Interlude

KOD possède le mérite d’attaquer une question importante qui afflige les populations moins nanties de la société contemporaine. Et lorsque la dépendance s’installe, il est difficile d’en sortir. Une position qui va complètement à l’encontre de ce que Future, Lil’ Wayne ou encore Migos ont mis de l’avant dans les dernières années. Le tout sur des trames aux rythmes efficaces. Ça mérite entièrement qu’on y donne un peu d’attention.

J. Cole sera de passage au Centre Bell le 5 octobre 2018.

* Cet article a été écrit en collaboration avec Evenko.

 

 

 

 

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